L’OSM annonce sa programmation automnale de concerts en direct

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Le nombre 19 est une coïncidence.

Des mois après l’interruption forcée des programmations artistiques devant public en raison de la COVID-19, l’Orchestre symphonique de Montréal donnera 19 concerts devant public à la Maison symphonique du 11 septembre au 9 décembre.

« Nos musiciens joueront le répertoire symphonique », précise Madeleine Careau, la directrice générale de l’orchestre, faisant une distinction implicite entre la programmation annoncée jeudi et les nombreux concerts de chambre impromptus donnés durant l’été. « Ils ont besoin de jouer ensemble, d’entretenir leur capacité de jouer ensemble. »

L’ouverture de la saison, un programme de Mozart et Beethoven dirigé par Bernard Labadie, sera diffusée en direct sur la plateforme Medici.tv et gratuitement sur www.osm.ca et sur la page Facebook de l’orchestre. Un concert sera également diffusé en direct le 2 octobre (sur Medici et Mezzo) dirigé par Susanna Mälkki, la cheffe finlandaise dont les prestations prévues en mars dernier ont été annulées à la dernière minute.

Cinq autres concerts pourront être visionnés en webdiffusion après l’événement sur www.osm.ca moyennant un don minimum de 10 $. Plusieurs de ces émissions web offriront « une expérience enrichie » grâce à des éclairages personnalisés et d’autres effets conçus par l’actrice et cinéaste québécoise Brigitte Poupart.

Le nombre d’interprètes sera limité à « une cinquantaine », ce qui signifie de 50 à 55 musiciens à la fois sur scène. L’OSM sera divisé en ensembles alternés, appelés Orchestre A et Orchestre B, pour que ce soit plus clair. Ce système n’est pas étranger aux amateurs qui ont suivi les festivals dédiés à Beethoven, Brahms et Schubert dirigés par Kent Nagano ces dernières saisons.

Des effectifs aussi modestes peuvent sembler difficiles à concilier avec la Symphonie no 7 de Bruckner et la Symphonie no 10 de Mahler, mais ces partitions requérant habituellement un ensemble plus nombreux seront entendues avec arrangements (dirigés par un autre Finlandais, John Storgårds). Même Les Planètes de Holst, grande spécialité de l’OSM, seront présentées en format réduit préparé par le compositeur, sous la baguette de Mälkki.

Les foules seront également réduites, à un maximum de 250 personnes, et les spectateurs distribués de manière appropriée à travers le parterre et la corbeille. Les abonnés de l’OSM, qui atteignaient les 5200 environ en 2019-2020, auront accès aux premiers billets simples en prévente (il n’y a pas d’abonnement) avant l’ouverture du guichet le 3 septembre.

Si le maximum de personnes admises dans les rassemblements publics augmente − ce qui n’est pas à exclure étant donné la baisse constante des décès reliés à la COVID-19 au Québec −, davantage de billets seront mis en vente. Dans tous les cas, les spectateurs devront porter un masque sauf lorsqu’ils sont assis.

Les chefs d’orchestre, après le départ de Nagano, sont tous des invités. Labadie, un Canadien, dirigera quatre programmes comprenant de la musique de Mozart et Beethoven et mettant en vedette des solistes canadiens, parmi lesquels la soprano Karina Gauvin, la contralto Marie-Nicole Lemieux, le violoniste James Ehnes et le pianiste Charles Richard-Hamelin. Les symphonies no 1 et no 6 (« Pastorale ») de Beethoven et la Symphonie no 35 de Mozart (« Haffner ») sont au programme.

D’autres chefs d’orchestre sont des importations, bien que Storgårds soit connu des mélomanes d’Ottawa comme principal chef invité de l’Orchestre du Centre national des Arts. Il dirige quatre programmes, dont un dans lequel il est violoniste soliste dans Fratres d’Arvo Pärt. Ce concert présente également Weltengeist, une création du compositeur québécois Simon Bertrand.

Pablo Heras-Casado, un Espagnol qui n’a pas de contrats connus de directeur musical à son actif, dirige un programme de Beethoven (Ouverture aux Créatures de Prométhée et Symphonie no 2) et Chausson (Poème de l’amour et de la mer avec Lemieux comme soliste) trois fois en novembre. L’importance de Beethoven dans la programmation est bien sûr liée au 250e anniversaire du compositeur.

Tous les chefs susmentionnés ont déjà dirigé l’OSM. Les nouveaux venus sont la Finlandaise Dalia Stasevska (Symphonie no 3 de Sibelius et Concerto pour orchestre d’Ana Sokolović) et l’Américaine Jeannette Sorrell (concert baroque de Noël).

Marianne Perron, directrice de la programmation musicale de l’OSM, a déclaré que la présence dans la programmation de trois chefs finlandais à des dates rapprochées était une coïncidence. Dans tous les cas, les Européens devront se soumettre à une quarantaine de deux semaines à leur arrivée au Canada, à moins que la réglementation fédérale ne change. « Pour les artistes, c’est l’occasion de profiter d’un moment tranquille pour travailler ou étudier », observe Perron.

Parlant couramment le français, Mälkki pourrait attirer l’attention étant donné la recherche actuelle d’un remplaçant pour Nagano. On l’entendra dans un large éventail de répertoires (le concert du 2 octobre comprend le Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy, la Symphonie no 8 « Inachevée » de Schubert et l’Idylle de Siegfried de Wagner).

Careau décourage les spéculations, soulignant la pertinence d’engager Mälkki après l’annulation de mars dernier. Elle a confirmé, cependant, que le comité de recherche d’un nouveau directeur musical pour l’OSM travaille avec une « liste très courte » et que le nom pourrait être annoncé dès décembre si les restrictions de voyage sont levées.

Quant à la rémunération des membres de l’orchestre, une structure tarifaire révisée sera probablement finalisée la semaine prochaine.

L’initiative de l’OSM contraste avec les plans plus prudents d’ensembles comme l’Orchestre philharmonique de New York et l’Orchestre de Philadelphie, qui ont suspendu les représentations en direct avant la nouvelle année, et l’Orchestre symphonique de Toronto, qui a annulé toute la saison 2020-2021, du moins telle qu’elle fut annoncée précédemment.

« L’OSM fait partie de l’écosystème du Québec et du Canada, explique Perron. En tant qu’institution internationale, nous faisons également partie de l’écosystème international. Nous pensons qu’il est également de notre responsabilité de maintenir une sorte de pont entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

Nous voulons être sûrs que Montréal demeure un lieu culturel auquel les grands artistes pensent et où ils veulent venir. Pour ce faire, nous devons maintenir ces ponts. C’est bon pour nous, bon pour notre communauté et aussi bon pour les artistes canadiens qui veulent poursuivre leur carrière internationale. »

www.osm.ca.

Traduction par Andréanne Venne

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A propos de l'auteur

Arthur Kaptainis has been a classical music critic since 1986. His articles have appeared in Classical Voice North America and La Scena Musicale as well as Musical Toronto. Arthur holds an MA in musicology from the University of Toronto. Since 2019, Arthur is co-editor of La Scena Musicale.

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