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DG2
Certains d’entre nous se souviennent d’une époque où novembre arrivait avec son lot de publicités de maisons de disques, des catalogues glacés qui promettaient le nirvana sous la forme de cycles symphoniques dirigés par d’éminents maestros ou d’enregistrements pour piano par d’indémodables immortels. Oui, c’était au siècle dernier… Tout ce qui nous reste aujourd’hui, c’est une multitude de pianistes éphémères dans des albums conceptuels dont la musique ne semble pas souvent aboutie.
C’est le cas de l’Islandais Vikingur Ólafsson, un homme réfléchi qui aborde de grands thèmes : Debussy et Rameau une année ou les contemporains de Mozart la suivante. Il a passé les deux dernières années à faire le tour du monde avec les Variations Goldberg de Bach pas moins de 88 fois, tout en laissant entendre qu’il s’apprêtait à se lancer dans le Beethoven tardif. L’attente en valait-elle la peine ?
Le résultat est peu inspirant. Ólafsson a inséré la Sonate no 27, opus 90 et la Sonate no 30, opus 109 de Beethoven entre des extraits de Bach et une sonate moins connue de Franz Schubert. L’idée, dit-il, est de ramener Beethoven à une source primitive et de le transmettre aux admirateurs novices. Des deux associations, la Sonate en mi mineur (D566) de Schubert s’intègre assez bien, précédant les productions monumentales de Beethoven d’un effort d’adoration quelque peu hésitant… un lever de rideau nerveux. Schubert émerge des dernières œuvres de Beethoven comme le faire valoir de ce dernier, qui s’en sort indemne.
Les insertions de Bach, cependant, détournent l’attention. Elles ont un côté baroque désagréable, décoratif et pastel, obligeant Ólafsson à atténuer la dynamique de Beethoven. L’opus 90 s’en sort plutôt bien, mais le 109 aurait besoin d’être beaucoup plus puissant que ce que l’Islandais peut offrir. Ce n’est pas un pianiste bruyant; ses ffs sont timides, loin d’être impressionnants. Le finale introspectif de l’opus 109 est vraiment en décalage avec les suites françaises de Bach. Les admirateurs d’Ólafsson auront peut-être un avis différent, mais aucune de ces interprétations de sonates ne trouvera place sur mon étagère.
Traduction : A. Venne
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