Nouvelles de l’industrie

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Su Yeon Kim remporte le premier prix du CMIM

Su Yeon Kim est la gagnante de la 19e édition du Concours musical international de Montréal, tenue entièrement en ligne en avril et en mai dernier. La pianiste sud-coréenne a remporté un prix d’une valeur de plus de 180 000 $ en interprétant, entre autres, la sonate op. 109 de Beethoven et Gaspard de la nuit de Ravel.

Autres gagnants et mentions honorables

Le Japonais Yoichiro Chiba a remporté le deuxième prix avec une interprétation des Kreisleriana de Schumann. Le troisième prix a été attribué au Français Dmitri Malignan pour ses interprétations richement colorées de l’opus 109, de trois Préludes de Debussy et de pièces hors normes de Nikolai Medtner. Malignan a également remporté le prix pour la meilleure interprétation d’une œuvre de J. S. Bach (malgré une interprétation complète des Variations Goldberg par Cristian Sandrin en demi-finale). Alice Burla, une interprète affirmée, a remporté le prix du meilleur artiste canadien (elle était l’une de deux) et celui de la meilleure interprétation de l’œuvre canadienne imposée (trois préludes de John Burge). Les autres finalistes étaient Francesco Granata (Italie), Ying Li (Chine), Chaeyoung Park (Corée du Sud) et Marcel Tadokoro (France). Anna Han, des États-Unis, a remporté le prix de l’engagement philanthropique Bita-Cattelan, qui souligne un engagement exceptionnel au sein de la communauté. Toutes les prestations étaient jouées sur des instruments Steinway et elles provenaient toutes, sauf une, de l’extérieur du Canada. Cet événement montréalais a donc eu lieu, à une exception près, un peu partout sauf dans la ville dont il porte le nom. Autre anomalie intéressante : trois concurrents ont également pris part au concours Reine Elisabeth (Belgique). Le Russe Dmitry Sin, éliminé à Montréal, a atteint la finale à Bruxelles. Le cas de Kim est encore plus remarquable : elle n’a pas atteint la finale à Bruxelles, mais elle était la seule femme et la seule Sud-Coréenne parmi les douze demi-finalistes du concours Reine Elisabeth. Parmi les 58 candidats admis au premier tour à Bruxelles, seules neuf étaient des femmes. La cohorte féminine de départ du CMIM comptait également neuf femmes – sur 26 candidats.

Turbulences pour Thielemann

Christian Thielemann, le chef d’orchestre berlinois de la Staatskapelle de Dresde et directeur artistique du Festival de Pâques de Salzbourg, abandonnera ses deux titres d’ici 2024. Son statut de directeur musical du Festival de Bayreuth n’est pas non plus assuré, le célèbre festival wagnérien ayant retiré son nom de son site officiel. La ministre saxonne de la Culture, Barbara Klepsch, a évincé Thielemann du poste à Dresde sous prétexte que « dans dix ans, l’opéra sera différent ». Sous-entendez qu’un directeur musical conservateur n’est pas susceptible d’acquiescer à ce qu’elle a en tête. Quant au festival de Pâques de Salzbourg – qui a lieu cette année à la fin de l’automne –, il est supervisé par Nikolaus Bachler, figure du théâtre autrichien, qui souhaite que plusieurs orchestres, dont le Philharmonique de Berlin, remplacent Dresde comme orchestre de fosse exclusif. Ni Thielemann ni Bachler ne sont reconnus pour leur style personnel accommodant. Quoi qu’il en soit, on ne peut pas dire que Thielemann n’ait rien devant lui. Il travaille actuellement à la réalisation d’un cycle vidéo de Bruckner pour Sony Classical avec l’Orchestre philharmonique de Vienne.

La salle Bourgie fait salle comble

La salle Bourgie, qui compte parmi les meilleurs espaces de musique de chambre de la ville, a connu un succès considérable malgré la pandémie. Le pianiste Charles Richard-Hamelin a vendu tous les sièges distanciés – 100 par concert – lors de six récitals de Mozart (Fantaisie en do mineur K. 475, Sonate en do mineur K. 457) et de Chopin (Préludes opus 28) entre le 22 mai et le 3 juin. Beaucoup de ces ventes ont été réalisées auprès d’auditeurs qui avaient acheté des billets pour une série de récitals en octobre 2020 par le médaillé d’argent de Varsovie 2015 et qui ont accepté de reporter ces dates. La salle Bourgie inaugure sa 10e saison le 19 septembre.

A Quiet Place in Paris

Kent Nagano présentera son projet de prédilection, A Quiet Place, à l’Opéra de Paris en mars 2022. Certains se souviendront des résurrections de l’OSM par Nagano de cet opéra de Leonard Bernstein sous forme de concert allégé en 2013 et 2017, cette dernière représentation constituant la base d’un enregistrement Decca. La production du Palais Garnier (confiée au metteur en scène polonais Krzysztof Warlikowski) marquera la première scénique de la réduction de Garth Edwin Sunderland. Les Canadiens qui tiennent les rôles principaux sont Frédéric Antoun (François), Gordon Bintner (Junior) et Russell Braun (Sam). Malgré son poste de directeur musical de l’Opéra d’État de Hambourg, M. Nagano vit en famille à Paris.

