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Si, pour certains, la mode « est ce qui se démode », comme le disait Jean Cocteau, pour d’autres, elle représente des traditions étoffées pendant des millénaires. Réunissant autant les goûts actuels de la jeunesse québécoise que l’empreinte de ses racines innues, la soprano Elisabeth St-Gelais nous parle de ses choix vestimentaires, des boucles d’oreilles aux tenues de soirée.
« Chez les Autochtones, et les Innus en particulier, il y a beaucoup de perlage. Ça fait partie de l’artisanat », dit St-Gelais, qui a fait la une de La Scena Musicale en juin-juillet 2025. Les photos reproduites dans la revue montrent St-Gelais portant des boucles d’oreilles perlées et multicolores, une tradition de sa nation des Innus de Pessamit.
Il n’est pas rare de voir St-Gelais porter des mocassins sur scène ou des boucles d’oreilles perlées produites par des artisans autochtones. « Ça fait partie de mon travail de représentation, mais aussi de mon amour pour les couleurs. J’aime être chic, mais originale », explique-t-elle. Une de ses inspirations est l’artiste et cinéaste Caroline Monnet, d’origine franco-anichinabée. « Je veux dégager l’image d’une femme épanouie et sûre d’elle-même. Pour moi, ça passe par les belles couleurs. »
St-Gelais commande souvent ses boucles d’oreilles à Matsheshu Création, une entreprise établie à Mashteuiatsh, une communauté autochtone près du Saguenay–Lac-Saint-Jean, au Québec. « Elles sont de toutes les couleurs et vont bien avec mes robes [de concert], dit-elle. Il y a aussi une artiste inuite à Montréal, Anouapik, qui fait des boucles d’oreille avec de la fourrure de phoque et des perles. Je l’indique si je veux une touche d’argent ou d’or pour aller avec mes chaussures. C’est vraiment fait sur mesure. »
Compte tenu de l’horaire chargé de la soprano, prévoir une tenue de soirée pour une création, un récital ou un gala implique toute une logistique. St-Gelais s’assure de commander ses tenues à l’avance. « Une de mes designers autochtones préférées est Lesley Hampton : elle fait de superbes jupes très élégantes », dit-elle, dont une jupe traditionnelle à ruban faite sur mesure. « Cette jupe a un grand esprit pour moi : elle représente la femme innue affranchie que je suis. »
La jeune soprano lyrique garde aussi un œil ouvert à la mode actuelle. « J’ai parfois envie de porter une robe que j’ai trouvée sur un site qui n’a rien à voir avec la mode autochtone et ce n’est pas plus grave ! dit-elle. ASOS est un beau site inclusif sur lequel j’aime commander. À Montréal, il y a le 1861 sur la rue Saint-Laurent que j’aime beaucoup. J’ai une dizaine de robes qui viennent d’ASOS – c’est très inclusif et le service est vraiment excellent », conclut-elle.
www.matsheshucreations.com
www.lesleyhampton.com
www.asos.com
www.1861.ca
www.instagram.com/anouapik/?hl=en
https://www.facebook.com/lagordita.designs/videos/
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