Critique | Notre Dame de Paris: Un retour réussi

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Le dimanche 13 août, une salle Wilfrid Pelletier pleine à craquer a accueilli avec des ovations le chanteur Bruno Pelletier dans son retour à la création musicale emblématique du duo Plamondon et Cocciante : Notre Dame de Paris.

Cette production met fin à une période de 22 ans depuis que le vénérable chanteur québécois a incarné pour la première fois le rôle de Gringoire. Il est accompagné d’une solide équipe d’interprètes, dont un autre membre de la production originale des années 90, l’auteur-compositeur-interprète canadien Daniel Lavoie.

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Ce que vous avez manqué :

Bruno Pelletier est au sommet de son art, montrant une puissante voix de poitrine et une grande présence sur scène. Il a trouvé l’élixir de la jeunesse vocale. Le temps a donné à sa voix une poussière d’or et une qualité de grain. Daniel Lavoie n’a pas été en reste et a également touché l’or avec certaines de ses notes aiguës. L’un de ses moments les plus forts est celui où il rend visite à Esmeralda en prison pour lui avouer son amour.

Crédit: Courtoisie

L’interprétation d’Esmeralda par Elhaida Dani était sans faille. La diva albanaise a déjà remporté des concours tels que Starmania et The Voice Italy et elle s’est révélée à la hauteur de sa réputation. Sa voix se compare à celle d’une jeune Laura Fabian. Elle mélange le râpeux avec la tendresse et une bonne dose de puissance.

Le spectacle mettait l’accent sur un mouvement constant et nous tenait en haleine. Pour cela l’équipe de danseurs constituée de Gabriel NABO, Serena ORIGGI, Alessia PAPALE, Valentin PIERS, Laurisse SULTY, Alex BESNIER et TIGER nous ont fait découvrir une combinaison rapide de styles de danse classiques et contemporains tandis que Jonathan GAJDANE, Vaia VENETIS, Ivan TRIMARCHI, Roberta ZEGRETTI, OYASSA, Andrea NEYROZ, Matthieu JORDAN et Nathan JONES, nous a offert des acrobaties à couper le souffle comparables à celles que l’on peut voir dans une production du Cirque du Soleil.

Le clou du spectacle a été les saluts de fin et le rappel. Bruno Pelletier a fait chanter au public de Wilfrid Pelletier le refrain emblématique de la chanson Le temps des cathédrales. C’était un départ parfait et une bonne façon de compenser la faiblesse de la fin de l’œuvre.

Bémols :

Si la danse et les acrobaties ont été la partie la plus forte du spectacle, elles ont également été gênantes dans les moments intimes.  La danse constante frôlait le burlesque dans des moments comme la mort d’Esmeralda, et dans la chanson Déchiré. Quelque chose de plus sobre aurait mieux mis en valeur ce moment.

De plus, nous nous sommes demandé pourquoi, s’ils avaient le budget pour se payer un grand groupe de danseurs et des décors coûteux, ne pouvaient-ils pas engager de vrais musiciens et choristes pour interpréter la musique en direct. Au lieu de cela, ils ont opté (comme la plupart des comédies musicales de nos jours) pour l’utilisation d’une piste d’accompagnement. Musicalement, c’est l’équivalent d’un karaoké glamourisé. Cela dérobe des emplois aux musiciens, manque de sens organique, déçoit les spectateurs et déprime les chanteurs qui ne peuvent pas se produire plus librement.

Crédit: Courtoisie

Cela aurait été une excellente occasion pour l’équipe d’écriture de revoir les arrangements et même de faire quelques coupes. Certaines des paroles des chansons paraissent simplistes, surtout à force de chercher la rime pauvre à tout prix. Des chansons comme Dieu que le monde est injuste manquent de substance et ne sont tout simplement pas d’une qualité suffisante pour avoir une place dans un spectacle par ailleurs de grande qualité.

La jeune chanteuse Emma Lépine (qui n’était même pas née lors de la première du spectacle) s’est peut-être engagée trop rapidement dans une production qui est d’une pointure trop élevée pour son niveau actuel. Elle manque clairement d’expérience et a présenté une caractérisation non polie de Fleur-de-Lys. Cela dit, elle a un beau son fluté sur les notes supérieures qui mérite d’être développé davantage.

J’y vais ou je n’y vais pas ?

Allez le voir… Si vous recherchez un divertissement rapide et de grandes voix pop.

Restez chez vous… Si vous recherchez une œuvre d’art profonde, discrète et qui vous marquera à vie.

Évaluation 80/100

Il reste quelques représentations à Montréal à la Place des arts, Salle Wilfrid Pelletier les 18, 19, 20 à 20h, et 21 août. Par la suite, le spectacle sera en tournée au Québec avec des présentations en septembre à Trois-Rivières (Amphithéâtre Cogeco), à Sherbrooke (Salle Maurice O’Bready) et à Québec (Grand Théâtre de Québec).

Billets pour Montréal : https://placedesarts.com/event/notre-dame-de-paris

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