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Pianiste et coach vocal, Francis Perron est une figure incontournable de la scène musicale montréalaise. Il a donné des récitals avec des chanteurs tels que Christian Immler, François Le Roux et Nathalie Paulin et collabore avec des compagnies comme l’Opéra de Montréal, la Canadian Opera Company, Chants Libres et le Wien Kammeroper. Il a créé le programme de piano d’accompagnement de l’Université de Montréal. Depuis le début de sa carrière, Perron se consacre à l’opéra et au lied, et souhaite « donner à ses élèves le maximum d’outils possible » pour exceller dans les deux domaines.
Il a commencé à jouer pour des chanteurs à l’adolescence et, en repensant à cette époque où il a « découvert cet univers », il dit s’être rendu compte que c’est ce qu’il voulait faire dans la vie, faire de la musique avec des chanteurs. Il a été attiré par la possibilité d’unir poésie et musique et de travailler avec de nombreuses personnes plutôt que de simplement « être seul au piano. » Perron remercie son professeur Gilles Manny de lui avoir « montré comment travailler, comment aimer les détails, comment organiser sa pratique. »
À 21 ans, Perron travaillait comme répétiteur et coach pour la compagnie montréalaise d’opéra contemporain Chants Libres. Il raconte : « J’ai découvert que jouer du piano était la partie la moins importante. Tout ce que je devais savoir se situait en dehors du piano : diriger, chanter, jouer des percussions, faire en sorte que ça fonctionne, suivre le chef d’orchestre et aider les chanteurs à apprendre leur partition… Je suis arrivé là et j’ai dû survivre. Et c’est dans cette épreuve qu’on apprend énormément. Parfois, on pleure. On a envie d’abandonner. Presque tous les jours. Mais c’est une chance incroyable d’avoir pu le faire si tôt. »
Aujourd’hui, Perron travaille avec des compagnies sur le répertoire classique ainsi que sur de nouvelles productions d’opéra et dans des ateliers. Cette saison, il était chef de chœur pour Roméo et Juliette à la COC et travaille actuellement sur Clown(s) d’Ana Sokolović à l’Opéra de Montréal. Perron adore collaborer avec des compositeurs, des chefs d’orchestre et des metteurs en scène et il estime que cela fait de lui un meilleur pianiste de mélodies. Il explique : « Si vous jouez une mélodie de Mozart, par exemple, vous savez aussi qu’il a composé de nombreux opéras. Et vous jouez le morceau en imaginant comment il l’aurait orchestré. Cela stimule vraiment l’imagination et amplifie les couleurs que l’on produit au piano. J’aime voir comment je peux faire sonner cet instrument comme un orchestre ou d’autres instruments. »
À 25 ans, Perron enseignait à l’Université de Sherbrooke, une opportunité à l’époque, mais il décida de quitter son poste pour étudier l’accompagnement piano-voix à Vienne. Il se disait : « Si je ne pars pas étudier en Europe maintenant, je n’irai jamais. » À Vienne, Perron étudia à l’Académie de musique et des arts du spectacle avec David Lutz, qui lui enseigna l’interprétation de mélodies. Il décrit la relation entre le chanteur et le pianiste comme un juste équilibre entre bienveillance et exigence. « Si l’on se soucie des autres, on les soutient, on les accompagne, on les motive et on les stimule. »
Après avoir obtenu son doctorat à l’Université de Montréal (UdeM), Perron a travaillé à la fois dans cette université et au Conservatoire de musique de Montréal, où il a finalement créé le programme de piano collaboratif. Son studio est passé progressivement de deux à quinze pianistes et, d’abord axé sur la maîtrise, il a ensuite offert des programmes de diplôme et de doctorat.
De plus, au cours des dernières années, Perron a créé, avec Michael McMahon et grâce au soutien de la Fondation Azrieli, la résidence d’artistes piano-voix McGill-UdeM. Ce programme de neuf mois offre à six pianistes l’occasion de se plonger dans le répertoire d’opéra et de la mélodie. Comme l’explique Perron, ce projet était un rêve : « Ce n’est pas un programme pour chanteurs, mais pour pianistes. Les chanteurs y apprennent beaucoup grâce à la qualité exceptionnelle de tous les artistes invités, mais il est vraiment conçu sur mesure pour les pianistes. » Ce qui distingue cette résidence, c’est que « beaucoup de programmes sont spécialisés soit dans l’opéra, soit dans le lied. Nous voulons proposer les deux, car je crois sincèrement – et c’est une conviction que j’ai toujours eue – que les jeunes pianistes d’aujourd’hui doivent avoir une palette d’outils très large, car leur avenir est incertain. Ils doivent être à l’aise avec le répertoire lyrique, les mélodies, savoir jouer de la musique contemporaine et faire preuve de flexibilité. Je pense que c’est essentiel », affirme-t-il.
Le pianiste qualifie son style d’enseignement de « bienveillant et exigeant ». Bien qu’il souhaite que ses élèves évitent certaines de ses propres erreurs, il comprend qu’ils doivent passer par ce processus. Perron mentionne qu’une carrière d’artiste, toujours en activité, est un atout pour être un meilleur professeur. Exigeant un niveau élevé, il explique : « J’essaie toujours de me rappeler ce que l’on ressent sur scène, et ce que c’est que d’être impliqué dans ce genre de choses, avant de faire des commentaires. » Il s’efforce de ne pas oublier que c’est stressant. « Ils font de leur mieux. Cela m’aide à choisir la direction que je veux prendre avec eux. »
Traduction : Justin Bernard
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