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Comme tous les critiques, j’aime les surprises, et rien ne m’a plus surpris en ce mois de dimanches de Pâques que cette délicate et brillante association de mélodies classiques japonaises et viennoises. Les notes du livret étant avares et essentiellement en japonais, je ne peux que deviner, mais j’attribue le choix des chansons tout comme l’interprétation à Misaki Kobayashi, soprano faisant apparemment partie du chœur de la Radio de Berlin.
Les associations sont si intelligentes qu’elles sont pratiquement symbiotiques. Kobayashi commence par un air printanier de Rentaro Taki (1879-1903) et l’apparie au peu chanté Ich liebe dich de Beethoven. Et – qui l’eût cru ? – cela fonctionne brillamment.
S’ensuit le même thème printanier composé par Akira Nakada (né en 1951) et W. A. Mozart. J’ai préféré ce thème de Nakada. Il avait plus de piquant. Un autre personnage appelé Nakada est jumelé avec une valse de Zemlinsky. Vous vous souvenez de Zemlinsky, l’unique professeur d’Arnold Schoenberg ? On n’arrête pas le progrès.
Si j’étais un imprésario entreprenant à Berlin, je sortirais Misaki Kobayashi de cette chorale radiophonique et je lui offrirais un récital en solo ou un poste au bureau. Ou je l’inviterais à dîner. Elle a un esprit vraiment original et une voix de soprano douce et légère, sans le moindre tressaillement. Le pianiste est Matthias Veil et l’étiquette sort des sentiers battus dans un village appelé Nittendorf. Des surprises à tous les niveaux.
Traduction : A. Venne
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