Kenneth Roberts, 1937-2021

La musique a perdu un admirateur dévoué le 10 mai avec le décès de Kenneth Roberts, professeur émérite de musique au Williams College, au Vermont. Originaire de Norristown, en Pennsylvanie, Kenneth Roberts était organiste à l’église et assistait volontiers à des concerts dès l’école secondaire. Entré à la faculté de Williams en 1962, il a développé la bibliothèque musicale du collège, présidé le département de musique et fondé et dirigé la Williams Choral Society. Il se rendait régulièrement à Montréal et on le retrouvait souvent dans les coulisses en train de discuter avec les chefs d’orchestre et les musiciens. Sa connaissance des orchestres – nord-américains et européens – était encyclopédique et sa curiosité insatiable. M. Roberts laisse dans le deuil son épouse Margaret, deux enfants et cinq petits-enfants. Il avait 83 ans.

U de T: autoflagellation 101

La faculté de musique de l’Université de Toronto ajoute désormais à ses communications un texte passe-partout affirmant son attachement aux « approches anti-oppression » qui « favorisent l’équité raciale » et « s’efforcent de démanteler les structures hiérarchiques ». Rien de surprenant en 2021. Cependant, la faculté va un peu plus loin que ses pairs en attaquant explicitement la musique classique : « Nous reconnaissons que les pratiques musicales de l’art occidental [sic]perpétuent depuis des siècles des stéréotypes raciaux et de genre nuisibles, et nous regrettons que nos propres étudiants et collègues issus de groupes sous-représentés aient été victimes de discrimination au sein de notre communauté. » Il va sans dire que la faculté, autrefois fière, a bâti la réputation dont elle jouit presque exclusivement sur l’étude de ce corpus supposément néfaste. L’École de musique Schulich de McGill n’est pas aussi jacobine, mais un message du doyen promet de « renforcer la diversité des programmes, du répertoire et des modalités d’enseignement » et précise que lorsque plusieurs candidats qualifiés postulent pour un poste menant à une permanence, « l’offre doit d’abord être faite au candidat qui est membre du groupe le moins représenté dans l’unité académique ». 

Réservez votre siège

Le Massey Hall de Toronto, l’un des grands espaces de concert patrimoniaux des Amériques, installera une plaque nominative sur un siège en échange d’une contribution à la campagne de rénovation. Un siège en galerie coûte 500 $; au balcon, 2500 $; au parterre, 5000 $. Ce site historique national, inauguré en 1894, fera l’objet d’une vaste restauration, avec notamment la réinstallation de vitraux disparus depuis longtemps. Les images de KPMB Architects suggèrent que l’intérieur (nommé d’après le pionnier de la radio Allan Slaight) sera équipé d’une grille d’éclairage et d’un ensemble de haut-parleurs plus adaptés à la musique pop qu’aux concerts. Visitez le site masseyhall.com/seatnaming. 

Les finalistes du Quatuor Molinari

Le Quatuor Molinari a annoncé les finalistes de son huitième concours international. Parmi les 115 partitions inédites pour quatuor à cordes provenant de 33 pays, les finalistes ont été choisis : Oleum Perdidisti de Joan Bachs (Allemagne); Aurora No. 2 d’Edgar Fikes Girtain IV (États-Unis); Su le soglie del bosco de Chrisitan Paterniti (Italie); et Agere-tio de Tigrio Emmanuel Francisco Rodriguez Witrago (Mexique). Les quatre sont considérés comme des lauréats. Le jury (les compositeurs Denis Gougeon et Jimmie LeBlanc ainsi que les membres du quatuor) classera les lauréats après un concert le 25 février 2022. Le concours Molinari s’adresse aux compositeurs de moins de 40 ans. Girtain, candidat au doctorat à l’Université de Buffalo, inclut cette observation dans sa bio en ligne : « Parmi ses professeurs figurent des compositeurs que vous connaissez probablement, mais c’est auprès de ceux dont vous ignorez le nom qu’il a le plus appris, comme Charles Fussell, le plus grand compositeur oublié d’Amérique. » Bien qu’exclu du cercle des gagnants à cette occasion, le Canada est arrivé en tête des soumissions avec 15, suivi de l’Italie avec 14, de la Chine avec 13, et des États-Unis, de l’Espagne et de l’Allemagne avec 12 chacun.

Philadelphia sort de l’ordinaire

Les orchestres américains, moins paralysés par les restrictions liées au COVID, sont bien en avance sur leurs homologues canadiens dans leur planification. « This way forward » est la devise de la saison d’automne de l’Orchestre de Philadelphie dirigé par Yannick Nézet-Séguin. Le progrès se manifeste par l’abondance de répertoire afro-américain, notamment le Tuba Concerto de Wynton Marsalis (en première mondiale) et les troisième et quatrième symphonies de Florence Price (1887-1953). La modernité s’étend également à la présentation des concerts. Les musiciens abandonneront les tenues de cérémonie au profit de « tenues contemporaines entièrement noires ». Les concerts seront plus courts et les entractes seront de l’histoire ancienne. Attendez-vous à « une plus grande utilisation de la vidéo et de l’éclairage pour mettre en valeur et apprécier la musique ». Le calendrier de Philadelphie comprend une série de concerts en novembre sous la direction du futur directeur musical de l’OSM, Rafael Payare. Au programme, la Septième Symphonie de Dvořák, que Payare a interprétée en ligne avec l’OSM en février. En ce qui concerne les enregistrements, YNS réalisera un cycle des quatre symphonies de Price avec l’orchestre pour Deutsche Grammophon. Son cycle Sibelius sur ATMA avec l’Orchestre Métropolitain reprendra les 12 et 13 juin avec des représentations publiques en direct de la Troisième Symphonie à la Maison symphonique. 

Traduction par Mélissa Brien

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A propos de l'auteur

Arthur Kaptainis has been a classical music critic since 1986. His articles have appeared in Classical Voice North America and La Scena Musicale as well as Musical Toronto. Arthur holds an MA in musicology from the University of Toronto. Since 2019, Arthur is co-editor of La Scena Musicale.

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