Le CAM a 60 ans

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«Pour innover, il faut avoir les moyens  de prendre des risques»

Le Conseil des arts de Montréal fête son 60e anniversaire. À cette occasion, La Scena Musicale vous propose un tour d’horizon des moments forts de l’histoire de cette institution, de ses apports au paysage artistique montréalais et des perspectives de son développement, avec son président Jan-Fryderyk Pleszczynski.


Quels moments ont marqué un tournant dans l’évolution du Conseil des arts de Montréal ?

Un des moments forts est assurément le 18 avril 1956, la date de la création de ce qu’on appelait alors le Conseil des arts de la région métropolitaine de Montréal. L’idée était du maire Jean Drapeau et visait à favoriser le développement des arts à Montréal, qui connaissait à cette époque une grande effervescence artistique. Le nouveau Conseil des arts devait financer les compagnies artistiques du territoire.

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De la fin des années 1980 jusqu’au milieu des années 1990, ce fut une période charnière. Le regretté maire Jean Doré a affecté des fonds importants, à la hauteur des ambitions du CAM, dont le budget est passé de 2,6 à 9 millions de dollars, ce qui nous a permis d’augmenter le nombre d’organismes soutenus de 90 à 207.

Un autre moment fort, à mes yeux, est la première édition du Grand prix du Conseil, le 10 mars 1986. Le Théâtre Sans Fil avait remporté les honneurs pour Le Seigneur des anneaux. C’était le seul événement à Montréal qui réunissait les artistes, les entrepreneurs culturels, le monde municipal et les gens d’affaires. Et c’est toujours le cas aujourd’hui.

La première décennie des années 2000 a été difficile, mais en faisant preuve de créativité, nous avons tout de même réussi à continuer le développement de nos activités. Les programmes mis en place ont permis une plus grande inclusion des artistes de la relève et de la diversité culturelle. Aujourd’hui, la population de Montréal issue de l’immigration frôle les 40 %. Le Conseil est devenu un précurseur de la diversité culturelle, de la relève chez les artistes et des liens arts-affaires. Aussi, nous avons procédé à une révision de notre gouvernance.

Depuis 2014, l’administration du maire Coderre injecte 500 000 $ de plus chaque année. Notre budget atteint actuellement 14 millions de dollars, ce qui nous permet d’accroître nos actions de repérage et d’accompagnement et d’accueillir les collectifs dans nos programmes.

Selon vous, quelles sont les plus importantes réalisations du Conseil ?

Ce qui nous caractérise, c’est notre proximité avec les artistes et les organismes montréalais sur le terrain. La présence de nos employés, dans tout ce que Montréal offre comme expérience artistique, est une force. Ajoutez à cela l’expertise de plus de 80 bénévoles, des artistes, des entrepreneurs culturels qui sont mis à contribution au sein de nos comités de pairs (une façon de faire implantée par ma prédécesseure, Mme Louise Roy). Nous avons une dynamique d’échanges enrichissante qui favorise le brassage d’idées et la pluralité des points de vue. Cela permet de nous ancrer dans la réalité de notre clientèle pour réfléchir adéquatement aux enjeux de la création.

Je dois aussi mentionner le programme Conseil des arts de Montréal en tournée. Depuis plus de 30 ans, des artistes dans diverses disciplines présentent leurs travaux à travers toute l’île de Montréal dans deux réseaux de diffusion. Nous travaillons main dans la main avec les diffuseurs d’Accès Culture et l’Association des diffuseurs culturels de l’île de Montréal. L’impact est important. Les œuvres qui étaient présentées auparavant seulement au centre-ville circulent aujourd’hui dans plus de 150 lieux de diffusion, au grand bonheur des artistes et du public montréalais.

Aussi, le Grand Prix est certainement une belle réalisation du CAM. Cet événement qui présente annuellement les artistes qui ont marqué la scène artistique est bel et bien inscrit dans le paysage montréalais.

Le Conseil, a-t-il les moyens de ses ambitions ? Quelles sont les limites les plus sérieuses à l’atteinte de ses objectifs ?

Le Conseil a présentement un appui extraordinaire de l’Agglomération de Montréal. Notre budget augmente chaque année depuis trois ans dans un contexte difficile. Je suis content de voir que nos élus reconnaissent l’importance des arts pour Montréal. Jusqu’à présent, les actions semblent favorables au principe selon lequel la culture est un moteur économique.

Mais le développement de nos programmes exige encore plus de soutien. Nous avons, somme toute, de petits moyens face à l’ampleur des besoins. Exemples : les grandes productions théâtrales et les grandes installations muséales, qui nécessitent de gros moyens. De même pour les créateurs qui, avec leurs collectifs, explorent de nouvelles formes d’expression. Pour innover, il faut avoir les moyens de prendre des risques. Je crois aussi que la question est de savoir quel est le champ d’intervention où le Conseil se distingue des autres bailleurs de fonds. La réponse est simple : le Conseil est une véritable bougie d’allumage, c’est-à-dire que nous avons un effet de levier pour que les artistes puissent obtenir une aide financière des autres paliers gouvernementaux et du milieu privé. Au-delà des subventions, nous accompagnons les compagnies et les collectifs. Ce qui nécessite beaucoup d’investissement. Et pour reprendre les mots de Dany Laferrière, qui est membre honoraire de notre conseil d’administration, « le Conseil n’est pas seulement une institution qui distribue des subventions aux groupes artistiques, c’est aussi une institution qui stimule la créativité ».

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