Critique de concert: Stradivarius BaROCK Symphonique

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Orchestre symphonique de Longueuil
Alexandre Da Costa, chef et soliste; 
Bruno Pelletier et La Bronze, artistes invités
Théâtre Plaza de Montréal
12 mars 2021

Le 12 mars dernier, l’OSDL mettait en ligne son concert Stradivarius BaROCK symphonique, avec la ­participation du violoniste Alexandre Da Costa en tant que chef et soliste. Mais contrairement à la plupart des concerts virtuels que nous avons eu l’occasion de visionner, il ne s’agissait pas simplement de retransmettre un événement, du point de vue du parterre ou du balcon. Les différents ­segments de cette vidéo nous offraient une tout autre expérience, ­beaucoup plus immersive, qui allait bien au-delà de l’exécution de la musique. L’OSDL avait fait appel à l’animatrice de radio Sonia Benezra. Celle-ci a enchaîné les entrevues avec les solistes, dans une ambiance détendue et conviviale, d’abord avec Alexandre Da Costa, de manière plus fréquente, et, au fil de la soirée, avec les deux artistes invités, le célèbre chanteur Bruno Pelletier, qui s’est illustré dans l’Ave Maria de Caccini, et l’auteure-compositrice-interprète La Bronze. Ainsi, le concert alternait entre brefs échanges, conversations plus approfondies et prestations ­musicales. L’OSDL a trouvé ici une formule bien plus élaborée et adaptée au contexte actuel que celle des concerts filmés.

Un programme atypique

Avez-vous déjà entendu Vivaldi, Bach et Pachelbel en version rock, aux pulsations de la batterie ? Pour celles et ceux qui font régulièrement le tour des réseaux sociaux et de YouTube, la réponse est oui. Les vidéos de ce genre ne manquent pas, comme en témoignent les YouTubeurs Mozart Heroes (388 000 abonnés) et Tempus Quartet (41 000 abonnés). La ­nouveauté tient plutôt au fait que ce soit un orchestre bien établi au Québec qui opte pour ce mélange classique-pop. L’OSDL demeurait toutefois ­prudent. Pas de grands solos ou de grandes envolées à la batterie, juste une simple touche « rock », peu perceptible la plupart du temps. Idem pour les sonorités jazz. Autrement dit, les arrangements, écrits en grande partie par le contrebassiste Éric Lagacé, restaient assez fidèles à l’original. Les ­amateurs de sons rock ont toutefois pu trouver leur bonheur dans un arrangement très percussif du Canon de Pachelbel.

Que ce soit dans les moments rock ou plus classiques, Alexandre Da Costa était pleinement investi dans son rôle de chef et de soliste. L’intensité était au rendez-vous, mais il manquait parfois d’émotion. Dans la célèbre Chaconne de Bach, par exemple, on aurait aimé voir le violoniste jouer sur les nuances et aborder la musique de manière plus intime, à un tempo plus lent. Parmi les autres faits marquants, ­mentionnons la chanson et le texte de La Bronze, chanté sur la musique de La Passion selon saint Mathieu. C’est notre coup de cœur. En cet ­instant, on a senti une vraie osmose entre le classique et la pop, une imbrication étroite entre tradition et création artistique qui, on l’espère, donnera envie à d’autres musiciens pop de franchir le pas et de puiser dans le répertoire de la musique classique.

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