Une première solide pour Payare, et peut-être plus à venir

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Ça a bien été, comme on dit. Aucune catastrophe à signaler après la première représentation, dimanche, de Rafael Payare en tant que futur directeur musical de l’Orchestre symphonique de Montréal. Ni beaucoup de révélations dans le programme de 65 minutes (intro de film incluse) comprenant les standards de Berlioz et Brahms dans une Maison symphonique vide.

Peut-être que des surprises nous attendent dans les deux concerts en ligne à venir qui restent à être annoncés. Ou du moins avant septembre 2022, lorsque sa nomination deviendra officielle.

Plutôt que d’offrir quelque chose de nouveau, le Vénézuélien de 40 ans a choisi de rendre hommage à la tradition de l’OSM et à la tradition symphonique en général. La première oeuvre était le Carnaval Romain de Berlioz, grande incontournable du temps de Charles Dutoit, souvent offerte en entrée ou en rappel. Cette interprétation avait l’ampleur et le dynamisme requis, avec beaucoup de détails gratifiants dans l’accumulation des passages fortissimo.

Vêtu d’un costume sur mesure avec des boutons éclatants, Payare a clairement indiqué avec ses nombreuses expressions faciales qu’il avait de bonnes raisons de ne pas porter de masque. Ses gestes de bras étaient amples et plus ou moins continus dans la Symphonie no 1, de Brahms. Je me suis parfois demandé pourquoi tant de mouvements était nécessaire pour produire une interprétation aussi conventionnelle. J’ai rarement entendu une phrase aux contours distinctifs, une touche rythmique idiosyncrasique ou quoi que ce soit qui identifiait clairement l’interprétation comme étant propre à Rafael Payare.

Les nuances semblaient se situées surtout dans le mezzo forte, même pour l’« Andante sostenuto ». Le solo de violon du premier violon Andrew Wan n’était pas facile à entendre par-dessus les vents. La question de savoir si les conditions de jeu sur scène donnaient des résultats probants à distance est inévitable, sans parler de l’espacement obligatoire entre les joueurs. Mais l’OSM et l’équipe audio sont habitués à cette nouvelle réalité.

La meilleure partie de la symphonie a été le finale. Le rythme de Payare était plus flexible dans l’introduction de ce grand mouvement. Les solos de cor et de flûte évoquaient des paysages montagneux et les pizzicati étaient parfaits. Le chœur des cuivres, doux et puissant, sonnait chaleureux et cohérent. C’était le travail d’un orchestre de premier plan.

Et c’est un chef certainement compétent. Mais désolé, je ne ferai pas de grands éloges aujourd’hui. Aucune raison de paniquer non plus. Je me souviens avoir été déçu en 2006 par la première apparition en tant que directeur musical du prédécesseur de Payare, un certain Kent Nagano. Il s’est très bien débrouillé par la suite.

Le concert peut être visionné gratuitement en rediffusion sur www.osm.ca ou www.medici.tv.

Note au passage : L’OSM rapporte que plus de 75 000 téléspectateurs de 52 pays ont écouté le concert dimanche… Payare a regroupé les premier et deuxième violons à sa gauche plutôt que (selon la mode contemporaine) de les diviser… Le chef n’a pas utilisé de partition pour les deux œuvres… le hautbois solo associé Vincent Boilard a joué le cor anglais dans Berlioz et le premier hautbois dans Brahms. On me dit que les vétérans Pierre-Vincent Plante (cor anglais) et Ted Baskin (hautbois) sont toujours sur la liste de l’OSM… La plupart des joueurs de cordes portaient des masques… Deux autres concerts en ligne avec Payare sont prévus dans les sept prochains jours. Les détails restent à venir… La diffusion web de mardi mettant en vedette la Septième de Beethoven avec le chef Jean-Marie Zeitouni a été enregistrée le 24 novembre.

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A propos de l'auteur

Arthur Kaptainis has been a classical music critic since 1986. His articles have appeared in Classical Voice North America and La Scena Musicale as well as Musical Toronto. Arthur holds an MA in musicology from the University of Toronto. Since 2019, Arthur is co-editor of La Scena Musicale.

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