Carter Johnson : piano, Concours OSM Manulife

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Carter Johnson, techniquement résident de Vancouver, était au Montana, en route pour New York. La connexion téléphonique était mauvaise.

« C’est beaucoup moins cher de conduire, dit le jeune homme de 22 ans, sa femme Hannah étant au volant. Ce serait beaucoup trop cher d’expédier toutes nos possessions. »

Leur fils Preston, âgé de deux ans, devait prendre l’avion avec sa grand-mère. « C’est trop de route pour lui », explique Johnson.

Ce périple marque un nouveau chapitre dans la carrière du pianiste, qui a remporté l’an dernier le grand prix du Concours OSM Manuvie et le premier prix de la division Stepping Stone du Concours de musique canadien Canimex. Cet automne, il entame ses études à l’école Juilliard, sous la direction de Matti Raekallio.

La priorité sera de trouver un piano droit. Père de famille, Carter répète souvent à la maison. Sa femme est enseignante. Johnson est lui-même titulaire d’un diplôme du Conservatoire royal en pédagogie du piano ainsi qu’en interprétation. Sans parler d’un baccalauréat en musique de l’Université de la Colombie-Britannique, où il a étudié avec Mark Anderson.

Johnson est même diplômé en art oratoire et en théâtre. Shakespeare était en quelque sorte sa spécialité, bien qu’en réalité, il utilise surtout cette formation pour augmenter sa confiance en lui et pour s’adresser au public.

L’évolution de Johnson en tant que musicien – il a commencé à l’âge de cinq ans avec Shelley Roberts – a emprunté des détours intéressants. Au début de l’adolescence, il s’est tourné vers la musique contemporaine, remportant souvent des prix dans le volet répertoire canadien des concours. En 2015, il remporte le prix de la meilleure interprétation de l’œuvre imposée, Volées, carillons d’oiseaux de Michel Gonneville.

Puis, à l’âge de 17 ans, c’est l’expérience Bach sous la direction de Michelle Mares. « Ce fut une révélation, dit-il. J’ai compris l’esprit baroque, en particulier la danse. »

À l’Université de la Colombie-Britannique, il ajoute Brahms, Schumann et Schubert à son répertoire. Curieusement, la seule sonate de Beethoven dans le répertoire actif de Johnson est l’opus 101, qu’il a joué dans son récital d’études supérieures.

Non moins curieusement, en tant que Canadien qui apprécie Bach, Johnson se montre réservé au sujet de Glenn Gould. Il cite Vladimir Horowitz comme son préféré. Même lorsque ce pianiste fait un choix artistique discutable, il est convaincant. « N’importe quel artiste pouvant en faire autant est selon moi au sommet », dit Johnson.

Peu de pairs de Johnson sont mariés, encore moins parents.

« Je répète certainement un peu moins, avoue-t-il. Mais d’un autre côté, dans ma première leçon après mon mariage, mon professeur m’a dit : “Oh, votre mariage vous a fait du bien. En cherchant au plus profond de votre âme et pour interpréter cette musique, vous avez cette grande ressource.” »

« Je ne l’avais pas encore réalisé, mais j’y crois. »

Bonne nouvelle : un deuxième enfant verra bientôt le jour.

www.carterjohnsonpiano.com

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A propos de l'auteur

Arthur Kaptainis has been a classical music critic since 1986. His articles have appeared in Classical Voice North America and La Scena Musicale as well as Musical Toronto. Arthur holds an MA in musicology from the University of Toronto.

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