Critique de disque : Garrick Ohlsson Brahms: Piano Sonatas Op. 1 and Op. 2; Rhapsodies Op. 79

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Brahms: Piano Sonatas Op. 1 and Op. 2; Rhapsodies Op. 79

Garrick Ohlsson, piano.

Hyperion CDA68344

★★★★

La plupart des productions de Brahms nous sont familières grâce à des interprétations répétées. Curieusement, ses deux premières sonates pour piano – op. 1 en do majeur et op. 2 en fa dièse mineur – sont généralement ignorées, bien que leur seul crime, comme en témoigne ce précieux enregistrement, soit de ne pas s’élever tout à fait au niveau de l’admirable Sonate en fa mineur op. 5. Le vétéran virtuose américain Garrick Ohlsson interprète à la fois le premier mouvement héroïque de l’op. 1 (où l’influence de la « Hammerklavier » de Beethoven est indubitable) et l’andante essentiellement éclairé par la lune (« d’après une vieille chanson d’amour allemande », selon la partition) avec sa clarté et sa précision habituelles. Le scherzo enjoué contraste avec justesse avec le lyrisme suave du trio, et le finale avance au galop. Partout, les dialogues d’aigus et de basses caractéristiques de Brahms sont bien équilibrés. Même architecturalement moins solide, l’op. 2 (en fait composé plus tôt) surpasse l’op. 1 en bravoure, avec ses doubles octaves lisztiennes et ses rafales de la main droite. (Il convient de noter que le jeune Brahms a rendu visite au maître aîné à Weimar.) Les nombreux interludes agités font bonne figure, tout comme les doux effets de cor du trio. Les modulations de type ballade du finale, de loin le mouvement le plus long, sonnent déjà typiquement brahmsiennes. Le programme se termine par les Deux rhapsodies op. 79, finement ouvragées même si elles sont méconnues. Tout au long de l’enregistrement, nous rencontrons non seulement des normes techniques ohlssoniennes, mais le son d’un Steinway moderne, fidèlement enregistré. En effet, la brillance de l’instrument dans les aigus peut constituer un démérite pour certains auditeurs. Notes de livret perspicaces et détaillées de Misha Donat. 

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A propos de l'auteur

Arthur Kaptainis has been a classical music critic since 1986. His articles have appeared in Classical Voice North America and La Scena Musicale as well as Musical Toronto. Arthur holds an MA in musicology from the University of Toronto. Since 2019, Arthur is co-editor of La Scena Musicale.

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