L’hebdo Lebrecht | Isabella Leonarda – A portrait (Brilliant Classics)

0
Advertisement / Publicité

This page is also available in / Cette page est également disponible en: English (Anglais)

80%
80%
  • Brilliant Classics
    4
  • User Ratings (0 Votes)
    0

Dans la recherche inépuisable des femmes qui ont marqué l’histoire, Isabella Leonarda (1620-1704) a émergé des brumes de Novare comme la compositrice la plus prolifique du 17e siècle. Éclipsée par Allegri, Albinoni et Corelli, Leonarda était une religieuse ursuline qui dédiait chacune de ses œuvres à la Vierge Marie − ainsi qu’à tel ou tel homme riche qui payait pour les faire imprimer. Elle est entrée au couvent à l’âge de 16 ans et y est restée jusqu’à sa mort à 83 ans, laissant plus de 200 partitions exécutables, principalement vocales et chorales. La dernière, pour voix et violon, est parue alors qu’elle avait 80 ans.

Ne vous fiez cependant pas aux apparences. Leonarda n’était pas une sœur cloîtrée ni une femme retirée du monde. En tant que membre d’un ordre enseignant, elle se déplaçait dans tout le nord de l’Italie et avait des liens familiaux avec certaines des maisons les plus riches. Cela peut aider à comprendre comment elle a pu composer librement à une époque où l’église ne cessait de réprimer l’innovation et les femmes. Malgré cela, trois décennies stériles au milieu de sa vie demeurent obscures. Au cours de sa carrière au couvent, elle est devenue Consigliera et était clairement une force de la nature.

Advertisement / Publicité

Ces enregistrements de la Capella Artemisia de Candace Smith ne prétendent pas être des premières mondiales, mais ce sont certainement les premières œuvres d’Isabella Leonarda que je découvre, et je suis très heureux de l’avoir fait.

Au milieu de tous ces glorias et salves ou glorias et dixits, on entend le son indubitable d’une musicienne créative qui s’amuse comme une folle. Ses solos de soprano dans O flammae auraient tout aussi bien pu être des arias d’amour dans un opéra de Monteverdi, et ses solos de violon sont bien à la hauteur de ceux de Corelli, qui était le meilleur de son temps. Tous les quatuors vocaux de Leonarda sont écrits pour des voix mixtes masculines et féminines, ce qui nous amène à nous demander ce qui se passait à la nuit tombée au couvent de San Orsolo de Navarre. Quoi qu’il en soit, Isabella Leonarda exige l’attention de tout mélomane sérieux. Elle est fraîche, parfois originale et stimulante. Il est remarquable qu’un label économique comme Brilliant soit le premier à voir sa lumière.

 

NL

This page is also available in / Cette page est également disponible en: English (Anglais)

Partager:

A propos de l'auteur

Norman Lebrecht is a prolific writer on music and cultural affairs. His blog, Slipped Disc, is one of the most popular sites for cultural news. He presents The Lebrecht Interview on BBC Radio 3 and is a contributor to several publications, including the Wall Street Journal and The Standpoint. Visit every Friday for his weekly CD review // Norman Lebrecht est un rédacteur prolifique couvrant les événements musicaux et Slipped Disc, est un des plus populaires sites de nouvelles culturelles. Il anime The Lebrecht Interview sur la BBC Radio 3 et collabore à plusieurs publications, dont The Wall Street Journal et The Standpoint. Vous pouvez lire ses critiques de disques chaque vendredi.

Laissez une réponse

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.