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Si la musique des pays slaves évoque spontanément le souffle romantique du XIXe siècle, la treizième édition du Festival Printemps Slaves propose cette année un angle plus ciblé : celui de la Belle Époque. Au tournant du XIXe et du XXe siècle, cette période marque une transformation du langage musical, entre héritage romantique et nouvelles formes d’expression.
« C’était une période extrêmement fructueuse pour les arts, explique la pianiste et directrice artistique, Irina Krasnyanskaya. De nombreux compositeurs ont alors créé des œuvres charnières qui ont façonné le langage musical moderne. » Des figures majeures comme Sergueï Rachmaninov ou Antonín Dvořák illustrent cette effervescence artistique.
Entre influences et résonances
En choisissant ce thème, le festival met en lumière les circulations artistiques propres à cette époque. Des compositeurs comme Rachmaninov, Scriabine et Prokofiev côtoient des œuvres de Debussy et de Ravel, présentées ici à travers des transcriptions réalisées par des musiciens slaves. Une façon de rappeler les liens étroits entre les traditions musicales européennes au tournant du siècle.

Irina Krasnyanskaya. Photo: Natalie Sartisson
Le festival s’ouvrira le 12 mai avec un concert-gala à la Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce. Des musiciens issus de différentes communautés, ukrainienne, russe et québécoise, y participeront. Le lendemain, un projet mêlant musique et cinéma proposera la projection du film muet de 1916 Vie pour vie d’Ievgueni Bauer, accompagnée en direct au piano par Guillaume Martineau.
Les concerts suivants ont lieu au Conservatoire de musique de Montréal : le 27 mai, Irina Krasnyanskaya et Jean-Fabien Schneider présentent Mythes et visions, un programme pour deux pianos consacré aux œuvres de la Belle Époque ; le 30 mai, le violoncelliste Stéphane Tétreault et la pianiste Chloé Dumoulin interpréteront la Sonate pour violoncelle et piano de Rachmaninov, aux côtés d’œuvres de Chostakovitch et Dvořák.
Jazz et médiation
Le festival se conclura le 1er juin avec l’Orchestre Nouvelle Génération et le pianiste montréalais Matt Herskowitz, dans un programme réunissant jazz et musique classique autour de la Rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov.
Chaque concert sera précédé d’une causerie d’environ trente minutes, permettant d’explorer les liens entre les œuvres musicales et d’autres formes d’art, notamment la peinture et la littérature des pays slaves. « La musique reste un langage universel qui peut nous réunir dans un monde souvent divisé », conclut Krasnyanskaya.
Le Festival Printemps Slaves aura lieu du 12 mai au 1er juin 2026. www.printempsslaves.ca
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