Nouvelles de l’industrie

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OSM SUR LE BULLETIN DE VOTE

L’Orchestre symphonique de Montréal est l’un des dix sélectionnés pour le prix  Orchestre de l’année 2021 de Gramophone, le seul honneur annuel décerné par le respecté magazine britannique à être déterminé par le vote du public plutôt que par un comité interne. La nomination se rapporte à l’enregistrement Analekta de musique pour violon et orchestre de Leonard Bernstein, Alberto Ginastera et Samy Moussa, avec le violon solo de l’OSM Andrew Wan et Kent Nagano au podium. Les autres candidats sont l’Academy of Ancient Music, l’Accademia Bizantina, l’Orchestre symphonique de Bamberg, l’Orchestre philharmonique de Berlin, l’Orchestre de Cleveland, l’Orchestre Philharmonia, l’Orchestre du Minnesota, l’Orchestre symphonique de Singapour et l’Orchestre de la Tonhalle de Zurich. Le vote se fait en ligne et sans surveillance, mais le magazine met à disposition un essai de trois mois sur Apple Music pour faciliter l’écoute de toutes les sélections. L’Orchestre de Philadelphie sous la direction de Yannick Nézet-Séguin était le lauréat de l’année dernière. La période de vote se termine le 13 septembre. Rendez-vous au www.gramophone.co.uk.

UN AUTRE POSTE POUR JEAN-WILLY KUNZ

L’organiste en résidence de l’OSM, directeur artistique du Concours international d’orgue du Canada et professeur d’orgue au Conservatoire de Montréal, a ajouté le poste d’organiste titulaire de l’église Saint-Jean-Baptiste à ses occupations en expansion. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, le musicien d’origine française assume la responsabilité des activités culturelles qui se déroulent dans l’église historique du Plateau ainsi que dans la chapelle Saint-Louis qui lui est adjacente. L’orgue de Saint-Jean-Baptiste est un formidable Casavant de 1916 adapté au répertoire romantique. Le répertoire de Kunz s’étend du baroque au jazz.

ATMA CLASSIQUE À LA MAISON SYMPHONIQUE

Si l’industrie du disque classique est en déclin, personne n’en a informé ATMA Classique. L’étiquette montréalaise a enregistré pas moins de quatre albums cet été à la Maison symphonique. Yannick Nezet-Seguin et l’Orchestre Métropolitain ont poursuivi leur cycle Sibelius avec la Troisième Symphonie; l’Orchestre symphonique de Laval et Alain Trudel ont enregistré des disques consacrés aux deuxième et troisième symphonies de Jacques Hétu (1938-2010) et un programme léger d’œuvres de Bartók (Suite de danse), Kodály (Danses de Galanta), André Prévost (Célébration) et Claude Champagne (Symphonie gaspésienne); tandis qu’I Musici de Montréal, sous la direction de son ancien directeur musical Jean-Marie Zeitouni, a finalisé l’enregistrement de Metamorphosen de Strauss et de la Symphonie no 4 d’Arvo Pärt, qui avait été laissé en suspens en janvier 2020, à quelques semaines de l’arrivée de la pandémie. Dynamo numérique sous la direction de son directeur musical fondateur Yuli Turovsky, cet orchestre de chambre est revenu à l’enregistrement après une pause de dix ans.

UN YANKEE RENTRE CHEZ LUI

À peine trois ans après son arrivée comme directeur général de l’Orchestre symphonique de Toronto, Matthew Loden a accepté le poste de doyen de la musique à l’Université Rice 
de Houston. L’Américain est arrivé à Toronto après avoir quitté l’Orchestre de Philadelphie, dont il était le coprésident par intérim. Un communiqué du TSO attribue à Loden l’embauche du nouveau directeur musical de l’orchestre, Gustavo Gimeno, même si la direction a précisé en septembre 2018 que l’ancien PDG par intérim Gary Hanson « était responsable de cette recherche ». Autre fait marquant supposé, il a « obtenu » un don de 12,5 millions $ de la part de la succession de H. Thomas et Mary Beck. En réalité, Catherine Beck, fille de ces défunts philanthropes, est la présidente du conseil d’administration du TSO. Le départ de Loden fait suite à la sortie en 2016 de Jeff Melanson, marquée par un scandale, suivi de la démission de membres du conseil d’administration. M. Loden a déclaré dans un communiqué que sa décision de s’installer au Texas s’expliquait par le fait qu’il voulait être plus près des siens. La vice-présidente et chef du personnel de TSO, Roberta Smith, prend le relais à titre intérimaire.

