Musica Camerata à l’aube de sa 49e saison

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Depuis près d’un demi-siècle, Musica Camerata poursuit avec passion et assiduité son mandat de nous faire découvrir des œuvres de musique de chambre méconnues. Les huit musiciens, la plupart issus de l’OSM, confortent d’année en année la solide réputation de l’ensemble. À l’aube d’une nouvelle saison, entrevue avec le directeur artistique Luis Grinhauz.

Luis Grinhauz

Quelles sont les découvertes musicales qui vous ont marquées ?

Au fil du temps, nous avons fait connaître de nombreux compositeurs et d’autres ensembles ont pris le relais en les jouant à leur tour. C’est le cas de la compositrice polonaise Grażyna Bacewicz, une musicienne aussi importante que Leoš Janáček, ou encore d’un groupe de compositeurs de la Nouvelle-Angleterre de la fin du XIXe siècle, parmi lesquels Amy Beach, qu’on peut comparer à Rachmaninoff. On peut également citer les compositeurs italiens Ildebrando Pizzetti, sorte de Puccini avec des accents plus modernes, et Mario Castelnuovo-Tedesco. Au printemps prochain, nous avons un concert justement orienté sur des découvertes, qui sera joué par un quintette à cordes. Nous allons présenter une pièce du compositeur tchèque Jan Dussek ainsi qu’une pièce du Français George Onslow, contemporain de Schumann et Mendelssohn, qui était très populaire à son époque.

Comment ces œuvres parviennent-elles jusqu’à vous ?

Les œuvres nous parviennent grâce aux suggestions de nos abonnés ainsi que celles des musiciens. Puis nous les analysons et les sélectionnons. C’est un travail collectif où chacun apporte ses idées et sa touche personnelle, et qui se fait toujours dans une grande harmonie. Au début de Musica Camerata, lorsqu’on voulait jouer des œuvres méconnues, il fallait les déguster à l’aveugle. On ne savait pas à quoi s’attendre avant la première lecture. Aujourd’hui, nous pouvons écouter la plupart de notre matériel sur le web, ce qui représente un gain de temps considérable.

Vous avez quitté l’OSM il y a trois ans après 45 ans de service. Néanmoins, vous continuez vos activités musicales. Est-ce qu’on peut être un musicien à la retraite ?

Ça dépend de l’énergie qu’on a, car c’est très fatigant, à la fois physiquement et mentalement. Les horaires sont très chargés, notamment pendant les tournées. Il y a des gens qui sortent complètement du cercle de la musique et d’autres, comme moi, qui continuent de la vivre. Je regarde la chaîne Mezzo presque tous les soirs, je fais du coaching pour des jeunes orchestres, je fais partie de jurys de concours… Je suis encore très motivé !

Au point de repartir en tournée ?

Les tournées sont très fatigantes et comportent de nombreuses contraintes. Nous sommes tranquilles ici à Montréal, nous avons une résidence (depuis 2013, ndlr.) à la Chapelle historique du Bon-Pasteur avec une très belle acoustique et un piano superbe, ce qui est difficile à trouver ailleurs. Nous allons tout de même faire quelques concerts en dehors de Montréal cette année, notamment à Hudson et Ottawa.

On espère que le public sera tout aussi motivé à venir partager la passion de ces musiciens et leur fantastique travail de mémoire envers des œuvres que l’histoire a injustement oubliées.

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Ouverture de la saison le 22 septembre à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, informations au www.cameratamontreal.com.

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A propos de l'auteur

Benjamin Goron est écrivain, musicologue et critique musical. Titulaire d’un baccalauréat en littérature et d’une maîtrise en musicologie de l’Université Paris-Sorbonne, il a collaboré à plusieurs périodiques et radios en tant que chercheur et critique musical (L’Éducation musicale, Camuz, Radio Ville-Marie). Pianiste et trompettiste de formation, il allie musique et littérature dans une double mission de créateur et de passeur de mémoire.

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