This page is also available in / Cette page est également disponible en:
English (Anglais)
-
Nimbus3
Igor Stravinsky était trop égocentrique pour être un bon parent. Il était brutal envers sa première femme, Yekaterina, également sa cousine germaine, l’obligeant à verser une pension mensuelle à sa maîtresse Vera Sudeikina. Ses relations avec ses enfants se sont détériorées au cours de ces humiliations.
Soulima, son troisième enfant, n’a jamais vraiment eu la chance de mener une existence indépendante. Éduqué par Nadia Boulanger, disciple de son père, il a bonifié ses tentatives de devenir compositeur en jouant les morceaux pour piano assez faciles de son père. En 1939, lorsque Igor et Vera s’installèrent aux États-Unis, Soulima s’engagea dans l’armée française. Incapable de gagner sa vie dans l’Europe d’après-guerre, il s’embarqua pour les États-Unis dans le but de renouer avec sa famille. Stravinsky l’aida à trouver un poste à l’université de l’Illinois, où il enseigna jusqu’en 1978. Il mourut dans sa maison de Floride en 1994.
Nous avons ici deux enregistrements remarquables, inédits, que Soulima a réalisés au Pays de Galles en 1975 et 1977. L’un comprend des morceaux pour piano solo de son père. L’autre est constitué de musiques pour enfants composées par Soulima lui-même, inspirées de comptines et de contes de fées. Son jeu est compétent, sans particularité, sans humour. Les morceaux d’Igor sont de petites pièces d’un vieux bloc intimidant et il n’y a rien de l’esprit dont Igor faisait preuve lorsqu’il jouait du piano. Soulima à l’air un peu trop inquiet d’offenser.
Sa propre musique est plus chaleureuse, plus vivante, plus colorée. Il a dû raconter les histoires de Cendrillon et de la Belle au bois dormant à son propre fils lorsqu’il était enfant, et leur adaptation en suites pour piano a un charme particulier. À écouter absolument.
Traduction : A. Venne
This page is also available in / Cette page est également disponible en:
English (Anglais)
