Critique de disque: Ginastera – Bernstein – Moussa (Andrew Wan, Kent Nagano, OSM)

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Ginastera: Concerto pour violin. Bernstein:
Sérénade. Moussa: Concerto pour violon (Adrano) 

Andrew Wan, violin.
Orchestre symphonique de Montréal/Kent Nagano

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Analekta AN 2 8920

Durée totale: 76:52

Alberto Ginastera, auparavant connu pour ses évocations colorées de la musique folklorique argentine, a embrassé le sérialisme, les microtonalités et l’aléatoricisme dans son Concerto pour violon de 1963. C’est une demi-heure sombre. La longue et maussade ouverture de Cadenza pour violon seul « sert, écrit Ginastera, à présenter les matériaux de base de tout le concerto ». Sept percussionnistes jouent des dizaines d’instruments dans une « musique de nuit » étrangement silencieuse et un fortissimo en colère. L’Adagio pour 22 solistes respire la lutte et l’angoisse. Le finale, écrit Ginastera, commence « avec un rythme effréné, dans un murmure mystérieux, à peine audible. Il se termine par un Perpetuum mobile violent ».

Le Symposium de Platon, au cours duquel les invités du banquet philosophent sur l’amour, a inspiré la Sérénade pour violon solo, cordes, harpe et percussion de Leonard Bernstein (1954) en cinq mouvements, chacun intitulé pour un ou deux des participants. C’est du pur Bernstein − sentimental, enjoué, désinvolte, désordonné et joyeux, culminant émotionnellement dans l’adagio du quatrième mouvement doux-amer, Agathon. Le dernier et le plus long mouvement, Socrate; Alcibiade, trouve Bernstein s’efforçant d’obtenir de la profondeur avant de recourir à la chanson dansante de Broadway vers la ligne d’arrivée.

Le Concerto pour violon en quatre mouvements du Montréalais Samy Moussa (né en 1989) a été créé par le violon solo Andrew Wan, le directeur musical Kent Nagano et l’OSM le 28 novembre 2019. Sous-titré Adrano (le dieu du feu sous l’Etna) – la visite du volcan a inspiré Moussa − cela commence par des accords lents et ascendants, le violon dans son registre supérieur. Les cordes en pizzicato nous entraînent plus haut, il y a une éruption d’énergie immense, puis un léger affaissement, faisant écho aux accords initiaux. La musique rappelle la Symphonie alpestre de Strauss et l’ouverture de son Ainsi parlait Zarathoustra, mais sans leur apogée triomphant. Ne durant que 15 minutes, soit la moitié de la durée des compositions de Ginastera et de Bernstein, il a besoin d’être étoffé pour atteindre son potentiel considérable. Le livret dit que ces œuvres ont été enregistrées en concert, mais aucun applaudissement n’est entendu. Ces prestations haute voltige méritent sûrement plus d’un applaudissement.

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