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Alpha Classics3.5
Les divas d’Offenbach.
Véronique Gens, soprano ; Chœur et orchestre national des Pays de la Loire, Hervé Niquet, chef
Alpha Classics en collaboration avec le Palazzetto Bru Zane, 2025
On a vu quelques fois des chanteuses sérieuses se tourner vers un répertoire plus léger la maturité venue. Jacques Offenbach a souvent bénéficié de ces revirements, dans des intégrales de ses œuvres mettant en vedette Régine Crespin ou encore les disques d’extraits de Frederica von Stade ou Anne Sofie von Otter. Bien connue pour ses rôles baroques et mozartiens, la soprano Véronique Gens se risque à son tour, mais on doit dire que le résultat, malheureusement, est décevant.
Ce qui frappe en premier à l’écoute de ces plages, c’est l’absence d’humour, de ce sourire dans la voix qu’on sent toujours chez ses devancières. Il semble aussi que le timbre de Véronique Gens, à ce stade de sa carrière, a perdu de son éclat et se montre avare en couleurs. Dans les rôles qui demandent des graves ronds et chaleureux (dont ceux créés par Hortense Schneider, comme La belle Hélène ou La grande duchesse de Gérolstein), la soprano française fait entendre des sons éteints. Elle conserve ici la diction impeccable qui constitue sa marque de commerce, mais elle s’amuse peu avec le texte (et elle commet une faute de liaison très surprenante dans le récitatif qui précède des couplets de La diva : « J’ai fait z’un rêve… »).
Raretés d’Offenbach
C’est dommage, car l’enregistrement propose de belles raretés, soit des œuvres dont il n’existe aucune intégrale (La boulangère a des écus, Dragonnette, Boule de neige) ou des airs alternatifs d’opérettes bien connues destinés à faire briller une nouvelle interprète. On attendait beaucoup aussi d’Hervé Niquet, chef dont l’énergie débordante semble idéale pour la musique d’Offenbach. Hélas, il se montre souvent peu subtil et impose des tempos trop métronomiques, là où il faudrait de la souplesse.
C’est flagrant dans les deux extraits de Robinson Crusoë : le magnifique entracte symphonique de l’acte II manque de grandeur et de lyrisme, tandis que la délicate berceuse de Vendredi, bousculée, se retrouve privée d’abandon et d’émotion… Même le livret d’accompagnement laisse à désirer.
Le mot d’introduction d’Alexandre Dratwicki est brillant, comme toujours, mais ensuite on n’a droit à aucune mise en contexte des œuvres, il faut fouiller sur internet pour trouver de l’information sur des titres obscurs comme Valéria ou Le roman comique. Enfin, on ne voit nulle part les noms des librettistes – et il y a quand même quelques grands créateurs parmi eux, dont Meilhac et Halévy, Sardou, Crémieux…
Néanmoins, les inconditionnels de Véronique Gens voudront écouter leur idole dans cette escapade hors de ses sentiers battus, tandis que les amoureux d’Offenbach seront curieux d’entendre de la musique inédite… Bien qu’imparfait, l’enregistrement conserve donc un certain intérêt.
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