MBAM : « Pour nous, la page est tournée »

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Depuis le début du mois de juillet, de nombreuses personnes se sont exprimées dans les médias, ont signé lettres et pétitions pour clamer leur point de vue sur la crise qui secoue le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM). Mais c’est sans connaître ce qui s’est véritablement passé au sein du Musée.

– Anne Grace, Richard Gagnier, Laura Vigo, Danielle Blanchette et Moridja Kitenge Banza, employés du Musée des beaux-arts de Montréal, et plus de 100 signataires employés et ex-employés du Musée

Devant ce tumulte de commentaires et de prises de position publiques, nous avons gardé le silence et tenté de nous concentrer sur notre travail. Mais trop, c’est trop ! Nous, les signataires de cette lettre, sommes employés du MBAM ; nous savons ce qui s’est véritablement passé, alors que nous y avons vécu des évènements troublants. Nous croyons qu’il est maintenant nécessaire de faire entendre notre voix pour que cesse ce tapage médiatique qui ne fait qu’affaiblir notre institution. Depuis de nombreuses années, notre milieu de travail s’est détérioré, plusieurs collègues sont partis alors que d’autres se sont résignés au silence. Il est temps de faire preuve de courage et de parler.

Nous reconnaissons la vision et la grande capacité de rayonnement de Nathalie Bondil. Mais sous sa direction, nos voix n’étaient pas entendues. Nos idées étaient pour la plupart rejetées ou encore reformulées par une directrice générale plus préoccupée par sa réputation personnelle que par celle du Musée. Pire, les succès de projets développés par des employés leur étaient rarement attribués. Le mérite revenait à l’ancienne directrice générale et à ses très proches collaborateurs.

Harcèlement et intimidation récurrents devant témoins ont ponctué nos journées pour plusieurs d’entre nous, notamment lors des montages d’expositions. Les griefs étaient aussi bloqués et des collègues étaient mis au placard à répétition. Les équipes n’avaient aucun pouvoir décisionnel et étaient toutes systématiquement en attente de la disponibilité de l’ancienne directrice générale pour la moindre approbation. Le résultat ? Temps, coûts supplémentaires et stress qui auraient pu être évités. Les projets qui s’enchaînaient à un rythme effréné étaient constamment repris sans véritable consultation préalable ni post-mortem ; la microgestion de l’ancienne directrice générale paralysait le travail des employés. Le quotidien était fait d’urgences continues. La présence au travail tard le soir et les fins de semaine était considérée comme une démonstration d’engagement.

Au vu de cette situation et du chaos créé, comment l’ancienne directrice générale peut-elle publiquement se présenter comme victime de « lynchage » ? Cette posture démontre une insensibilité choquante à l’égard des enjeux culturels et politiques de ce terme ainsi que des valeurs humanistes du MBAM qu’elle dit épouser.

Comment peut-elle affirmer une chose pareille après tout ce qu’elle a cautionné ?

Aujourd’hui, nous souhaitons également nous adresser à l’instigateur de la pétition des membres qui circule actuellement. Il s’acharne à discréditer publiquement le Conseil dont l’action vise pourtant les intérêts supérieurs du Musée, et surtout, permet de redonner aux employés un cadre de travail sain, ce dont nous avons été privés depuis plusieurs années. Nous sommes sidérés de l’attitude de cet ancien directeur dont l’objectif nous paraît pour le moins douteux.

Comme membre de la direction, ce « pétitionnaire en chef » a été exposé avec l’ancienne directrice générale au compte rendu explicite du comité exécutif du syndicat sur le climat de travail toxique et la détérioration de notre environnement de travail. Et cela, à la demande du Conseil. Comment peut-il affirmer aujourd’hui que le Conseil a outrepassé les règles de bonne gouvernance ? C’est honteux !

Le MBAM n’aurait jamais dû être plongé dans ce cirque médiatique. Nous demandons respectueusement à toutes les personnes qui ont signé cette pétition qu’elles réfléchissent aux valeurs qui sont promues par le Musée. La ministre de la Culture et des Communications a demandé une enquête sur le processus de gouvernance, et c’est tant mieux. Nous l’invitons à nous parler pour obtenir des éclaircissements.

Nous poursuivons notre travail. Rien ne peut nous détourner de notre engagement envers le Musée et sa longue histoire.

Depuis les trois dernières semaines, nous y constatons un nouvel élan, un nouvel esprit de collaboration, de respect pour les idées de tous nos collègues sans harcèlement ni intimidation grâce à la bienveillance d’un conseil d’administration qui a pris une décision responsable et sans précipitation.

Pour nous, la page est tournée. Nous regardons vers l’avant et attendons avec optimisme la personne qui viendra diriger notre beau Musée. Le Musée, c’est nous tous, employés, membres, donateurs, prêteurs, bénévoles, fournisseurs !

* Employés du Musée des beaux-arts de Montréal : Iris Amizlev, Maxime Archambault, Gwen Baddeley, Maude N. Béland, Diane Bernard, Mélissa Bezzi, Gaétan Bouchard, Thérèse Bourgault, Gisèle Bourgeois, Stéphanie Boucher, Patricia Boyer, Orélie Brulet, Carolina Calle Sandoval, Sabine de Villenoisy, Philippe Chabot, Jérémie Desmarais, Éric Charland, Sébastien Carayon, Aïcha Chaouachi, Anna Ciociola, Linda-Anne D’Anjou, Anne Marie Deland, Jacques DesRochers, Bénédicte Devault, Laurence Amélie De Coste, Mara Di Trapani, Christiane Fabi, Geneviève Flageol, John Fossey, Clara Gabriel, Frank Galliay, Normand Garand, Louise Giroux, Hilliard Goldfarb, Helen Jane Groake, Isabelle Goulet, Nadia Hammadi, Sebastien Hart, Marie Hajehssain Erell, Hubert Gaëtan Hénault, Juliette Hérivault, Jean Houle, André Jalbert, Carline Javel, Marie-Claude Journault, Sofie Kaegi, Roxanne Labrèche Perron, Sylvie Lacerte, Marilyn Lajeunesse, Mathieu Laperle, Pierre Larivée, Charlotte Leblanc, Marcelo Leiva, Stéphane Léveillé, Sacha Marie Levay, Audrey Marcoux, Mireille Masse, Eric Ménard, John Mingolla, Claudine Nicol, Catherine O’Meara, Lilly-Doris Panzou, Marilyne Pilon, Jacinthe Pépin, Matthieu Pépin, Richard Pelletier, Joanne Perron, Esther Pomerleau, Marie-Laure Rahli, Marianne Raymond, Nathalie Richard, Diane Roe, Denis Routhier, Marie-Claude Saia, Patricia Saffré, Agata Sochon, Denise St Jean, Manon Tremblay, Isabelle Trottier, Sylvain Turcotte, Nathalie Vanier, Cristian Vasile, Kate Walker. Ex-employés du MBAM : Danièle Archambault, Charles Blouin, Anne-Marie Chevrier, Alain Drouin, Marie-Eve Beaupré, Magdalena Berthet, Diane Charbonneau, Marie Faugnon, Jeanne Frégault, Diane Lambert, Geneviève Goyer-Ouimet, Christine Guest, Francine Lavoie, Marcelle Marcotte, Estelle Richard, Danielle Roberge, Natalja Scerbina, Michèle Sylvestre

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