Critique: le nouveau Trio Fibonacci est arrivé

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L’ovation reçue par le Trio Fibonacci pour son dernier concert de l’année à la salle Bourgie est à la mesure de la prestation que la violoniste Julie-Anne Derome, le violoncelliste Gabriel Prynn et la pianiste Meagan Milatz ont livrée. Les deux premiers sont des membres fondateurs de l’ensemble et produisent des concerts depuis maintenant plus de 23 ans.

C’est peu dire que leur entente est réglée comme du papier à musique. Avec Meagan Milatz, nouvelle recrue, l’entente a pu connaître d’autres sommets. Pour sa grande première en concert avec ses deux partenaires, la jeune pianiste a eu l’air de faire partie de ce trio depuis toujours tant la communication entre eux semblait fluide et les automatismes, déjà bien intégrés.

Au programme de son concert du 4 décembre, le trio Fibonacci interprétait deux œuvres phares de Schubert, composées chacune l’année avant la mort du compositeur en 1828. D’abord le Notturno, D. 897, et le Trio no 2, D. 929, célèbre notamment pour son deuxième mouvement qui a souvent été repris au cinéma.

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Dès les premières notes du Notturno, on a senti chez les musiciens un souci de la perfection, une recherche d’excellence qui fait en sorte que les lignes mélodiques du violon et du violoncelle, dans ce cas-ci, résonnent avec la même intensité et la même vibration. La proximité des voix de chaque instrument, soutenue par des arpèges au piano, donne à ce morceau une atmosphère sereine et paisible qui a été merveilleusement bien rendue sur scène.

Les musiciens ont poursuivi dans la même veine grâce au premier mouvement du Trio no 2 de Schubert. Ici, le dialogue rapproché entre les deux instruments à cordes faisait plutôt penser à une danse langoureuse où les pas de l’un se mêlent à ceux de l’autre pour ne former qu’un tout. Dans les mouvements suivants, toutefois, le violoncelle semblait dominer par sa présence et son volume, le violon se mettant davantage en retrait. Tout en fluidité et sobriété, c’est Gabriel Prynn qui a le mieux fait ressortir le thème principal. L’explication à cela serait à trouver du côté de Schubert et de son écriture qui donne ici la primauté à cet instrument. Le quatrième et dernier mouvement a vu briller également la pianiste dans plusieurs passages extrêmement rapides et virtuoses. Peu d’interprètes auraient pu surmonter ces difficultés avec autant de précision et d’articulation que Meagan Milatz. On a déjà hâte au prochain concert du Trio Fibonacci, le 8 avril 2022, pour voir comment cette entente précoce peut mener les musiciens encore plus loin.

www.triofibonacci.com

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A propos de l'auteur

Justin Bernard est détenteur d’un doctorat en musique de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la médiation musicale, notamment par le biais des nouveaux outils numériques, ainsi que sur la relation entre opéra et cinéma. Membre de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM), il a réalisé une série de capsules vidéo éducatives pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Justin Bernard est également l’auteur de notes de programme pour le compte de la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke. Par ailleurs, il anime une émission d’opéra et une chronique musicale à Radio VM (91,3 FM).

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