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Le pianiste Étienne Tremblay poursuit actuellement son baccalauréat à l’Université de Montréal auprès d’Henry Kramer et d’André Laplante. Tout en avalant du répertoire, il se prépare à près d’une dizaine de concours cette année ainsi qu’à des participations dans des festivals entre autres engagements. Sa vie est rythmée par les touches noires et blanches. Pourtant, sans le Concours de musique du Canada (CMC), il n’aurait peut-être pas choisi cette voie. Portrait d’un jeune artiste ancré dans son art et d’un concours pas comme les autres…
« C’est grâce au CMC que j’ai pris l’avion la première fois, une année où la finale était à Calgary. J’avais 14 ou 15 ans et je n’avais alors jamais joué à l’extérieur du Québec. Ç’a été une expérience inoubliable. »
Comme Tremblay, des centaines de musicien.nes du Canada ont, au fil des années, pratiqué, joué, voyagé, échangé grâce au CMC, qui regroupe les jeunes talents d’un océan à l’autre dans une formule constructive et bienveillante. Au fil des ans, des attentes et de l’expérience, cette formule s’est adaptée et bonifiée pour permettre aux jeunes de vivre une aventure hors du commun, loin des clichés hostiles dont on affuble parfois les concours.
Tremblay témoigne de cette éclosion de musique qui l’émerveille à l’adolescence à Calgary et le convainc de poursuivre dans cette voie : « C’est la première fois que j’expérimentais un tel niveau de prestation, mais aussi d’échanges entre instrumentistes variés. J’entendais des sonates de flûte ou des concertos pour violoncelle pour la première fois de ma vie. »
Né en 2006, Tremblay a grandi à Sherbrooke, entre les cours de piano à l’école Pianissimo avec Madeleine Tremblay puis Jean-François Longval-Gagné et de violoncelle à l’école Sacré-Cœur. Il ajoute le tuba puis la contrebasse au secondaire, mais c’est bel et bien le piano qui le suit au cégep avec Tristan Longval-Gagné et maintenant à l’Université de Montréal.
Dès l’âge de 7 ans, il participe au Concours de musique du Canada, et réitère son inscription 8 fois dans les années subséquentes. « Je ne le vois pas comme une compétition et je n’ai jamais grandi dans l’idée qu’il fallait gagner. Le CMC est très axé sur l’apprentissage. On apprend beaucoup des autres en les écoutant et le jury nous donne une perspective sur nos morceaux très différente de ce à quoi j’étais habitué. Aussi, à chaque participation, je savais que ce serait une aventure marquée par des échanges et des apprentissages importants. »
Fondé en 1958, le Concours de musique du Canada a soutenu tout au long de son existence des générations de musiciens classiques de haut niveau. Depuis mars 2023, la direction générale est assurée par Carmen Picard, tandis que le directeur artistique n’est autre que le chef d’orchestre Marc David. Après une pause en 2024, le concours a été restructuré pour donner une plus grande importance aux régions. Cela offre des possibilités d’apprentissage accrues aux participants et aux lauréats – participation à des cours de maître, interprétation de concertos avec un orchestre symphonique de leur région, etc.
Malgré un agenda très chargé en cette deuxième année de baccalauréat, Tremblay a choisi de participer une fois de plus au CMC cette année. « Le CMC m’a beaucoup aidé à changer cette vision qu’on a des concours. Un concours est une formidable occasion de jouer devant un public, d’échanger avec un jury et avec d’autres artistes pour perfectionner son art. »
Mais le jeune Sherbrookois ne se prépare plus de la même façon qu’il y a dix ans : « Au secondaire, on se préparait dès septembre pour l’audition en avril-mai. À l’université, la cadence a changé : je me crée un échéancier. Je commence certaines œuvres plusieurs mois d’avance et je les laisse reposer pour en travailler d’autres. Puis, trois semaines avant le concours, je reprends tout le programme pour le travailler à fond. » Peu importe le résultat final, Tremblay est convaincu que cette édition sera encore un terreau fertile pour parfaire un répertoire avec lequel il aime jongler d’une époque à l’autre.
Touchant 65 villes à travers le Canada, rassemblant plus de 200 bénévoles, une trentaine de membres de jurys et distribuant plus de 100 000 $ en prix et bourses, le CMC est un concours d’envergure nationale qui change la vie des jeunes musicien.nes. En attendant l’édition 2026, Tremblay nous invite à découvrir ses choix musicaux du moment : le Premier Concerto de Chopin par Dinu Lipatti, La Valse de Ravel pour deux pianos avec Martha Argerich et Nelson Freire, le Concerto pour piano no 3 de Rachmaninov par Argerich ainsi que la transcription par Rachmaninov de la Partita en mi majeur, BWV 1006 de Bach.
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