Oktoecho: Transcestral (2021)

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Katia Makdissi-Warren, arrangements musicaux et électroniques; Joséphine Bacon, poétesse innue, Anouar Barrada, chanteur soufi, Moe Clark, chanteuse Métis, hand drum; Nina Segalowitz, chanteuse de gorge inuite, Buffalo Hat Singers, chanteurs et joueurs de tambour pow wow, Hélène Martel, chant, Didem Basar, kanun, Khalil Moqadem, oud

Le métissage des styles et des cultures est un sujet qui revient beaucoup lorsqu’on parle des musiques du monde. L’approche de Katia Makdissi-Warren et de l’équipe d’Oktoecho, suivies par une kyrielle de musiciens, est quelque peu différente. Avec leur projet Transcestral, c’est plutôt la rencontre entre deux cultures du monde, le soufisme, d’une part, et celle des Premières Nations, d’autre part, qui est mis en avant avec l’apport notable de styles occidentaux. Chacune a sa propre autonomie, sa propre identité. Aucune ne se fond dans l’autre. Si le titre du projet fait allusion au dépassement des frontières, ce n’est pas seulement entre deux traditions musicales ancestrales; c’est aussi à l’intérieur même de ces traditions. Parlant de frontières, les musiques de transe ont ici toute leur place.

Inutile de dire que ce voyage “transcestral” est captivant. Il nous plonge d’emblée dans le jeu des chants de gorge. Ce ne sont pas deux joueuses qui s’affrontent, comme le veut la tradition, mais une seule (en l’occurence, Nina Segalowitz) qui alterne entre son souffle marqué, sa voix rugueuse et sa voix  “naturelle” (entre guillemets). Tradition ou pas, l’impression de virtuosité reste intacte.

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“Niki pawâtin” nous offre un autre visage des Premières Nations, avec cette fois une voix chantée plus douce, plus lisse, pour un public plus large. L’orchestration d’inspiration occidentale nous rend la pièce tout de suite plus familière. Troisième piste de l’album, “Ode à la terre” rejoint l’idée que nous évoquions plus haut, à savoir un alliage de circonstance entre les musiques du soufisme et des Premières Nations qui est assez réussi. D’autres pièces sont construites autour de ce principe, mais avec des résultats plus mitigés. Dans “Dunia”, le mariage ne coule pas de source et se transforme plutôt en confrontation des styles. Dans “Horizons”, ces musiques se partagent équitablement le premier rôle et le rôle de soutien. D’autres pièces, encore, célèbrent les chants et percussions associés tantôt au style soufiste, tantôt au style pow-wow, ce qui permet de les apprécier individuellement. Enfin, la musique occidentale, d’habitude cantonnée à un rôle d’accompagnement, prend plus de place dans “Ma richesse s’appelle” lorsque le jazz se marie avec les textes innue de Joséphine Bacon et dans “Zadka” lorsque les douces harmonies du piano et des violons créent une ambiance vibrante et apaisante.

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A propos de l'auteur

Justin Bernard est détenteur d’un doctorat en musique de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la médiation musicale, notamment par le biais des nouveaux outils numériques, ainsi que sur la relation entre opéra et cinéma. Membre de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM), il a réalisé une série de capsules vidéo éducatives pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Justin Bernard est également l’auteur de notes de programme pour le compte de la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke. Par ailleurs, il anime une émission d’opéra et une chronique musicale à Radio VM (91,3 FM).

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