This page is also available in / Cette page est également disponible en:
English (Anglais)
L’année 2026 débute sur les chapeaux de roues pour les cinéphiles et mélomanes. Dans notre dernière chronique, nous vous parlions d’une minisérie télévisée consacrée à Mozart, d’après la pièce Amadeus de Peter Schaffer. La série de cinq épisodes est diffusée sur la plateforme STACKTV depuis le 5 janvier. Quelques jours plus tard, le film très attendu The Choral, mettant en vedette Ralph Fiennes dans le rôle d’un chef de chœur, est sorti dans quelques cinémas, dont le Cinéplex Forum. Deux diffusions majeures, et beaucoup de choses à dire… sans trop en dire non plus pour ne pas vous gâcher la surprise !
Amadeus, nouvelle version
Rassurez-vous, il ne faut pas avoir vu le film de 1984 de Miloš Forman pour apprécier la nouvelle adaptation signée Joe Barton. Cela dit, celles et ceux qui l’ont déjà vu auront un plaisir décuplé à redécouvrir les personnages, l’intrigue fantaisiste et, surtout, à comparer les deux versions.
Disons-le tout de suite, Paul Bettany est d’une justesse terrifiante dans le rôle de Salieri. Il donne au rival de Mozart une dimension bien plus maléfique et sadique que ce que Murray Abraham avait proposé en 1984. Rory Kinnear offre quant à lui le visage d’un empereur charismatique, inspirant, bienveillant envers ses subalternes, tout en ayant une vraie autorité de chef d’État et de chef des armées.
C’est certainement la version de Joseph II que l’on préfère. Les 5 épisodes permettent d’approfondir ce volet politique, mais il faut aussi reconnaître que le rôle est bien mieux écrit que chez Forman. Viennent ensuite Gabrielle Creevy (Constance) et Jonathan Aris (Leopold), fidèles au souvenir et à l’image que l’on peut avoir de leurs personnages respectifs. Toutefois, certaines scènes grossissent un peu trop le trait sur la relation conflictuelle entre Mozart et son père ou encore entre Mozart et Salieri. La subtilité aurait été de meilleur goût !
William Sharpe est certes moins caricatural que Tom Hulce en Mozart, ce qui le rend ainsi plus proche de nous et de nos préoccupations du quotidien, mais c’est bien là tout le problème : Mozart est par
définition hors norme, l’incarnation même du génie humain. Or, il n’y a rien de vraiment génial dans ce que l’on peut percevoir du caractère de ce Mozart-ci.
Toutefois, la première exécution publique de la Grande messe en do mineur, avec Mozart à la baguette et Constance à ses côtés pour chanter la partie de soliste, constitue l’une des séquences les plus marquantes et émouvantes de la série.
The Choral

Ralph Fiennes dans “The-Choral” de Nicholas Hytner
Photo: Courtoisie de Sony Pictures Classics
Sorti dans les salles le 9 janvier dernier, The Choral explore lui aussi un sujet profondément musical. Contrairement aux acteurs jouant Mozart et Salieri, on sent chez Ralph Fiennes une réelle aptitude à diriger un orchestre, un chœur ou une production au grand complet. La vedette britannique, que l’on connaît pour ses rôles dans Le Patient anglais, Le Conclave ou encore la saga d’Harry Potter, se met naturellement dans la peau d’un chef de chœur, capable de dire distinctement ce qui va et ce qui ne va pas au cours d’une répétition. Mais il n’est pas plus la vedette du film que Roger Allam, directeur de la société chorale sur le déclin, Amara Okereke, choriste à la voix d’ange, et Jacob Dudman, soldat amputé de la Première Guerre mondiale qui s’avère être un ténor d’exception.
Nous sommes dans une ville du Yorkshire, quelques mois avant la fin des conflits qui ont décimé toute l’Europe. Enrôlés dans l’armée, certains reviennent du front transformés à tout jamais quand d’autres quittent leurs conjointes ou leurs familles, pensant ne plus jamais les revoir. La plupart recherchent tant bien que mal de la chaleur humaine, de la proximité, mais il y a aussi ceux qui, au contraire, repoussent les autres pour se protéger eux-mêmes de l’horreur de la guerre. Le film parvient à traiter du sujet avec une infinie dignité, tout en étant très imprégné de musique et de culture musicale. On le doit bien sûr au réalisateur Nicholas Hytner, au scénariste Alan Bennett ainsi qu’au directeur de la photographie Mike Eley. En effet, la composition des plans est très esthétique. Elle donne à admirer la beauté du monde qui nous entoure, rendant ainsi un hommage subliminal aux célèbres peintres paysagistes d’Angleterre (John Constable, John Crome…) et capte de manière souvent puissante le drame qui est en train de se jouer.
Plusieurs scènes du film sont de véritables tableaux vivants. L’œuvre phare qui anime le chef et ses choristes, répétition après répétition, n’est autre que l’oratorio d’Elgar The Dream of Gerontius. Une plongée dans l’univers sonore du compositeur qui rappelle la musique de Gabriel Fauré, côté francophone, et qui culmine en un concert avec mise en scène sur le thème de la Grande Guerre.
Si vous avez déjà chanté dans un chœur, ce film est pour vous !
La minisérie Amadeus est diffusée sur la plateforme STACKTV via Amazon Prime Video ou les services de diffusion Rogers Xfinity, Fubo et Bell Télé Fibe.
This page is also available in / Cette page est également disponible en:
English (Anglais)
