94 % des orchestres canadiens ont essayé le numérique… Et maintenant?

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Peterborough, ON (14 janvier, 2022) – Depuis l’automne de 2018, Orchestres Canada a invité les orchestres membres à participer à trois sondages sur le numérique. Que de changements se sont produits!

En 2018, les répondants au sondage de soixante orchestres sentaient la possibilité (et la pression) d’adopter le numérique, mais la plupart d’entre eux ont signalé la difficulté d’accorder la priorité à cette tâche et de l’entreprendre.

Puis la pandémie est survenue : les orchestres soit ont opéré un virage numérique, soit sont devenus silencieux. Malgré les difficultés, les orchestres ont persévéré, faisant preuve de beaucoup d’ingéniosité (et n’étant pas en manque de stress). Le sondage sur le numérique de 2020 a mis l’accent sur les innovations au début de la pandémie  et reflété les changements et questions liés à la programmation numérique. Cinquante-sept orchestres y ont participé et ont permis de brosser un portrait fidèle des démarches entreprises.

Vu l’évolution du contexte sur le plan de la santé publique et la réaction des orchestres à la pandémie, OC a mené une troisième version du sondage en août-septembre 2021. Cette année, 65 orchestres de toutes tailles à l’échelle du Canada ont participé. Voici quelques-unes des constatations clés :

1- Presque tous les répondants (94 %) ont dit avoir essayé une ou plusieurs nouvelles initiatives numériques, ce qui représente un bond par rapport aux 84 % enregistrés en 2020.  Les orchestres ont essayé une gamme impressionnante d’initiatives, allant de concerts intégraux à de courts extraits, en passant par une programmation éducative et bien d’autres encore.

« C’est très encourageant de voir les orchestres canadiens faire le saut – bien qu’elle soit motivée par la pandémie, l’utilisation du numérique comme média a longtemps été un sujet chaud, qui est maintenant combiné à la migration vers le numérique d’un public disposé à nous suivre et qui a besoin de le faire.» – Mark Turner, directeur général, Saskatoon Symphony Orchestra

« … Nous offrons à ce nouveau public des concerts en webdiffusion qu’il peut se procurer via notre site web. Les commentaires des internautes sont extrêmement positifs, car plusieurs de ces personnes sont empêchées de nous voir en prestation en raison de la trop grande distance géographiquel’horaire ou encore la difficulté à se déplacer. » – l’Orchestre symphonique de Longueuil

2- Les orchestres se sont concentrés sur le maintien d’un rapport avec leur public et la création de possibilités pour les musiciens grâce au numérique : en accord avec les résultats obtenus en 2020, il s’agissait des deux grandes priorités signalées par les répondants au sondage de 2021.

« Le contenu numérique est une excellente façon pour n’importe qui de rejoindre votre groupe n’importe où, n’importe quand, et vice versa. Le SPO  a lancé gratuitement sur YouTube en 2020-2021 des portions individuelles de grande musique, faciles à consommer, faciles à analyser et tant appréciées de chaque interprète, compositeur et créateur de contenu, qui a eu son propre moment pour briller. » – Devin Scott, directeur général, Scarborough Philharmonic

« L’utilisation des supports numériques nous facilite également la communication bilatérale afin d’entendre plus précisément ce que notre public souhaite nous transmettre. Grâce à cette conversation en continu entre le public grandissant et l’Orchestre nous allons pouvoir ajuster notre offre de concerts. » – l’Orchestre symphonique de Longueuil

3- « Hybride » est le mot d’ordre cette saison. La majorité des orchestres (69 %) prévoient offrir une saison hybride (numérique et en personne) pour 2021-2022. Quand les salles pourront de nouveau accueillir un public à pleine capacité, 45,9 % des orchestres prévoient continuer à offrir certaines des activités numériques actuelles; environ 18 % comptent poursuivre la totalité (16,4 %) ou plus (1,6 %) de leurs activités numériques actuelles; 26 % demeurent incertains, tandis qu’environ 10 % prévoient n’offrir aucune activité numérique.

4- Les orchestres voient des possibilités dans le numérique – mais sont incertains du rôle de celui-ci après la pandémie. En 2020, les répondants ont souligné le besoin d’une formation en compétences techniques. En 2021, ils ont de nouveau mentionné ce besoin, mais encore plus celui de conseils stratégiques de haut niveau (notamment sur des stratégies pour déterminer l’équilibre idéal entre la programmation numérique et la programmation en personne et sur des moyens de mieux intégrer le cheminement numérique et la mission de l’organisation).