JEANNE LAMON, 1949-2021

La violoniste et ancienne directrice musicale de Tafelmusik est décédée le 20 juin dernier à l’âge de 71 ans à Victoria, en Colombie-Britannique, où elle vivait avec sa compagne, la violoncelliste Christina Mahler. Née à New York, Mme Lamon a développé son goût pour le baroque à Amsterdam dans les années 1970, avant de s’installer à Toronto en 1981 pour diriger le tout jeune orchestre baroque. À partir de la base contre-culturelle du quartier Annex de la ville, elle en a fait un ensemble incontournable pour ses enregistrements, notamment chez Sony Classics et Analekta. La stature internationale de Tafelmusik se mesure notamment à la décision de Mme Lamon de modifier l’orthographe originale de son prénom (Jean) afin d’éviter toute confusion de genre de la part des mélomanes francophones. Tout en restant fidèle aux principes de base du baroque – la discographie de Tafelmusik comprend naturellement les Concertos brandebourgeois de Bach et le Messie de Haendel –, l’orchestre s’est progressivement tourné vers le 19e siècle pendant les 33 années de son mandat, produisant un cycle Beethoven sous la direction du chef allemand Bruno Weil et invitant Kent Nagano à diriger un concert à Toronto comprenant la Cinquième Symphonie du compositeur. Mme Lamon a encouragé les approches multimédias (comme en témoigne la vidéo stylisée du Galileo Project) et a soutenu un programme de tournées qui a conduit l’orchestre en Europe. Son nom est immortalisé par le Jeanne Lamon Hall, l’installation rénovée de l’église unie Trinity-St. Paul, siège de l’orchestre.

LES MARXISTES RENCONTRENT LEUR CRÉATEUR

Frederic Rzewski

Deux compositeurs politiquement actifs nous ont récemment quittés. Frederic Rzewski, un Américain dont le plus grand succès était un vaste ensemble de 36 variations pour piano solo intitulé The People United Will Never Be Defeated!, est décédé en Italie le 26 juin à l’âge de 83 ans. Rzewski était un pianiste accompli qui a laissé à la postérité une Cadenza (con o senza Beethoven) de 16 pages destinée à être jouée (facultativement, comme le suggère le titre) après les quatre premières mesures pour piano seul du Concerto pour piano n° 4 de Beethoven. 

 

Louis Andriessen

Également disparu, Louis Andriessen, un Néerlandais qui a alterné entre le sérialisme, le minimalisme et des sons audacieux parfois influencés par le jazz. Il est mort le 1er juillet près d’Amsterdam à l’âge de 82 ans. Parmi ses créations, citons Workers Union, une pièce écrite pour « tout groupe d’instruments à sons forts » et sans hauteur de son en particulier. Sa musique n’était pas toujours politique. En 1999, la SMCQ a présenté à Montréal De Materie (« la matière » en néerlandais), un cycle de plus de deux heures de quatre pièces pour grand ensemble et voix. « Il est difficile de faire une observation concluante sur ce carnaval des contraires », ai-je écrit alors, faisant référence à « son éruption de styles du XXe siècle ». Réputé pour sa douceur malgré le style souvent tapageur de ses compositions, Andriessen était en ville pour ce concert et une série d’événements à McGill.

PLUS DE PEUR ET DE DÉGÖUT À L’UNIVERSITÉ DE TORONTO

Une forte dose de politique identitaire autoadministrée n’a pas immunisé la faculté de musique de l’Université de Toronto contre une attaque de sa propre association de premier cycle pour avoir encouragé « une culture de misogynie, de peur de s’exprimer contre l’inconduite sexuelle et d’abus de pouvoir systémique ». Aucun agresseur n’est nommé dans le document accusateur, et peu d’incidents sont décrits en détail, mais des centaines d’étudiants, de professeurs et d’anciens élèves ont néanmoins apposé leur signature pour réclamer des « mesures sérieuses ». Une réponse généralement conciliante du doyen sortant Don McLean note qu’« il sera important de discuter de la question avec la nouvelle doyenne [Ellie] Hisama (ci-contre), qui consultera d’autres membres de la faculté pour déterminer la meilleure voie à suivre ».

