This page is also available in / Cette page est également disponible en:
English (Anglais)
-
Bright Shiny Things3.5
Dark Imagining
Jeff Myers, compositeur; Rachel Schutz, soprano; Andrea Christie, piano; Christopher Gross, violoncelle; Ashleé Miller, clarinette
Bright Shiny Things, 2026
Le troisième album du compositeur new-yorkais Jeff Myers, Dark Imagining, est un recueil de mélodies qui, selon l’artiste, « représentent différentes facettes de ma voix ». L’album est divisé en sections (« Poe Songs », « Boy », « Baudelaire Songs ») et se termine par trois chansons hawaïennes. Malgré quelques perles, son point faible est son concept trop vaste.
D’après les notes de programme, Myers semble élaborer cet album à partir de considérations formelles – attachement au genre de la mélodie – et temporelles, puisqu’il écrit que celui-ci offre « l’occasion de partager certains des univers dans lesquels j’ai vécu ces deux dernières décennies ». Il en résulte un recueil qui s’éparpille parfois. « Poe Songs » et « Baudelaire Songs » partagent une thématique gothique, tandis que « Boy », sur un texte de Jennifer de Guzman, et les chansons hawaïennes semblent n’être là que pour contraster avec le gothique. Si certains peuvent apprécier cette variation de ton délibérée, j’ai trouvé qu’elle se justifiait mal. J’aurais préféré que Myers explore pleinement l’univers sonore gothique, comme le suggèrent la pochette et le titre de l’album.
Cela dit, lorsqu’on examine chaque morceau individuellement, Myers fait preuve d’une profonde compréhension des textes choisis. J’ai été particulièrement touché par ses interprétations des poètes du XIXe siècle, notamment par ses choix de répéter un vers, d’étirer certains mots ou de laisser l’instrumentiste porter le récit. Le troisième morceau, A Dream Within a Dream, illustre parfaitement comment Myers, la soprano Rachel Schutz et la pianiste Andrea Christie racontent l’histoire du poème en musique. Il commence par des notes douces et simples au piano, tandis que Schutz chante d’une voix claire et angélique, exprimant une mélancolie naissante. À mesure que le piano s’intensifie, la voix de Schutz monte en puissance, tandis que la narratrice sombre dans le désespoir.
La pianiste s’est révélée être la véritable virtuose de l’album, contribuant aux moments les plus captivants par son jeu précis et technique. Le violoncelliste Christopher Gross et la clarinettiste Ashlee Miller, présents sur deux morceaux hawaïens – The Hula Pa-Ipu et The Hula Manō –, sont d’excellents instrumentistes qui apportent une belle diversité au son et à l’atmosphère de l’album. Schutz, quant à elle, ancre l’ensemble, sa voix familière reliant des chansons issues d’univers très différents.
Dark Imagining a peut-être manqué son objectif thématique, mais il offre néanmoins des chansons intéressantes et bien interprétées qui laissent entrevoir un grand potentiel pour l’avenir de ce compositeur.
Traduction : Mick Guttman
This page is also available in / Cette page est également disponible en:
English (Anglais)