Critique | Orchestre FILMharmonique : Une interprétation sensible

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Le samedi 9 avril, l’Orchestre FILMharmonique était en concert à la Maison symphonique, à Montréal. La soirée a été dédiée au réputé chef d’orchestre canadien Boris Brott, décédé tragiquement après avoir été heurté par un véhicule lors d’un délit de fuite à Hamilton le 5 avril.

Le site Web de l’Orchestre FILMharmonique le décrit comme le premier orchestre de musique de film au Canada, dont une des vocations est de rendre la musique classique accessible à un plus large public. À mon avis, c’est mission accomplie en ce qui concerne ce concert.

Sous la direction de son chef principal, Francis Choinière, l’orchestre a interprété des œuvres marquées par les couleurs orchestrales évoquant différentes situations, parfois fantastiques, qui sont très exigeantes pour le chef et l’orchestre : La Symphonie fantastique d’Hector Berlioz, L’Apprenti sorcier de Paul Dukas, des extraits de la musique d’Alexandre Desplat du film Harry Potter et les reliques de la mort, le thème d’ouverture du film Lawrence d’Arabie, musique de Maurice Jarre, et finalement le Boléro de Maurice Ravel.

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Visiblement, nous avons affaire à un très bel ensemble symphonique apte à interpréter la musique classique et de film avec précision et lyrisme. Toutes les sections sont bonnes, à commencer par la section des cordes, soyeuse et raffinée, à laquelle le chef accorde une attention particulière, comme on l’a vu dans les premières minutes de La Symphonie fantastique, interprétées avec un fort sens des nuances. Les bois et les cuivres ont une sonorité belle et pleine et les percussions sont très précises et dramatiques lorsque la partition le réclame.

L’interprétation de la Fantastique était d’une belle tenue professionnelle, avec l’accent mis sur le lyrisme et le mélodique. Il est clair qu’il y a plus de tensions dramatiques et d’évocations du fantastique dans cette musique que l’interprétation n’en a révélées. L’attention principale du chef vise un phrasé raffiné dominé par un bel unisson des cordes, mais le chef a réussi à évoquer l’atmosphère fantastique du dernier mouvement de l’œuvre, avec le plein déploiement de toutes les sections de l’orchestre.

L’humour orchestral de la partition de Dukas, en particulier chez les bois, a été très bien rendu par l’interprétation. Visiblement, l’orchestre et son chef se sentent particulièrement à l’aise dans une sorte de phrasé lyrique de l’ensemble et aussi dans l’humour.

Les deux musiques de film ont été interprétées admirablement, avec une très belle pulsation des cordes, particulièrement frappante dans l’interprétation de la musique de Maurice Jarre. On voit que l’orchestre est dans son élément, comme on dit, dans l’interprétation des partitions de films.

Le Boléro de Ravel a reçu une belle interprétation, où les différences successives de l’orchestration à partir d’un rythme et d’une mélodie unique ont été bien rendues, avec précision. Le chef n’a pas cherché à mettre en relief la variation des couleurs selon les instruments qui interviennent et l’amplification sonore en crescendo qui mène au fortissimo final. Encore une fois, l’accent était mis sur la beauté et l’élégance du phrasé, et sur une bonne coordination orchestrale.

Avant et après le concert, j’ai passé un peu de temps à parler avec des membres du public, leur demandant s’ils écoutent souvent de la musique classique et quelles étaient leurs attentes face à ce concert. La réponse a confirmé ce qu’affirme l’orchestre sur son site Web, à savoir que tout en centrant ses activités sur la musique de film, il vise à élargir le public qui écoute et apprécie la musique classique. C’est donc pour se familiariser avec la musique classique que beaucoup de gens ont assisté au concert. Plusieurs m’ont répondu que le format symphonique les intéresse, autant pour la musique de film que pour apprendre à apprécier davantage la musique classique. Tous et toutes ont aimé la variété des œuvres, la qualité orchestrale et, évidemment, la magnifique acoustique de la Maison symphonique.

C’est une réussite alors ! J’invite les lecteurs et les lectrices de la Scena Musicale à suivre et appuyer les activités de l’Orchestre FILMharmonique.

https://fr.filmharmonique.ca/
https://fr.gfnproductions.ca/

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