C’est un retour aux sources attendu pour la fine équipe puisque Christian Bégin, Marie Charlebois, Pier Paquette et Isabelle Vincent remontent ensemble sur scène pour la première fois depuis 2016. Les quatre comédiens retrouvent Pierre-Michel Tremblay, co-fondateur des Éternels Pigistes et auteur des premiers succès de la troupe culte (Quelques humains, Le rire de la mer et le fameux Mille feuilles).

Les comédiens dans le décor vert turquoise d’Olivia Pia-Audet. Crédit photo Cassandra Beck
Qui suis-je? Où vais-je? Flambant nue questionne notre place dans l’univers. Cette quête de sens est renforcée par les récentes avancées scientifiques, notamment par la fascinante théorie des univers multiples ou univers-bulles séparés qui postule que notre monde n’est qu’un fragment d’une globalité cosmique plus vaste, une mosaïque de galaxies potentiellement très différentes, chacune régissant ses propres lois et son propre déroulement. L’auteur s’amuse de ce concept avant de parodier des réalités parallèles bien terrestres.
Un sketch caricature en effet un groupe d’environnementalistes révolutionnaires, un autre des libertariens en bisbille. La saynète où les quatre comédiens, équipés de casques de réalité virtuelle, évoluent avec un jeu très physique est particulièrement réussie et tout à fait d’actualité. Entre les tableaux, le spectateur assiste à des séances de thérapie auxquelles chacun des protagonistes se livre, dans le bureau d’un psychologue invisible. Les sujets qui sont abordés de façon intimiste rejaillissent dans les numéros qui suivent, sur un mode souvent décalé.

Flambant nue fonctionne et comble le public. Crédit photo Cassandra Beck
La mise en scène de Cédrik Lapratte-Roy fait mouche. L’homme qui est lui aussi comédien (il a notamment été des trois dernières saisons de Like Moi) dirige la compagnie La moindre des choses. Il détourne l’absurde et la philosophie dans sa pratique théâtrale et était la personne toute indiquée pour monter le texte de Pierre-Michel Tremblay. Le décor, tendu de velours vert turquoise (Olivia Pia-Audet), est utilisé à pleine capacité et les comédiens y sont incontestablement mis en valeur.
Le spectacle se termine par une question sur le vieillissement – qui restera bien sûr sans réponse. Même si la pièce est un peu inégale, Flambant nue fonctionne et le public sort du spectacle très satisfait.
Après avoir été présentée au Gésu du 21 au 25 octobre, la pièce Flambant nue sera reprise au Grand Théâtre le 10 décembre, à nouveau au Gésu les 5, 6 et 7 février 2026 et enfin en tournée au Québec en 2026. Toutes les détails sur le eternelspigistes.com.
