Saint-Camille: destination culturelle

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Situé au cœur d’un paysage vallonné, Saint-Camille est un village dynamique, qui vit à la fois d’agriculture et de culture. Il compte maintenant deux salles de spectacles : le P’tit Bonheur et le Centre Le Camillois, qui accueille notamment les Concerts de la Chapelle.
Nous avons rencontré le directeur général de Destination Saint-Camille, une coopérative fondée en 2015 qui a repris la gestion de l’ancienne église du village, transformée en un « centre de congrès éclaté ».

Pour la petite histoire…

Originaire d’Asbestos (maintenant Val-des-Sources), tout près de Saint-Camille, Serge Langlois connaît le village depuis son enfance. « Mon point d’ancrage dans la vie, c’était Le P’tit Bonheur de Saint-Camille, parce que c’est la salle de spectacle, parce c’est la pizza du vendredi. Au cœur du village, c’est le point d’ancrage d’un peu tout le monde. » Une tradition qui dure depuis plus de 30 ans.

Serge Langlois se souvient aussi d’un projet résidentiel, au début des années 2000, appelé Les fermettes du rang 13. Issue d’une démarche concertée entre Le P’tit Bonheur de Saint-Camille et l’un de ses fondateurs, Sylvain Laroche, la municipalité et la Corporation de développement socioéconomique du village, cette initiative visait à attirer de nouvelles familles dans la communauté. Pari gagné ! En quelques années seulement, le village a vu sa population augmenter de 20 %, de 440 habitants en 2001 à 511 en 2011, puis 529 en 2016 selon Statistique Canada.

La survie de l’école du village était assurée par l’arrivée de quelque 25 nouvelles familles. Or, pour accueillir tous les enfants, cette école primaire a dû s’agrandir de l’intérieur et la salle communautaire en son sein dut être déplacée. L’église du village a été achetée par la municipalité qui, jusqu’à tout récemment, avait réussi à conserver les célébrations religieuses du dimanche. L’ancien lieu de culte se prêtait bien aux activités communautaires ou de loisir, mais dans un village de 500 personnes, celles-ci n’étaient pas suffisamment rentables. « D’où l’idée de transformer l’église en centre de congrès multifonctionnel, raconte Serge Langlois. C’est là qu’est née Destination Saint-Camille, une coopérative de solidarité qui a comme mandat d’animer l’église de plusieurs façons : par des espaces locatifs, par les campagnes de la municipalité, par la production d’événements, en la rendant disponible au P’tit Bonheur pour des spectacles. Les Concerts de la Chapelle, qui avaient lieu au sanctuaire Saint-Antoine, au même coin de rue à Saint-Camille, ont aussi déménagé vers le Centre Le Camillois. »

Une nouvelle salle de spectacle

Le directeur des Concerts de la Chapelle, Jean-Pierre Harel, se souvient : « En 2016, c’est un peu à regret que nous avons quitté le sanctuaire Saint-Antoine en raison de l’intimité exceptionnelle que ce lieu nous offrait et qui avait vu naître Les Concerts de la Chapelle en 2009 ».

Le Camillois a été conçu pour permettre, entre autres, la tenue de spectacles. Les artistes disposent d’une loge dans l’ancienne sacristie, aujourd’hui devenue la bibliothèque municipale. De plus, l’espace scénique considérable permet aux Concerts de la Chapelle d’entreposer les instruments dont ils ont la chance de disposer, soit un positif prêté par les Ateliers Bellavance ainsi qu’un clavecin et un piano à queue prêtés par CANIMEX. À cela s’ajoute le propre clavecin des Concerts de la Chapelle, commandé aux Ateliers Bellavance.
« La capacité de la salle est de 250 places assises. Les sièges sont amovibles, ce qui permet de configurer l’espace en fonction du spectacle, qu’il s’agisse d’un récital ou d’un opéra nécessitant un espace non négligeable pour l’orchestre. L’espace permettait aussi d’installer des caméras et l’arsenal nécessaire à l’équipe de captation à laquelle nous avons régulièrement recours pour la webdiffusion sans pour autant perturber l’attention des spectateurs », ajoute Jean-Pierre Harel.

Au concert du 2 mai, la direction technique était assurée par Enzo Marceau qui, avec sa conjointe, a choisi de s’installer à Saint-Camille et d’y poursuivre sa carrière en régie de spectacle. « On est très chanceux d’avoir Pénélope dans notre équipe. Elle est graphiste de formation et c’est elle qui réalise tous les visuels nécessaires à l’aiguillage des webdiffusions. Cela donne un cachet supplémentaire alors que souvent les équipes de webdiffusion sont focalisées sur l’aspect technique. On a aussi la chance d’avoir avec nous Max-Pol Proulx, un éclairagiste de plateau qui a travaillé dans le milieu du cinéma à Montréal. »

Bâtir des ponts avec les communautés

Après plusieurs années dans le milieu de l’événementiel corporatif, Enzo Marceau, engagé maintenant à temps plein au P’tit Bonheur, avait « senti l’appel de la région ». C’est ce même intérêt pour les territoires qu’essaye d’insuffler Serge Langlois avec Destination Saint-Camille : « Par notre programmation et notre offre de services, on réussit à rejoindre des communautés de plusieurs endroits et à les faire converger en un même lieu pour aborder des thématiques comme la culture, la santé ou les enjeux territoriaux propres aux villages. » Certes, rien ne pourra remplacer l’expérience de se retrouver au cœur même de Saint-Camille, mais Serge Langlois et ses partenaires trouvent néanmoins dans les nouvelles technologies et l’étroite collaboration avec le P’tit Bonheur un moyen de bâtir des ponts avec des communautés parfois éloignées. « En plus d’Enzo pour la webdiffusion, on s’est entouré d’autres personnes qui travaillent à la sonorisation autant qu’à la captation vidéo. Nous sommes également en mesure de faire des événements en téléprésence avec la station SCENIC, développée par la Société des arts technologiques de Montréal. L’équipement à la fine pointe de la technologie que possède le P’tit Bonheur permet d’être relié en simultané avec 21 salles de spectacle au Québec. La webdiffusion, sous toutes ses formes, est devenue un enjeu important pour nous. Même avant la pandémie, ça faisait déjà partie de notre ADN. »

www.destinationsaintcamille.ca

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A propos de l'auteur

Justin Bernard est détenteur d’un doctorat en musique de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la médiation musicale, notamment par le biais des nouveaux outils numériques, ainsi que sur la relation entre opéra et cinéma. Membre de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM), il a réalisé une série de capsules vidéo éducatives pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Justin Bernard est également l’auteur de notes de programme pour le compte de la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke. Par ailleurs, il anime une émission d’opéra et une chronique musicale à Radio VM (91,3 FM).

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