Portraits d’artistes

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Nadia Myre

Réparer les blessures

Née à Montréal en 1974, Nadia Myre est une artiste algonquine membre de la nation anishinabeg de Kitigan Zibi. Elle détient une maîtrise en arts visuels de l’Université Concordia et un diplôme de l’Emily Carr University of Art and Design de Vancouver. Par la sculpture, la vidéo, la création de bandes sonores et la photographie, elle se réapproprie l’histoire et les pratiques ancestrales des Autochtones afin d’en montrer les traces et les blessures, afin aussi de critiquer les abus et le racisme. Son œuvre revisite l’histoire et les luttes des Premières Nations en explorant les thèmes de l’identité, de l’appartenance culturelle et de la perte. Elle intègre à son art des techniques traditionnelles autochtones comme le perlage et le tissage.

Dans le cadre du projet monumental The Scar Project (qui lui a valu le prix Sobey en 2014), dont la réalisation s’est échelonnée sur plus de dix ans, Nadia Myre a eu recours à la collaboration de centaines de participants qui ont brodé dans le jute ou le tissu le récit de leurs « cicatrices identitaires ». L’œuvre consiste en la réunion de ces 1 400 cicatrices cousues, créant une pièce à la fois simple et impressionnante.

À l’avant-garde de l’art canadien actuel sur la scène internationale, son travail a été présenté aux États-Unis, en France, en Suède, en Grande-Bretagne, au Sénégal, en Australie et en Chine. Elle a remporté de nombreux prix prestigieux pour son travail, dont le prix de la Commission autochtone de la galerie Walter-Phillips du centre Banff (2016) et le prix Les Elles de l’art (2011). En 2002, elle est devenue membre de l’Académie royale des arts du Canada.

Son travail fait l’objet d’une exposition permanente au Musée des beaux-arts de Montréal, au Musée des beaux-arts du Canada, au Musée national des beaux-arts du Québec, au Musée canadien de l’histoire et au Musée de la civilisation de Québec.

L’exposition Nadia Myre: Acts that Fade Away sera présentée au Ryerson Image Centre de Toronto du 28 avril au 5 août 2018. www.ryersonimagecentre.ca wwwnadiamyre.net

Rebecca Belmore

Nature, histoire et poésie

Membre de la Première Nation du lac Seul, Rebecca Belmore est née en 1960 en Ontario et a grandi au sein d’une famille anishinabée à Upsala. Elle a vécu plus de 10 ans à Vancouver et habite désormais à Montréal. Elle est l’une des artistes canadiennes contemporaines les plus reconnues à l’échelle internationale.Nommée membre de l’Académie royale des arts du Canada en 2004, elle a remporté de nombreux prix, dont le prestigieux prix VIVA (2004), le prix en arts visuels de la Fondation Hnatyshyn (2019), le prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques (2013) et le prix Gershon-Iskowitz (2016). En 2005, elle a été la représentante officielle du Canada à la Biennale de Venise et a reçu un doctorat honorifique de l’Université de l’ÉADO.

Rebecca Belmore s’exprime au moyen de la sculpture, d’installations, de la vidéo et de la performance artistique. Ces œuvres, présentées un peu partout au Canada, reprennent des stéréotypes autochtones pour les remettre en question, commenter des enjeux politiques ou mettre en lumière l’absurdité de certains faits, par exemple la relation entre le Canada et la Couronne britannique (Twelve Angry Crinolines), l’exploitation par Shell des territoires autochtones ancestraux (Artifact 671B), l’hypocrisie du Traité no 3 conclu en 1873 entre le gouvernement et les représentants ojibwés (Treaty Number Three) ou le scandale de la disparition de centaines de femmes autochtones (Vigil).

L’une des œuvres les plus connues de Rebecca Belmore s’intitule Speaking to Their Mother (1991). Il s’agit d’une installation originalement montée à Banff, qui s’est par la suite déplacée à travers le Canada. Celle-ci se voulait une réponse poétique à la crise d’Oka, dans laquelle les participants étaient invités à s’adresser directement à la Terre-mère par le truchement d’un gigantesque mégaphone. Sa plus récente exposition, Wave Sound (2017), se veut l’écho de la précédente en incitant les participants à écouter plus attentivement la Terre.

Son travail prend sa source dans les réalités sociopolitiques des communautés autochtones, tissant un réseau de signes complexe entre le corps, le territoire et la langue.

www.rebeccabelmore.com

Sylvain Rivard

Spécialiste de l’art autochtone

Artiste d’origine abénakise né à Montréal en 1966, Sylvain Rivard est à la fois illustrateur, auteur, conteur et consultant artistique. En tant qu’artiste en arts visuels spécialiste de l’art et de la culture des Premières Nations, il pratique un art ethnographique métissé qui réactualise l’art autochtone en empruntant des procédés anciens comme la vannerie, la broderie et le perlage et des sujets appartenant au passé. Ses œuvres sont le résultat d’un syncrétisme qui façonne un véritable art autochtone contemporain tributaire de l’art traditionnel.

En tant qu’auteur, Sylvain Rivard a publié une quinzaine d’ouvrages. Il s’inspire de la littérature orale des Premières Nations pour élaborer une œuvre riche et personnelle qui s’adresse tantôt aux enfants – Moz en cinq temps (2011), Skok en sept temps : contes abénakis (2012), Pmola en quatre temps (2013) –, tantôt au grand public – Archéologie sonore : chants amérindiens (2001), Jos Laurent (2009), Contes du trou d’cul (2010) – et tantôt aux jeunes des Première Nations – Les Algonquiens (2012), La Ceinture fléchée (2014), La Tuque (2015), La Chemise à rubans (2015), Les Iroquoiens (2015)

Il a aussi publié aux Éditions Hannenorak un recueil de poésie très remarqué intitulé Les Poupées (2016), écrit en hommage aux femmes et aux filles autochtones assassinées ou disparues. Fidèle à son habitude, il a lui-même i

llustré son ouvrage, à la gouache noire et au crayon, délaissant la technique du collage employée dans ses livres jeunesse. Une exposition itinérante a été mise sur pied pour présenter le texte et les

illustrations. Des femmes appartenant aux Premières Nations, notamment Natasha Kanapé Fontaine, ont lu des extraits du recueil dans le cadre de ces événements.

Sylvain Rivard a œuvré à titre de consultant au Muséum d’histoire naturelle de Lyon pour mettre au point la présentation de la collection d’artéfacts des Peuples Premiers. Il travaille aussi comme consultant artistique pour des musées, des établissements d’enseignement, des maisons d’édition ainsi que des productions télévisuelles et cinématographiques.

www.nativelynx.qc.ca/arts-visuels/artistes-autochtones/sylvain-rivard

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