Critique CD | Found Frozen : Chansons de Jeffrey Ryan (Centredisques, 2022)

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Found Frozen : Chansons de Jeffrey Ryan
Danika Lorèn, soprano; Krisztina Szabó, mezzo-soprano; Dion Mazerolle, baritone; Steven Philcox, piano
Centredisques, 2022

https://i0.wp.com/www.canadianartsongproject.ca/site/wp-content/uploads/2022/02/FoundFrozen-Cover-900-2.jpg?ssl=1

La maison canadienne Centredisques, spécialisée en musique contemporaine, nous avait habitués à des créations pour ensemble et instruments en tout genre. Avec Found Frozen, elle fait un retour à une formule plus classique, piano-voix. Au programme, de nouvelles chansons du compositeur canadien Jeffrey Ryan, regroupées en cycles à l’exception d’une seule pièce, par trois chanteurs différents et un même pianiste, Steven Philcox. Ce projet, comme beaucoup d’autres retardés par la pandémie, voit finalement le jour.

On y découvre d’abord le cycle de mélodies qui donne son nom à l’album, Found Frozen, interprété par la soprano Danika Lorèn. La musique est marquée par un certain métissage de cultures musicales, ce qui la rend évidemment intéressante. Toutefois, ces trois premières pièces paraissent difficiles d’approche, et ce, malgré le fait que la chanteuse se sorte assez bien des difficultés de la partition, notamment des sauts d’intervalle dans le suraigu. Peut-être est-ce là la raison, la difficulté de la partition paraît trop évidente ici. Le cycle suivant, Miss Carr in Seven Scenes, permet d’apprécier le talent d’interprète de la mezzo-soprano Krisztina Szabó. On est particulièrement sensible à son aisance tant dans les parties chantées que parlées et son intelligence du texte. Dans certains passages, la musique colle merveilleusement bien aux paroles à la manière d’un madrigal, même si les styles de composition n’ont absolument rien à voir. Dans Of Passion’s Tide, le baryton Dion Mazerolle fait parler à la fois sa puissance vocale et sa douceur au service de l’interprétation. Il paraît bien souvent vulnérable, dans le bon sens du terme, tout en restant très fort sur le plan technique. Sa grande maîtrise lui permet d’atteindre de subtils pianissimos et c’est dans ce registre émotionnel qu’on le préfère.

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Un album de mélodies contemporaines ne serait probablement pas le premier choix d’un amateur de répertoire piano-voix, mais la démarche et l’univers sonore de ce compositeur d’ici méritent qu’on s’y attarde.

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A propos de l'auteur

Justin Bernard est détenteur d’un doctorat en musique de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la médiation musicale, notamment par le biais des nouveaux outils numériques, ainsi que sur la relation entre opéra et cinéma. Membre de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM), il a réalisé une série de capsules vidéo éducatives pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Justin Bernard est également l’auteur de notes de programme pour le compte de la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke. Par ailleurs, il anime une émission d’opéra et une chronique musicale à Radio VM (91,3 FM).

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