Le célèbre cinéaste canadien Atom Egoyan met en scène Jenůfa, l’opéra signature de Janáček. Marie-Adeline Henry y est remarquable et les chanteurs ont de la prestance. À la Salle Wilfrid-Pelletier, du 22 – 30 novembre 2025 operademontreal.com
Jenůfa, l’œuvre qui a fait la réputation de Leoš Janáček, a déjà été présentée à Montréal en 1967 puis en 1997. La coproduction du Pacific Opera Victoria et de l’Opéra de Montréal, qui était programmée en 2020 mais avait dû être reportée pour cause de pandémie, s’est installée à la Salle Wilfrid-Pelletier pour trois représentations dont une matinale (le 30 novembre à 14 h).
L’opéra Jenůfa a été composé au début du XXe siècle, inspiré par un drame réaliste de Gabriela Preissová (Sa belle-fille, 1890) – une histoire d’infanticide, de honte et de remords campée dans la campagne morave, comme on appelait autrefois la région d’Europe centrale qui forme aujourd’hui la partie orientale de la Tchéquie.
Dans un village isolé et très traditionnel, la vaillante Jenůfa fait l’orgueil de Kostelnička, sa mère adoptive. Laca est follement amoureux de la jolie jeune fille. Mais Jenůfa ne pense qu’à l’inconséquent Števa, un beau blond à qui elle s’est déjà donnée et dont elle porte secrètement l’enfant.

Jenůfa (Marie-Adeline Henry) et sa mère adoptive ( Katarina Karnéus) Photo: Vivien Gaumand
Amour, honneur et sacrifice
Une œuvre accessible
Janáček a pris neuf ans pour écrire Jenůfa et c’est certainement le premier opéra à déployer aussi clairement les idées du compositeur (inflexions de la voix parlée données à la musique et emploi des harmonies tonales sans les règles d’enchaînement). Il a d’abord saisi les similarités structurelles entre la musique et la chanson du langage parlé. Janáček s’est ensuite intéressé aux mélodies populaires (il a été secrétaire du département moravien des études folkloriques de Prague) puis aux écrits sur l’acoustique du physicien Helmotz. Ceux-ci démontrent qu’un accord se superpose à la résonance du précédent, et libèrent le compositeur de la dissonance des traitements obligés par les traités d’harmonie conventionnels.

Le dernier tableau de Jenůfa est une réussite complète. Photo: Vivien Gaumand
Jenůfa (en tchèque, avec sous-titres français et anglais) est l’occasion d’entendre un compositeur rarement présenté au Québec. Ne manquez pas les dernières représentations et mettez à votre agenda Clown(s), la création à venir de la fable musicale d’Ana Sokolović, une compositrice montréalaise qui s’inspire des univers de Sand, Fellini, Chaplin et Keaton operademontreal.com