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4.8
Elinor Frey: Concertos italiens baroques
Elinor Frey, violoncelle, Rosa Barocca; Claude Lapalme, chef
AN 2 9163
Analekta, 2022
En collaboration avec l’ensemble Rosa Barocca, sous la direction de Claude Lapalme, la violoncelliste Elinor Frey fait paraître chez Analekta un album regroupant quatre concertos de compositeurs italiens baroques, dont Antonio Vivaldi (1678-1741), Leonardo Leo (1694-1744) et Giovanni Battista Sammartini (1700-1775). Un concerto pour violoncelle, cordes et continuo ainsi que deux mouvements de sonates pour violon de Giuseppe Tartini (1692-1770), exécutés ici au plus petit violoncello, complètent le programme.
Dans les notes discographiques qui accompagne notre écoute de l’album, Elinor Frey nous explique en détails les subtilités entre le violon de basse, le violoncello piccolo et le violoncelle ténor qui serait en fait, selon elle, la bonne manière de dénommer le violoncelle baroque typique… honnêtement, on s’y perd.
Pour ce qui est de la musique, c’est un franc succès ! La maîtrise d’un instrument d’époque est loin d’être évidente et malgré les limitations de celui-ci comparées à un instrument moderne, Elinor Frey parvient au sommet de son art. Rapidité, agilité, résonance maximale du petit violoncelle… la virtuose canadienne impressionne à tous les niveaux. Dès les premières mesures du Concerto en do majeur de Sammartini, une énergie et une vivacité propres à la musique baroque se dégagent de l’ensemble. Les qualités de l’orchestre, notamment dans le phrasé, se confirment dans le mouvement lent et de plus belle dans le mouvement rapide qui conclut l’œuvre en furie. Ce qui frappe ici du côté de la soliste, c’est son aptitude à créer sans effort un souffle interrompu de musique.
Dans les mouvements plus lents, nous sommes touchés par la beauté et l’ampleur des sonorités qu’elle arrive à tirer de son instrument. Des sonorités très veloutées et quelque peu atypiques pour nos oreilles contemporaines, mais toujours au service d’une ligne mélodique constamment nourrie.
L’interprétation ne perd jamais en qualité. En revanche, d’un point de vue esthétique, toutes les œuvres présentées sur ce disque ne se valent pas. Le Concerto en la majeur de Tartini ne semble pas aussi inspiré que ceux de Sammartini et de Vivaldi. On lui préfère nettement ses deux mouvements de sonates. Les doubles cordes au violoncelle créent ici une impression de duo et les dissonances marquées, couplées à des effets de glissando, nous rappellent étrangement la musique orientale.
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