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Le Festival international Présence autochtone (FIPA) soulignera cet été le 325e anniversaire de la signature de la Grande Paix de Montréal, qui mit un terme à un siècle de guerres entre les Iroquois, d’un côté, et les Français et leurs alliés autochtones, de l’autre.
Avant que le traité soit signé en 1701, Montréal était une bourgade emmurée à l’avenir incertain. La Grande Paix a permis au commerce de s’y développer. Elle en a fait un important carrefour pour la traite des fourrures, avec la collaboration des nations qui, en ce temps-là, étaient encore en pleine possession de leurs territoires.
Cet événement a été fondateur pour la métropole, mais aussi pour toute l’Amérique du Nord. En effet, grâce à la signature de quelque 1300 émissaires de 39 nations autochtones venues des Grands Lacs et de la vallée du Saint-Laurent, monsieur de Cadillac a pu établir un comptoir à Détroit dans une zone pacifiée.
Le directeur du FIPA, André Dudemaine, qui a présidé à la Corporation des Fêtes de la Grande Paix de Montréal en 2001, note que ce traité était toutefois peu mentionné dans l’enseignement de l’histoire au Québec. Il salue le travail de l’ancien maire de Montréal, Pierre Bourque (1994-2001). Ce dernier a ouvert la voie à la première commémoration de cet événement historique, dont la mise en œuvre a néanmoins été ardue.
Décoloniser l’histoire officielle
Les Fêtes de la Grande Paix de Montréal, organisées en 2001, étaient une remémoration qui a ouvert les esprits sur le rôle historique des Premières Nations et en partie façonné l’image qu’on en a maintenant. Il faut donc souligner les 25 ans de cette commémoration et le chemin parcouru.
La Grande Paix de 1701 démontre que les Premières Nations n’étaient pas dépendantes des progrès de la colonisation, mais qu’au contraire, elles ont joué un rôle historique et culturel important. Cette vision date du XIXe siècle, à l’époque où les territoires autochtones étaient convoités. C’est là qu’un autre récit a commencé à émerger, selon lequel les nations autochtones étaient des victimes et que l’histoire était en train de s’écrire sans elles. Aujourd’hui, en rétablissant leur rôle véritable, on fait œuvre de décolonisation et réaffirme comment, historiquement, les Premiers Peuples étaient et sont toujours des nations souveraines.
Respect et compréhension
Le message de la Grande Paix est universel, ancré dans l’actualité. Les armes de guerre ont été enfouies sous un grand pin blanc, déraciné pour l’occasion puis replanté. On dit que les racines de cet arbre affleurent au sol pour que tous les peuples puissent trouver le chemin de la paix.

Richard Desjardins. Photo : Alain Roberge
Chez les Premières Nations, le pin est une image sémiotique, agissante. Le FIPA a œuvré pour qu’il soit la représentation graphique de l’héritage autochtone sur le drapeau de la Ville de Montréal. L’arbre est enfin apparu en 2017 où il devait être, comme s’il avait poussé au milieu. Cet ajout au drapeau rappelle qu’il faut dépasser les moments tragiques pour arriver à la concorde.
Un collectif d’artistes se réunira dans cet esprit pacifiste et humaniste autour du concert-événement commémoratif Ici fut planté l’arbre de paix, qui aura lieu au Théâtre Outremont (14 août). Le spectacle de clôture du FIPA réunira musique, chanson et poésie dans un même élan de création et de dialogue des cultures entre les Premières Nations et la société québécoise. Alexandre Éthier, allié de longue date à la cause autochtone et au FIPA, en est le directeur artistique.

Élise Turcotte. Photo : Justine Latour
L’événement commémoratif Ici fut planté l’arbre de paix est une célébration de l’amitié, de la collaboration. Il invite le public à partager un moment d’écoute et d’harmonie, pour ouvrir un espace de respect et de compréhension. Le festival présentera l’ensemble de guitares Forestare, la poète innue Joséphine Bacon, lauréate du prix Dude 2026, le légendaire Richard Desjardins, l’artiste pluridisciplinaire atikamekw Jacques Newashish, l’autrice-compositrice wendat Andrée Lévesque Sioui, la soprano québécoise Marianne Lambert, l’auteur Éric Dupont et l’écrivaine québécoise Élise Turcotte.
Le FIPA présente aussi le producteur mohawk et génie créatif derrière A Tribe Called Red, Shub, parrain du powwow-step. Il vient de lancer le second volume de son projet Heritage et revient avec un spectacle inédit qui se tiendra à la place des Festivals, le 7 août. Le rappeur et artiste néo-zélandais d’origine maorie Rei (Callum McDougall) sera accompagné d’interprètes qui exécuteront des hakas (Ngāti Raukawa, Ngāti Huia, Ngāti Pākeha). Il cumule plus de 10 millions d’écoutes sur Spotify. Ce sera encore à la place des Festivals, le 8 août.
Le Festival international présence autochtone se déroulera du 4 au 14 août. www.presenceautochtone.ca
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