LOSIER À VIENNE ET À PARIS

Michèle Losier a ajouté Carmen à son répertoire de scène. La mezzo-soprano originaire de Montréal est apparue dans le rôle-titre du chef-d’œuvre de Bizet dans quatre représentations en mai et juin à l’Opéra d’État de Vienne – après l’avoir chanté dans une version condensée avec l’OSM en 2015 au Parc olympique. Hélas, la nouvelle production viennoise est une mise à jour vulgaire des années 1960 qui a été consciencieusement nettoyée de toute couleur exotique. Les critiques sont difficiles à trouver, mais Alexandre Jamar, dans forumopera.com, s’est montré presque élogieux à l’égard du travail de Mme Losier plus tard en juin à l’Opéra de Paris dans le rôle de Sesto dans La Clemenza di Tito de Mozart. Apparemment, sa prestation a été la « véritable source de joie » de la soirée, car elle a été la seule chanteuse « à s’identifier pleinement à l’interprétation de son personnage » tel que décrété par le metteur en scène Willy Decker. Une autre critique, Noémie Tessier, écrivant pour le site Olyrix, loue l’engagement expressif de Mme Losier, son attention au texte et son timbre ferme et riche en nuances.

DUPUIS À VIENNE, MAIS PAS À SANTA FE

Mme Losier n’était pas la seule de Montréal sur l’illustre scène de l’Opéra d’État de Vienne. Le baryton Étienne Dupuis s’est produit en avril dans le rôle de Valentin dans une nouvelle production prétentieuse du Faust de Gounod, avec son épouse la soprano australienne Nicole Car dans le rôle de Marguerite. Plus récemment, le couple a été sommairement écarté d’une production qui devait avoir lieu en juillet et août d’Eugène Onéguine de Tchaïkovski à l’Opéra de Santa Fe. La cause n’avait rien à voir avec la compagnie du Nouveau-Mexique ou la COVID en soi, mais avec le refus des fonctionnaires du consulat américain à Paris de délivrer à ces artistes non américains une exemption d’intérêt national pour prolonger les visas qu’ils détenaient déjà. « Sur la base de quoi ? demande Dupuis dans un post Instagram. Nous ne le saurons jamais. » L’ironie est que l’Opéra de Santa Fe est une installation extérieure qui ne présente aucun risque COVID à proprement parler (bien que les masques et la distanciation illogique restent de rigueur). Dupuis apparaîtra deux fois la saison prochaine au Metropolitan Opera – si la COVID et la bureaucratie le permettent.

UN ORCHESTRE ENTIÈREMENT NOIR À CARNEGIE HALL

Le 22 avril 2022, le Gateways Music Festival Orchestra deviendra le premier orchestre symphonique classique entièrement noir à se produire au Carnegie Hall. L’ensemble fondé en 1993 par la pianiste de concert et éducatrice Armenta Adams (Hummings) Dumisani interprétera les Variations Haydn de Brahms, la Sinfonia n° 3 de George Walker, une nouvelle œuvre du pianiste Jon Batiste, qui transcende les genres, la Symphonie n° 3 de Florence Price et la Fantaisie sur Lift Every Voice and Sing de James V. Cockerham. Michael Morgan dirige l’orchestre. Notez que de nombreux ensembles de musiciens noirs se sont déjà produits au Carnegie Hall, mais il s’agira du premier orchestre symphonique. www.gatewaysmusicfestival.org

 L’U DE M LANCE UN CONCOURS DE COMPOSITION JAZZ

La faculté de musique de l’Université de Montréal lance un appel de candidatures pour son nouveau Concours international de composition pour grand ensemble de jazz Sophie Desmarais. Deux catégories sont proposées, l’une ouverte aux compositeurs de tous âges et l’autre aux étudiants de 30 ans et moins. Les œuvres de la catégorie « étudiants » doivent durer de cinq à sept minutes et celles de la catégorie « tous âges », de huit à dix minutes. Toutes doivent être écrites pour un ensemble de jazz de 17 musiciens (soit le big band de l’Université de Montréal). Un chanteur et un élément de percussion latine sont facultatifs. La date limite d’inscription est le 15 octobre. Les lauréats seront entendus dans la salle Claude-Champagne le 25 novembre. Comme son nom l’indique, le concours est soutenu par le Fonds Sophie Desmarais. Les prix sont de 1500 $ (étudiant) et de 2500 $ (sans limite d’âge).www.musique.umontreal.ca. (Traduction par Mélissa Brien)

 

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A propos de l'auteur

Arthur Kaptainis has been a classical music critic since 1986. His articles have appeared in Classical Voice North America and La Scena Musicale as well as Musical Toronto. Arthur holds an MA in musicology from the University of Toronto. Since 2019, Arthur is co-editor of La Scena Musicale.

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