SMCQ: incursion dans l’univers d’André Hamel

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Habituée des séries-hommages à un compositeur, la Société de musique contemporaine du Québec renouvelle ici sa formule, pandémie oblige, avec une série de concerts-portraits. Le 26 septembre marquera le premier de ces concerts, consacré à l’univers musical d’André Hamel.

Fortement marqué, lors de ses études à l’université, par The Unanswered Question de Charles Ives, M. Hamel explore toutes les possibilités créatrices qui visent à modifier la perception du son, soit par la mise en espace des musiciens, soit par la multiplication des interférences sonores ou espaces discursifs différents, soit par une combinaison des deux. Dans ces œuvres, les éléments musicaux ne semblent pas être faits a priori pour aller ensemble. On appelle cela la dissociation élémentielle.

Programme

Ce premier concert aura lieu à la salle Pierre-Mercure et fera entendre cinq œuvres du compositeur. Certaines ont été conçues comme des œuvres de spatialisation, d’autres seront spatialisées au moment même de leur diffusion.

La première est une œuvre pour violon et piano, composée en 1984, lorsqu’André Hamel était encore étudiant auprès de Serge Garant. Pour la petite histoire, c’est sa fille, Anne-Claude Hamel-Beauchamp, détentrice depuis peu d’une maîtrise en violon, qui jouera la partie de soliste. « C’est quelque chose qui me touche beaucoup. Elle a 26 ans; quand j’ai composé cette œuvre, j’en avais 29. J’étais à peine plus vieux qu’elle aujourd’hui », confie le compositeur.

Écrite pour 31 musiciens, la deuxième œuvre au programme, In Auditorium, est d’une tout autre envergure. Prix de la création de l’année en 1998, elle a été commandée par Radio-Canada pour un projet conjoint entre l’Orchestre symphonique de Montréal et la SMCQ, intitulé OSMCQ, et qui a donné lieu à une série de trois concerts.

La troisième œuvre est électroacoustique. Elle est née d’une collaboration avec la chorégraphe Guylaine Savoie, à la fois pour un spectacle en 2005 et un court-métrage en 2006. Ce film de huit minutes sera projeté comme tel sur écran, sans danseur sur scène, tandis que la musique sera diffusée en spatialisation à partir d’une console, avec huit haut-parleurs, placés à différents endroits de la salle, qui permettront au son de bouger.

La quatrième œuvre est un quatuor de saxophones qui intègre un traitement numérique en temps réel. Il y aura un retour par les haut-parleurs, mais sans manipulation du son capté. Exceptionnellement, les musiciens seront sur scène.

Enfin, c’est une autre œuvre d’envergure, conçue véritablement comme une œuvre spatialisée, qui conclura ce concert. Prix de la création de l’année en 2017, celle-ci n’a pas besoin d’être dirigée, en principe. Les interprètes n’ont que des repères sonores. « Un musicien entend un coup de caisse claire, par exemple, compte dix secondes et commence à jouer à son propre tempo. Des choses apparaissent tout autour, mais l’effet de surprise n’est pas gâché par un chef qui donne un signal. Cela fait longtemps que je travaille avec ce système d’écriture. »

www.smcq.qc.ca

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A propos de l'auteur

Justin Bernard est détenteur d’un doctorat en musique de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la médiation musicale, notamment par le biais des nouveaux outils numériques, ainsi que sur la relation entre opéra et cinéma. Membre de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM), il a réalisé une série de capsules vidéo éducatives pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Justin Bernard est également l’auteur de notes de programme pour le compte de la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke. Par ailleurs, il anime une émission d’opéra et une chronique musicale à Radio VM (91,3 FM).

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