César Franck : Symphonie en ré mineur; Variations symphoniques (Pentatone)

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Déterminé à ne critiquer que les œuvres modernes jusqu’à ce que la pandémie ne soit passée, j’ai frappé un mur de briques cette semaine avec une paire de concertos pour piano du milieu du 20e siècle sur une étiquette respectée, qui étaient dirigés si mollement que je ne pouvais m’empêcher de maudire les cieux. Serait-ce un signe que quelqu’un là-haut veut que je renonce à critiquer les parutions modernes ? Si c’est le cas, message reçu, merci. Mais plus de mauvais chef, s’il vous plaît.

Heureusement (et croyez-moi, je suis heureux en ce moment), tout près se tenait une œuvre que je n’ai pas entendu en direct depuis que mon enfance et qui passait à la radio tout le temps. La Symphonie en ré majeur de Franck a été qualifiée par Furtwängler, Klemperer, Karajan et le reste des Allemands comme la plus belle, sinon la seule, symphonie francophone dans un domaine musical limité. Ils l’ont tous dirigée, et de manière si convaincante que, la rare fois où j’ai entendu une interprétation récente, elle semblait anémique en comparaison.

Eh bien, me voilà sous le choc : l’enregistrement de Gustavo Gimeno avec la Philharmonie du Luxembourg est aussi rouge que le tartare de steak et aussi riche que la mousse au chocolat avec des extra râpures sur le dessus. On peut sentir dès la phrase d’ouverture que le chef croit vraiment au compositeur et que les musiciens feront ce qu’il faut pour honorer sa ferveur. La grande mélodie du premier mouvement consiste à chanter à haute voix pour énerver les voisins tandis que le solo de cor anglais du deuxième mouvement est aussi accrocheur que tout ce que Dvorak a jamais écrit (oui, même celui-là).

Il s’agit d’un orchestre fabuleux dans un petit pays fictif où la plupart des gens s’abritent pour des raisons fiscales et la plupart des musiciens sont des importations chères. Quoi qu’il en soit, ils jouent cette pièce cinq étoiles de façon sensationnelle. Et cela va encore mieux avec les monologues experts de Denis Kozukhin dans les Variations symphoniques, un autre chef-d’œuvre négligé. L’autre orchestre de Gimeno est un groupe de gendarmes à sang rouge appelé le Toronto Symphony. J’ai hâte de les entendre s’attaquer à Franck.

NL

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A propos de l'auteur

Norman Lebrecht is a prolific writer on music and cultural affairs. His blog, Slipped Disc, is one of the most popular sites for cultural news. He presents The Lebrecht Interview on BBC Radio 3 and is a contributor to several publications, including the Wall Street Journal and The Standpoint. Visit every Friday for his weekly CD review // Norman Lebrecht est un rédacteur prolifique couvrant les événements musicaux et Slipped Disc, est un des plus populaires sites de nouvelles culturelles. Il anime The Lebrecht Interview sur la BBC Radio 3 et collabore à plusieurs publications, dont The Wall Street Journal et The Standpoint. Vous pouvez lire ses critiques de disques chaque vendredi.

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