Album de l’année 2021

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Il n’est jamais facile de choisir un album de l’année. Dans une période pandémique alternant entre confinement et déconfinement, il y a des pressions et des distorsions supplémentaires. Une représentation qui fait des remous une semaine peut sembler éphémère la semaine suivante. Le battage publicitaire fond comme les neiges d’antan. Une couverture accrocheuse n’offre rien à l’oreille.

Cela dit, 2021 a donné lieu à plus d’albums mémorables que je ne peux en compter sur les doigts de deux mains. J’ai donc dressé une longue liste pour mettre le tout en perspective.

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1 Mythologies d’Anna Clyne… une promenade aimable du côté d’un compositeur merveilleusement intéressant (Avie).
2 Miaskovski et Prokofiev de Vasily Petrenko − pour ceux qui ne comprennent pas Stravinski (LAWO)
3 Le Matthias Goerne à écoute lente (DG)
4 La cadence d’Alfred Schnittke dans le concerto pour violon de Beethoven (BIS)
5 L’album nostalgique du Pacte de Varsovie (Linn)
6 Les excellents quatuor du Brexit (Onyx)
7 Autour de minuit avec le Quatuor Ébène (Erato)
8 Le premier d’Emily D’Angelo (DG)

J’ai maintenant réduit la sélection à trois.

  • La nouvelle collaboration entre le baryton allemand Matthias Goerne et le pianiste coréen Seong-Jin Cho sur Deutsche Grammophon nous coupera encore le souffle dans dix ans. Interprétant des lieder de salon de Richard Wagner, Hans Pfitzner et Richard Strauss, le duo nous emmène dans des royaumes inimaginables de fantaisie et d’épanouissement. Un concurrent majeur pour l’album de la décennie.
  • La mezzo canadienne Emily D’Angelo a sorti les plus audacieux des premiers albums depuis des années − des chansons de femmes, dont beaucoup sont jeunes et vivantes (DG). C’est une musique passerelle d’un très haut niveau. Ce fut l’année la plus difficile dont je me souvienne pour les quatuors à cordes, avec trois ensembles de premier plan ayant rendu l’âme et d’autres se préoccupant de savoir comment reconstruire leur lien avec un public confiné à la maison.
  • Pour la beauté pure et la prise de décision courageuse, le Quatuor Ébène (Erato) coupe le sifflet au reste du peloton. Fraîchement sortis d’une tournée Beethoven autour du monde, ils ont repris une paire de nocturnes modernes de Schoenberg et Dutilleux, les plaçant dans un nouveau décor de chansons de boîtes de nuit, débouchant sur Moon River en toute aisance. Grisant? Exactement ce que l’expert en pandémie a commandé. Par la plus infime des marges, je déclare Round Midnight du Quatuor Ébène mon album de l’année.

NL

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A propos de l'auteur

Norman Lebrecht is a prolific writer on music and cultural affairs. His blog, Slipped Disc, is one of the most popular sites for cultural news. He presents The Lebrecht Interview on BBC Radio 3 and is a contributor to several publications, including the Wall Street Journal and The Standpoint. Visit every Friday for his weekly CD review // Norman Lebrecht est un rédacteur prolifique couvrant les événements musicaux et Slipped Disc, est un des plus populaires sites de nouvelles culturelles. Il anime The Lebrecht Interview sur la BBC Radio 3 et collabore à plusieurs publications, dont The Wall Street Journal et The Standpoint. Vous pouvez lire ses critiques de disques chaque vendredi.

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