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Naxos3
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BIS2
Le fait qu’un label qui produisait autrefois l’intégrale des valses de Johann Strauss nous propose aujourd’hui les œuvres pour piano du très sérieux Pierre Boulez témoigne du chemin parcouru par Naxos sous sa nouvelle direction. Également sous une nouvelle direction, le label suédois BIS poursuit son exploration, entamée il y a trois décennies, de l’œuvre du paria russe Alfred Schnittke. Les résultats sont mitigés.
Deux des premières œuvres pour piano de Boulez, datant de 1945, alors qu’il était en deuxième année d’université, sont tout à fait curieuses, voire radicales. Thème et variations pour la main gauche, bien que techniquement sériel, est à la fois ludique et facile à jouer. Le professeur de Boulez à l’époque était Arthur Honegger. Il est ensuite passé dans la classe d’Olivier Messiaen, ce qui explique Trois psalmodies, une œuvre contemplative et un peu désuète. Un demi-siècle plus tard, en 1994, Boulez revient au piano avec Incises, une succession de notes cristallines qui, si je n’avais pas su qu’il s’agissait de Boulez, auraient pu me faire penser à une parodie de l’euro-modernisme par Tom Lehrer. Le pianiste est un Néerlandais, Ralph van Raat.
L’album Schnittke, interprété par Nicholas Stavy, est décevant. Il manque de la satire caractéristique du compositeur, qui visait les bajoues flasques de la bureaucratie soviétique. La pièce la plus importante ici est une deuxième sonate de 1990, destinée à Irina, la femme de Schnittke. Schnittke a déclaré : « Je ne suis pas pianiste moi-même… Je n’ai aucun rapport avec le clavier. » C’est drôle comme on s’en rend compte rapidement à l’écoute.
Traduction : Andréanne Venne
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