Communiqué | Budget culture 2022-2023 : Face à la crise, de l’optimisme dans l’air…

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« On a le sentiment d’avoir été entendus », « des annonces encourageantes », « les cibles prioritaires globalement respectées », « des signaux forts, en attendant les détails… », « réponses plutôt favorables à nos demandes », «Un regain d’espoir qui invite à l’optimisme», « Plutôt satisfaits, en attendant la suite des choses ». Ce sont à titre d’exemples des réactions du milieux artistiques et culturels, à la suite de l’annonce des mesures phares contenues dans le budget du Québec 2022-2023, le quatrième budget du gouvernement caquiste à quelques mois des échéances électorales de novembre prochain.

 

Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications

Jamais les artistes et les travailleurs culturels n’étaient aussi impatients à connaitre les propositions budgétaires du gouvernement pour sauver le secteur dit parent pauvre (depuis toujours) des finances de l’État, gravement impacté par deux années de souffrances à cause des ravages sans précédent de la crise sanitaire. Prudemment, ces premières victimes de la COVID-19 poussent maintenant un petit soupir de soulagement, en constatant que le budget gouvernemental permet une certaine prévisibilité à moyen terme pour les secteurs des arts et de la culture. Ils espèrent, toutefois, que cette bonne volonté gouvernementale donnerait lieu à brèves échéances à des plans d’action plus structurants à long terme.

Chiffres et engagements à court et à moyen terme

Parmi les annonces phares, le gouvernement s’engage à des investissements totalisant 229,5 M$ sur cinq ans, dont 147,6 M$ sont prévus pour 2022-2023. 72,1 M$ pour le prolongement des mesures de soutien à la diffusion de spectacles québécois et pour le Fonds d’urgence pour les artistes et les travailleurs culturels des arts de la scène. 75,5 M$ pour soutenir le développement du secteur culturel dans une perspective de sortie de crise et de retour à la normale. La grande majorité de ces fonds sera gérée par le CALQ (Conseil des arts et lettres du Québec) et la SODEC (Société de développement des entreprises culturelles) : 7,5 M$ pour la promotion de la culture québécoise afin d’inciter les Québécois et Québécoises à renouer avec leurs habitudes de consommation culturelle, d’avant la crise, 2 M$ pour poursuivre le virage numérique de Télé-Québec, 1 M$ pour enrichir la formation offerte par le Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec.
On notera également les bonifications des budgets de sociétés d’État qui, en principe, devraient se traduire une augmentation du soutien aux organismes et entreprises artistiques. Il s’agit notamment du budget du CALQ qui passe de 136,6 M$ à 187 M$, de la SODEC qui passe de 126 M$ à 177 M$ et du Conservatoire de musique et d’art dramatique qui passe de 29 M$ à 30 M$. Pour ce qui est de la philanthropie, le crédit d’impôt pour un premier don important en culture, qui devait prendre fin à l’automne 2022, a été reconduit. Cependant, il y a lieu de noter le soutien modeste apporté à la préservation et à la mise en valeur du patrimoine culturel, qui ne bénéficiera que de quelques 7,4 M$ en 2022-2023, dont 6,5 M$ pour « appuyer le milieu municipal dans la protection et la gestion de son patrimoine immobilier » (10,5 M$ sur 3 ans) et 900 k pour des « interventions d’urgence sur des immeubles patrimoniaux » (2,7 M$ sur 3 ans).

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Ils ont dit….

« Bien que plusieurs précisions soient attendues du ministère de la Culture et des Communications et de ses sociétés d’État, ce budget 2022-2023 répond, en grande partie, aux demandes faites par le milieu des arts de la scène », soutient le Conseil québécois de la musique (CQM). Cet organisme considère que : « La prévisibilité tant réclamé par le milieu pendant la pandémie a été prise en compte et certains investissements se déclinent sur plusieurs années afin de soutenir le milieu culturel jusqu’à une sortie de crise complète. » Le CQM rappelle qu’un soutien accru et le maintien des aides ponctuelles prévues sur plusieurs années permet de mieux planifier la relance du secteur. « Reste maintenant à savoir si ces investissements sur plusieurs années seront maintenus au lendemain des élections de novembre prochain », s’interroge-t-il.
De son côté, le CALQ se réjouit des nouveaux crédits accordés au secteur de la culture et souligne les investissements majeurs, dont l’enveloppe de 78 M$ sur trois ans qui sera destinée aux programmes d’aide financière de ce conseil.

« Par son nouveau budget, le gouvernement du Québec a réaffirmé son appui à la présentation de spectacles d’ici, allouant au CALQ et à la SODEC une enveloppe supplémentaire de 32,5 M$ pour la prolongation de la mesure de soutien à la diffusion de spectacles québécois », note le CALQ.

Il accueille avec beaucoup d’enthousiasme ces sommes qui, selon lui, « permettront non seulement de soutenir les élans du milieu culturel en plein déconfinement, mais de promouvoir les réalisations de ceux et celles qui forgent notre culture et qui la renforcent, et d’appuyer la relève artistique ». Sa présidente-directrice générale, Anne-Marie Jean salue ces « engagements du gouvernement qui témoignent de sa reconnaissance pour la contribution aussi considérable qu’essentielle des artistes, des écrivains et écrivaines, et des organismes artistiques à l’épanouissement de notre société ».

