L’hebdo Lebrecht : Metamorphosen (Chandos)

0
Advertisement / Publicité

This page is also available in / Cette page est également disponible en: English (Anglais)

80%
80%
  • Chandos
    4
  • User Ratings (0 Votes)
    0

À la mi-mars 1945, Richard Strauss entreprit d’écrire une suite pour orchestre à cordes qui refléterait ses sentiments face à la dévastation environnante. Le compositeur de quatre-vingts ans avait vu sa ville natale, Munich, réduite en ruines par les bombes, mais il était confortablement installé dans les Alpes, à Garmisch, et ne courait aucun risque personnel immédiat. Sa suite, Metamorphosen, est douce-amère : une réflexion sur la défaite de son pays et sa propre complicité précoce avec le régime nazi déchu.

La musique de Metamorphosen est généralement interprétée comme une complainte. Ici, John Wilson et le Sinfonia de Londres la réinterprètent de façon glaçante comme une élégie − un vieil homme qui regarde en arrière, non avec colère, mais avec une sorte de satisfaction devant les images et les sons qu’il a appréciés autrefois et qui ne seront plus jamais vécus de la même manière. En 1944-45, Strauss revient souvent au monde sonore qu’il partageait autrefois avec Gustav Mahler. Ici, il y a des allusions à l’Adagietto de Mahler, mais encore plus à la fin de Brahms et au jeune Schoenberg. À certains moments, l’orchestre de Wilson pourrait jouer Verklärte Nacht.

Advertisement / Publicité

Les pièces complémentaires ne sont pas moins provocantes. L’Intermezzo de Franz Schreker, daté de 1900, devrait s’intituler Interschmaltzo. Il s’étale sur toutes les cordes comme une double crème sur un strudel aux pommes et offre une absence de goût qui ne peut être que de mauvais augure pour votre tour de taille. C’est beau, mais est-ce tout ?

La Sérénade symphonique d’Erich Wolfgang Korngold a été écrite, comme Metamorphosen, à la fin de la guerre et dans le monde fantasiste d’Hollywood. Bien que Korngold en ait tiré le finale de sa partition de 1935 pour Captain Blood, l’impression générale est plus celle d’une suite de Strauss que de Richard − deux compositeurs écrivant ce qu’ils pensaient pouvoir être aimé dans une Vienne qui n’existait plus.

Il n’y a pas plus futé comme contexte pour un programme de concert.

NL

Abonnez-vous à https://slippedisc.com/

This page is also available in / Cette page est également disponible en: English (Anglais)

Partager:

A propos de l'auteur

Norman Lebrecht is a prolific writer on music and cultural affairs. His blog, Slipped Disc, is one of the most popular sites for cultural news. He presents The Lebrecht Interview on BBC Radio 3 and is a contributor to several publications, including the Wall Street Journal and The Standpoint. Visit every Friday for his weekly CD review // Norman Lebrecht est un rédacteur prolifique couvrant les événements musicaux et Slipped Disc, est un des plus populaires sites de nouvelles culturelles. Il anime The Lebrecht Interview sur la BBC Radio 3 et collabore à plusieurs publications, dont The Wall Street Journal et The Standpoint. Vous pouvez lire ses critiques de disques chaque vendredi.

Laissez une réponse

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.