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Le prochain concert de l’OSL promet de belles retrouvailles. Officiellement en poste depuis le mois d’août dernier, le nouveau directeur musical Adam Johnson recevra nul autre que son ancien mentor à l’Université d’Alberta Stéphane Lemelin pour un moment de complicité unique autour du piano, leur instrument commun.
Rares sont les entrevues où deux artistes interagissent, au point que l’intervieweur n’a qu’à s’effacer et laisser libre cours aux échanges. C’est bien là la marque d’une entente profonde qui dépasse largement le cadre musical.
Dans le cas de Johnson et Lemelin, ce lien indéfectible remonte au mois d’avril 1997. Le pianiste et professeur québécois avait été alors rejoint en coulisses par un jeune auditeur, admiratif de son jeu virtuose dans le Concerto pour la main gauche de Ravel. Quelques mois plus tard, ce jeune nommé Adam passe avec succès les auditions d’entrée à l’université et intègre les classes de la session d’automne. Ayant par ailleurs de belles aptitudes dans le sport – le ski alpin, notamment –, il avait finalement choisi de poursuivre des études de piano sur le tard.
Johnson délaissera le clavier pour embrasser la carrière de chef d’orchestre, sans jamais recroiser Lemelin sur scène. Son vœu s’apprête à être exaucé le 11 mars 2026, à la salle André-Mathieu, comme il nous le confie. « C’est un événement spécial, pour moi, de pouvoir faire de la musique ensemble pour la première fois. J’ai déjà été avec lui sur scène plusieurs fois, mais je ne faisais que tourner les pages de sa partition. Ça fera bientôt 30 ans qu’on se connaît, alors renouer ainsi, c’est quelque chose de très émouvant. »
À propos du Concerto no 4 de Beethoven qu’il interprétera à cette occasion, Lemelin raconte : « La collaboration entre un pianiste et un chef d’orchestre ressemble un peu à ce que l’on verrait en musique de chambre. C’est vraiment un échange interpersonnel. Quand on joue avec orchestre, on a généralement très peu de temps pour développer cette collaboration, notamment à cause du nombre limité de répétitions. Cela dit, quand une relation humaine est déjà là, ça facilite beaucoup les choses. »
« On se comprend entre pianistes, on a le même instinct, rétorque Johnson. On est aussi plus sensibles aux aspects techniques de l’interprétation. On peut sentir l’information de manière plus intime […] pour mieux aller à l’essence de ce que le compositeur a voulu communiquer. »
Le programme du concert du 11 mars sera complété par l’Ouverture n° 1 en mi mineur de Louise Farrenc et, en seconde partie, par la Symphonie n° 9 en mi bémol majeur de Dmitri Chostakovitch. www.osl.ca
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