Xian Zhang : une cheffe d’orchestre à suivre

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La carrière de cheffe d’orchestre de Xian Zhang s’étend sur plusieurs continents. Elle présente de 80 à 100 concerts par an, répartis entre ses postes de directrice musicale de l’Orchestre symphonique du New Jersey, de première cheffe invitée de l’Orchestre symphonique de Melbourne et de cheffe d’orchestre émérite de l’Orchestra Sinfonica di Milano Giuseppe Verdi.

 Destinée à la musique

Les parents musiciens de Zhang l’ont prénommée Xian, qui signifie « corde d’un instrument » en chinois. « On voit que mes parents avaient déjà décidé de faire de moi une musicienne », fait remarquer Zhang.

Elle commence ses études musicales à l’âge de trois ans, sur un piano construit par son père. Aujourd’hui encore, Zhang considère son expérience du piano comme un « réservoir » où elle puise sa musicalité en tant que cheffe d’orchestre. Lors d’une rencontre fortuite à l’âge de dix-sept ans, Zhang fait la connaissance de la professeure Lingfen Wu au Conservatoire central de Pékin, où elle suit des cours de piano. À vingt ans, elle fait ses débuts professionnels en remplaçant Mme Wu à la dernière minute. Elle a alors dirigé Les Noces de Figaro à l’Opéra national lors d’un concert marquant le 50e anniversaire du Conservatoire central.

Une autre influence clé de l’école a été la professeure Xiaoying Zheng. « Elle enseignait à tout le monde et elle était très stricte », se souvient Zhang. Zheng attendait de ses élèves qu’ils dirigent de mémoire à chaque leçon et ne leur permettait d’utiliser un bâton que lorsqu’elle les jugeait prêts.

Après une année à diriger à mains nues, Zhang a obtenu le droit d’utiliser un bâton.

« J’étais chez la professeure Zheng pour une leçon, se souvient Zhang. Nous venions de terminer de manger des dumplings quand elle m’a annoncé que je pouvais maintenant utiliser un bâton. J’étais tellement contente ! Elle m’a ensuite donné une baguette du couvert de la table. Elle a ajouté que si je pouvais réussir avec cela, alors elle me donnerait une vraie baguette de chef. »

Le bâton que Zhang utilise depuis trente ans lui a été donné par une autre influence du Conservatoire central. « Le professeur Yu Feng a fait couper la longueur spécialement pour ma main, et bien que j’aie cherché une telle baguette partout dans le monde, je n’ai jamais trouvé de remplacement. Quand je la tiens, elle semble faire partie de mon corps. »

Faire bonne impression en Amérique

Après avoir obtenu son baccalauréat et sa maîtrise à Pékin, Zhang se dirige vers les États-Unis en 1998 pour poursuivre un doctorat au Conservatoire de musique de l’Université de Cincinnati.

En raison de problèmes de visa, Zhang n’arrive qu’au milieu du semestre. Dès qu’elle atterrit, elle se précipite en classe, où le professeur est en train de présenter l’orchestre de l’école aux étudiants en direction d’orchestre. On demande sur-le-champ à Zhang de diriger la Symphonie nº 1 de Beethoven. Heureusement, l’œuvre était l’une des premières que Zhang avait étudiées pendant ses études de premier cycle. Le professeur et les musiciens d’orchestre ont été stupéfaits par sa musicalité et sa maîtrise.

En 2002, Zhang fait encore bonne impression lorsqu’elle remporte le premier prix du concours de chef d’orchestre Maazel-Vilar. Le regretté Lorin Maazel, alors directeur musical de l’Orchestre philharmonique de New York, la prend rapidement sous son aile. Avec lui, Zhang a affiné ce que Maazel a appelé « la direction d’orchestre comme une forme de projection mentale ».

Zhang élabore : « Maazel insistait sur le fait qu’un chef d’orchestre doit tout entendre si bien dans sa tête que cela ressort dans les mouvements de son corps. Les mouvements corporels particuliers utilisés n’ont pas vraiment d’importance si l’image mentale n’est pas claire. Ainsi, une heure de répétition avec l’orchestre équivaut à au moins vingt heures d’étude et de préparation des partitions de ma part. »

Sur la recommandation de Maazel, Zhang est nommée cheffe assistante de l’Orchestre philharmonique de New York en 2002 et cheffe associée en 2005.

« Les années passées avec l’Orchestre philharmonique de New York ont vraiment ouvert mes oreilles. C’est comme manger un plat vraiment délicieux, raconte Zhang. Une fois que ces saveurs sont connues, un tout nouveau monde de possibilités s’ouvre. »

Enrichissement en Europe

« Le prochain marché à conquérir était l’Europe. Tous les chefs d’orchestre doivent avoir une certaine expérience en Europe continentale, car c’est de là que vient la musique, explique Zhang. Comment ils travaillaient, comment ils jouaient : il faut vraiment comprendre cette tradition.»

Zhang déménage en Europe en 2008 après être devenue la première femme à diriger la Staatskapelle de Dresde. En 2009, elle devient la première femme à diriger un orchestre italien lors de sa nomination comme directrice musicale de l’Orchestre symphonique Giuseppe-Verdi de Milan. Un an plus tard, elle devient directrice artistique de l’orchestre de jeunes et académie d’ensembles des Pays-Bas. Puis, en 2015, Zhang est nommée première cheffe invitée de l’Orchestre national du pays de Galles de la BBC, devenant ainsi la première femme à détenir un titre avec un orchestre de la BBC.

Retour à la maison et au-delà

Soutenue par ses références européennes, Zhang revient aux États-Unis plus forte que jamais en 2016, en tant que première femme à occuper le poste de directrice musicale de l’Orchestre symphonique du New Jersey. Elle fait également des apparitions dans sa Chine natale, en tant que cheffe invitée de grands orchestres chinois, en tournée en Chine avec l’Orchestre national du pays de Galles de la BBC au cours de la saison 2018-19 et elle dirige des œuvres de compositeurs chinois.

À partir de 2020, Zhang ajoutera à son curriculum vitae, qui ne cesse de s’étoffer, le poste de première cheffe invitée de l’Orchestre symphonique de Melbourne. On ne peut qu’imaginer les perspectives passionnantes d’une carrière en pleine ascension. Une chose est sûre : Xian Zhang est une cheffe d’orchestre à suivre.

Elle dirigera l’OSM le 9 février (www.osm.ca) et la ronde finale du Concours musical international de Montréal (CMIM) les 12 et 13 mai (concoursmontreal.ca)

Traduction par Mélissa Brien

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A propos de l'auteur

Carol Xiong is ever-interested in connecting disparate cultures and human experiences. She holds a Bachelor of Music with honours in piano performance and music theory from the Eastman School of Music, as well as an ARCT with first class honours with distinction, in piano performance. She is currently pursuing her master's degree in piano interpretation at the Université de Montréal. You may find out more about her here: www.carolxiong.com

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