Bien que la courbe d’apprentissage en ce qui a trait à la production d’un contenu numérique demeure raide, les orchestres sont peut-être en voie de délaisser le mode d’intervention de crise pour se tourner à la place vers le rôle que le numérique serait appelé à jouer dans un monde post-pandémique. Mais ils ont encore besoin de plus d’appui.

« La diffusion continue en direct est ici pour rester en ce qui concerne le SSO et, je l’espère, pour tous les orchestres canadiens. Elle règle une de grandes questions d’accessibilité à laquelle nous faisons face depuis des années. Je crois que la vraie difficulté maintenant consiste à peaufiner l’équilibre du régime hybride…ce qui fonctionne pour le public en salle n’a peut-être pas la même résonance à l’écran, et  vice versa! La diffusion continue en direct est consommée différemment. Nous devrons donc relever le défi de monter une programmation qui a un impact pour les deux formes de consommation, ce qui ne fera que renforcer notre discipline artistique. » – Mark Turner, directeur général, Saskatoon Symphony Orchestra

5- Pour les orchestres professionnels, les conventions collectives temporaires conclues dans le contexte de la COVID-19 ont largement permis les essais dans l’univers du numérique. Quelques répondants ont parlé de la nature des conventions collectives signées avec la Fédération canadienne des musiciens, notamment de ce qui était possible durant la pandémie et de ce qui pourrait se produire une fois levées les restrictions de capacité. Clairement, la convention temporaire conclue dans le contexte de la COVID-19 avec la FCM a permis à un certain nombre d’orchestres de faire de la capture et du partage de contenu numérique.

6- Le numérique ne s’autofinance pas. Interrogés au sujet de leur budget pour les initiatives numériques durant la saison 2021-2022, plus du quart des répondants ont dit qu’ils n’avaient pas de budget spécial pour cela . La grande majorité de ceux qui ont dit ne pas avoir l’intention de poursuivre des activités numériques ont mentionné les obstacles financiers et un manque de ressources humaines ou de temps comme les principaux facteurs dans leur décision de renoncer au numérique.

En 2018,  nous avons signalé que les répondants doutaient de la valeur de la technologie numérique par rapport à son coût et au temps et à l’effort requis. Ils avaient l’impression de devoir acquérir rapidement une masse de connaissances pour parvenir à un niveau optimal de littératie numérique. Ces doutes au sujet du rendement direct et immédiat de l’investissement semblent justifiés – la recherche à la base de L’avenir de l’orchestre numérique (commandée par OC, financée grâce au fonds Stratégie numérique du Conseil des arts et entreprise par The Arts Firm en collaboration avec la FCM et l’OMOSC) a révélé que la programmation en ligne a produit environ 5 à 10 % des recettes provenant de la vente de billets à des concerts en salle.

7- Conséquences sur le plan de la défense des intérêts

Le numérique ne couvre pas les coûts engagés, et les recherches révèlent que les publics ne reviennent pas en salles assez vite, même avec la levée des restrictions de capacité. De quelles formes d’appui les orchestres ont-ils besoin?

« Je crois que nos bailleurs de fonds doivent déterminer comment en tenir compte dans les modèles de financement  – c’est une réalité actuelle, qui continuera à évoluer, mais il faut absolument que tous les paliers de soutien comprennent les coûts que nous devons assumer sur les plans créatif, artistique, ainsi que de l’infrastructure et de la dotation. Des investissements appréciables permettront de développer les emplois, l’accessibilité et le profil, tout en favorisant une programmation fascinante qu’il me tarde de voir. »

Vous pouvez voir tous les résultats sous forme agrégée et anonyme en cliquant sur les liens suivants :

Résultats du sondage – Tous les orchestres

Résultats du sondage – Orchestres du Québec

Résultats du sondage – Orchestres à petit budget (revenus annuels inférieurs à 500 000 $)

Résultats du sondage – Orchestres de jeunes

Résultats du sondage – Orchestres catalyseurs (revenus annuels inférieurs à 4 millions de dollars, mais supérieurs à 500 000 $)

Résultats du sondage – Institutions (revenus annuels supérieurs à 4 millions de dollars)

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  1. Ping de retour New Survey reveals that 94% of Canadian Orchestras have tried digital. Now what? -

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