« Des annonces positives pour notre musique »

Selon l’APEM (Association des professionnels de l’édition musicale), le budget comporte « des annonces positives pour notre musique ». Elle souligne notamment les 136,6 M$ annoncés pour les trois prochaines années pour le CALQ et la SODEC. « Notre association se réjouit de l’annonce de ces sommes et souhaite qu’elles viennent bonifier les investissements que fait la SODEC en édition musicale et plus largement dans le secteur de la musique. » L’APEM s’attend à ce que des détails soient annoncés prochainement par la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Roy et salue la reconduction du Réseau des agents de développement culturel numérique (ADN). « Cet investissement important de 5M$ bénéficie à de nombreuses organisations, dont l’APEM et la SPACQ, qui partagent un agent œuvrant au développement culturel numérique », indique cet organisme.
Pour sa part, le réseau SMAQ (Scènes de Musique Alternatives) note les « annonces encourageantes pour les lieux de diffusion alternatifs en musique » et qui « donne de l’espoir à notre réseau, tant fragilisé par la pandémie ». Les SMAQ qui forment une association des salles de spectacles indépendantes, félicitent le gouvernement plus particulièrement d’avoir maintenu les aides spécifiques au spectacle. Et souligne l’investissement annoncé dans le Fonds d’urgence pour les artistes et les travailleurs culturels des arts de la scène. « Nous sommes très optimistes qu’une partie de ces fonds aideront nos lieux de diffusion avec leur coûts opérationnels, qui sont très touché par l’inflation ainsi que la pénurie de main d’œuvre », espèrent les animateurs de ce réseau. Son directeur général Jon Weisz affirme que « les annonces à date suivent nos demandes lors des consultations pré-budgétaires et nous avons hâte d’en apprendre davantage de détails. Nous avions aussi noté lors de cette occasion qu’un investissement dans la relève artistique québécoise devra rester une priorité importante durant une période d’au moins trois ans suivant la réouverture complète des lieux de diffusion. Je suis ravi alors de lire dans le nouveau budget que l’argent allant à la SODEC et au CALQ afin d’offrir un appui additionnel ciblé aux secteurs culturels les plus touchés visera notamment à soutenir davantage la relève artistique ».

Soutien aux festivals et évènements majeurs

« Soulagement et enthousiasme », aussi du côté des organisateurs des festivals et autres évènements culturels et artistiques majeurs. Et c’est le cas du Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI) qui apprécie les mesures contenues dans le budget 2022-2023, lesquelles « permettront dès cette année au secteur d’avoir un financement comparable à 2021-2022, soit environ 35 M$, via le Programme d’aide financière aux festivals et événements touristiques du ministère du Tourisme ». En attendant les détails, le RÉMI se réjouit de « savoir que le gouvernement entend poursuivre le soutien aux festivals et aux événements touristiques à même une enveloppe de 102 M$ sur cinq ans qui servira aussi à consolider l’expertise et la capacité d’intervention des associations touristiques régionales (ATR) et à développer et structurer l’offre touristique régionale par l’entremise des ententes de partenariat régional (EPRT) ». Le Regroupement attend avec impatience de connaitre la répartition de cette enveloppe entre ces trois pôles d’intervention identifiés pour « favoriser un accompagnement adapté aux réalités des régions touristiques et de leurs entreprises ». Cet organisme rappelle que les festivals et événements québécois ont été privés de l’essentiel de leurs revenus autonomes depuis le début de la pandémie et que ces derniers représentent normalement 84 % des revenus des membres du RÉMI, l’association avait demandé d’augmenter le budget du Programme d’aide financière aux festivals et événements touristiques, qui est devenu l’une des seules sources de revenus. Avant la pandémie, le budget du Programme d’aide aux festivals et événements touristiques était d’un peu moins de 25 M$ par année. Le Programme soutient annuellement près de 200 festivals et événements de toutes tailles et dans toutes les régions du Québec. « Nous pouvons entrevoir un retour des festivals et événements, de même qu’un retour de leurs modèles d’affaires traditionnels, mais d’ici là, l’aide des gouvernements demeure essentielle », fait valoir le président-directeur général Martin Roy.
Pour sa part, le regroupement Événements Attractions Québec (ÉAQ) accueille « avec satisfaction les annonces porteuses pour les entreprises et organisations de ses secteurs ». Il indique que les importants investissements de plus de 250 M$ en tourisme et de 258 M$ en culture, permettront de soutenir et propulser la relance touristique et culturelle. « ÉAQ tient particulièrement à célébrer l’investissement additionnel de 15 M$ en soutien aux festivals et événements touristiques pour la prochaine année. Cette bonification aura un impact significatif puisque le budget du Programme d’aide aux festivals et événements touristiques sera maintenu au niveau historique de l’an dernier, ce qui favorisera le soutien nécessaire pour permettre la reprise du secteur. » Et l’organisme d’ajouter : « un soutien récurrent de cette même hauteur est également souhaité pour assurer une pérennité et une stabilité aux organisations du secteur. » François-G. Chevrier, directeur général de ÉAQ estime que  « Le maintien d’une bonification du soutien aux festivals et événements pour la prochaine année est une excellente nouvelle pour les organisateurs qui avaient besoin de ce coup de pouce supplémentaire pour accueillir les festivaliers et participants avec des programmations complètes. Malgré un contexte peu favorable au niveau des revenus autonomes, ce financement permettra de répondre au besoin d’animation des Québécois.es et de remobiliser les équipes et l’expertise. »

 

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