Airat Ichmouratov: Le néoromantique passionné du Klezzmer

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Singing Valentines / Valentins chantants

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Son répertoire de prédilection englobe notamment des œuvres de grands compositeurs russes tels Tchaïkovski, Rachmaninov, Chostakovitch, Prokofiev, Moussorgski, Borodine. « C’est dans mon sang. J’ai grandi en Russie avec cette musique », dit le compositeur et chef d’orchestre Airat Ichmouratov. Il admire aussi les romantiques comme Mahler, Strauss, Wagner. « Les compositions de ces grands musiciens allemands m’inspirent énormément », note-t-il. Ce brillant représentant de la nouvelle génération s’inscrit pleinement dans la tendance actuelle parmi de nombreux compositeurs qui trouvent leur inspiration dans les œuvres de la tradition romantique.

Charmes de la musique tonale

Airat Ichmouratov affirme sa préférence pour la musique tonale, à l’instar de plusieurs compositeurs de sa génération. « De toute évidence, le public apprécie énormément la musique tonale, très accessible », remarque-t-il. À ce propos, ce compositeur néoromantique, comme il se définit lui-même, évoque les bons commentaires exprimés par les auditeurs ici et ailleurs et se félicite pour les fréquentes ovations lors des premières mondiales de ses œuvres. L’appréciation du grand public encourage Airat à aller de l’avant dans ses projets musicaux. Les nombreuses invitations qu’il reçoit des quatre coins du monde pour diriger ses propres compositions sont une attestation, pour cet artiste d’origine tatare installé au Canada depuis 1997, que sa carrière va bon train.

La rencontre qui a changé sa vie

Évoquant les moments marquants de son parcours, Airat Ichmouratov se rappelle avec beaucoup d’émotion sa rencontre avec le grand violoncelliste et chef d’orchestre Yuli Turovsky (1939-2013), qui a dirigé l’ensemble I Musici de Montréal pendant trente ans. « Cette rencontre a complètement changé ma vie », affirme-t-il pour souligner la grande importance de sa relation avec Turovsky dans son cheminement professionnel. Il revient sur la première mondiale de son œuvre Fantastic Dances commandée par I Musici. Turovsky a tellement aimé l’œuvre, tout comme les membres de l’orchestre ainsi que le public, qu’il a décidé de procéder immédiatement à son enregistrement. Le succès de cette œuvre, qui figure parmi les toutes premières compositions d’Airat Ichmouratov enregistrées, a bel et bien impulsé la carrière du chef d’orchestre et compositeur. Il a enregistré l’été dernier, avec l’Orchestre de la Francophonie sous la direction de Jean-Philippe Tremblay, sa première symphonie, Sur les ruines d’un ancien château fort. La première mondiale de cette symphonie a été présentée en septembre 2017 avec l’Orchestre symphonique de Longueuil. Comme son nom l’indique, elle évoque les ruines du fort de Longueuil et s’inspire de la vie de Charles Le Moyne, baron de Longueuil. Ce voyage dans le temps traduit l’engouement d’Ichmouratov pour l’histoire. Dans le même esprit, sa plus récente collaboration avec l’OSDL, dont il est compositeur et chef en résidence, a donné lieu à la présentation en première mondiale de l’ouverture Pierre le Grand, un hommage au fondateur de Saint-Pétersbourg. « Pierre le Grand était un personnage complexe, un roi cruel, mais qui a énormément développé la Russie et sa
culture », rappelle Ichmouratov. Cette présentation était parmi les moments forts du concert Sommet des chefs qui a ouvert la saison 2019-20 de l’OSDL.

L’effet klezmer

Abordant son style dans ses compositions classiques, Ichmouratov met l’accent sur l’une des sources majeures de son inspiration, la musique klezmer. Il ne tarit pas d’éloges sur les particularités et la portée universelle de cette musique : « Impressionnante, à la fois joyeuse et triste, mais toujours d’une sincérité pure. Elle est tellement vraie. » Ichmouratov adhère complètement aux propos de Chostakovitch parlant de la « puissante impression » que cette musique folklorique juive exerce sur lui. « Je ne me lasse pas de m’en délecter, elle a de multiples facettes, elle peut sembler heureuse alors qu’elle est tragique. C’est presque toujours un rire à travers les larmes. Cette qualité de la musique juive est proche de mes idées sur ce que devrait être la musique. Il devrait toujours y avoir deux niveaux dans la musique ».
Ce clarinettiste virtuose se réjouit des réalisations de son ensemble de musique klezmer Kleztory qui fête son 20e anniversaire avec un bilan impressionnant : quatre disques et plus de 800 concerts dans une vingtaine de pays. Le prochain album de l’ensemble sortira bientôt sous étiquette Chandos.

Bientôt son premier opéra

S’appuyant sur les succès que connaît sa carrière multiforme, Airat Ichmouratov entame avec force cette troisième décennie du 21e siècle en se lançant dans de nouvelles aventures musicales. Il annonce le projet de son premier opéra, inspiré de l’œuvre de Victor Hugo, L’Homme qui rit, dont la première mondiale est prévue pour mai 2023.

Parmi les prochains rendez-vous à son agenda, une série de premières mondiales : Concerto pour flûte, commande de Robert Langevin et de l’Orchestre symphonique de Laval, le 25 mars 2020; Double concerto pour violon, violoncelle et orchestre de chambre, commande de Michael Guttman, violoniste belge et chef d’orchestre, printemps 2021; Trio pour alto, violoncelle et piano, commande de Maxim Rysanov, altiste et chef d’orchestre, décembre 2020 à Budapest; Ouverture, commande de Daniel Boico et du MAV Symphony Orchestra (Budapest), octobre 2020 à Budapest.

www.airatichmouratov.com

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