Wiikondiwin dans les hautes-terres d’Haliburton

0

Wiikondiwin, qui veut dire festoyer ou festin, est le titre du dernier projet de la compositrice odawa Barbara Croall, une commande du Highlands Opera Studio en partenariat avec l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal. Il y a quelques années, la directrice générale du HOS Valerie Kuinka l’avait contactée pour lui parler d’une commande d’opéra. Avec le concours financier de Patrimoine canadien et du programme Nouveau chapitre du Conseil des arts du Canada, à l’occasion du 150e anniversaire de la nation, le moment était bien choisi pour réaliser ce projet et le présenter avec mise en scène partielle pour la première fois en août.

La défense de l’environnement est au cœur même de l’œuvre. Mme Croall, qui a étudié la composition à l’Université de Toronto, à l’École Glenn Gould et à l’Université de Musique et des Arts de Munich, est aussi éducatrice en environnement et s’inspire des enseignements traditionnels des Anishnaabeg. « Je puise bon nombre de mes idées en pleine nature où je passe beaucoup de temps », confie-t-elle.

« Je voulais créer un opéra de circonstance. Je travaille de très près avec l’environnement et ce que j’observe m’inquiète réellement, explique-t-elle. L’opéra est un moyen puissant pour communiquer un message important. Il ne s’agit pas de sermonner les gens, mais d’éveiller leurs sentiments profonds afin qu’ils s’en préoccupent. »

« Rappeler à chacun que toutes les créatures du monde existaient bien avant nous – voilà le thème sous-jacent de mon œuvre. Nous avons la responsabilité d’en prendre soin, car notre vie en dépend. »

Écrit pour une soprano (Adanya Dunn), un baryton (Samuel Chan) et trois acteurs et musiciens des Premières Nations (Rod Nettagog, Bradley Nettagog et Mme Croall elle-même), l’opéra est en anglais, métchif et odawa, un dialecte de l’anishinaabemowin. « Musicalement, notre langue est un excellent outil de travail en raison de ses voyelles et ses types de consonnes. Il s’agit de phonogrammes : bon nombre des mots décrivent presque ce qui est raconté, explique-t-elle. Je crée mes propres chansons, je n’utilise ni celles des autres ni aucune musique traditionnelle. Je suis très attachée aux protocoles culturels. »

Le concept du temps du rêve forme la trame narrative de Wiikondiwin. « Plusieurs de mes œuvres ont une forme circulaire et libre, et ma façon de penser – pour ce projet comme dans d’autres en théâtre – consiste en grande partie à créer un temps circulaire, confie-t-elle. Certains aspects du travail dans le temps et du voyage dans le temps sont très importants, et ils s’inscrivent d’ailleurs parfaitement dans la thématique des événements qui se sont déroulés depuis les 150 dernières années au Canada : où en sommes-nous et d’où venons-nous ? »

TRADUCTION : VÉRONIQUE FRENETTE

Wiikondiwin sera présenté sous forme d’atelier avec mise en scène partielle le 19 août à 20 h, au Northern Lights Performing Arts Pavillion, à Haliburton en Ontario. Plus d’info sur les sites www.highlandsoperastudio.com ou www.barbaracroall.ca.

Partager:

A propos de l'auteur

Kiersten van Vliet was the Web Editor and an Editorial Assistant for La Scena Musicale from 2015–17.

Laissez une réponse

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.