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Chandos4
Strauss : Salome
Malin Byström, soprano; Katarina Dalayman, mezzo-soprano; Gerhard Siegel et Bror Magnus Tødenes, ténors; Johan Reuter, baryton; Bergen Philharmonic Orchestra; Edward Gardner, chef.
Chandos, 2025
Le passage de l’Orchestre philharmonique de Bergen au Festival d’Édimbourg en 2022 comprenait une version de concert du Salome de Richard Strauss avec une distribution musclée, dont l’enregistrement vient de paraître sur Chandos.
C’est très bien. Malin Byström, dans le rôle-titre, est une présence puissante qui peut être subtile, voire lyrique lorsque nécessaire, comme durant l’entretien avec Hérode au sujet de sa récompense. Johan Reuter est solide comme le roc dans le rôle de Jochanaan et les ingénieurs du son ont réussi à différencier assez bien ses différents degrés de tonalité. L’alchimie entre Byström et Reuter est bien communiquée, ce dernier faisant également preuve d’un lyrisme considérable.
Hérode est chanté par Gerhard Siegel avec Katharina Dalayman dans le rôle de sa femme, Hérodiade. Tous deux sonnent vieux à souhait et légèrement névrosés, sans tomber dans la caricature. C’est une véritable comédie musicale. Les multiples rôles mineurs sont bien tenus, en particulier le Narraboth de Bror Magnus Tødenes, dont le timbre projette de manière appropriée son engouement pour Salomé.
La scène pivot où Salomé tente de séduire Jochanaan – Jochanaan ! Ich bin verliebt in deinen Leib (« Jochanaan ! Je suis amoureuse de ton corps ») – est d’une provocation outrancière et mène insidieusement à Ich will deinen Mund küssen, Jochanaan (« Je veux embrasser ta bouche, Jochanaan »), peut-être le moment érotique le plus décadent de tout l’opéra, à moins que l’on ne préfère le nécrophile Ah ! Ich habe deinen Mund geküßt, Jochanaan (« Ah ! J’ai embrassé ta bouche, Jochanaan ») chanté sur la tête décapitée du saint. Aucune retenue !
Malgré la qualité du chant, c’est l’orchestre et le chef Edward Gardner qui volent la vedette. Cela devient une habitude. Ils excellent ici comme ils l’ont fait dans leur enregistrement de Peter Grimes en 2020, également chez Chandos. Le son orchestral est à la fois grandiose et détaillé, et parfois assez sinistre. La « Danse des sept voiles » est d’une grande délicatesse et la tension est palpable à sa suite, lorsque Salomé demande la tête de Jean-Baptiste.
Cela dit, pour les besoins de cette évaluation, j’ai écouté des versions numériques de qualité CD standard qui sonnent légèrement compressées et brouillées. Suivant mon expérience avec d’autres efforts récents de Chandos, je m’attendrais à ce que les options Super Audio ou même 96kHz/24bit sonnent beaucoup mieux et, pour ceux que cela intéresse, il y a aussi le Dolby Atmos.
En résumé, il s’agit d’un autre enregistrement d’opéra de premier ordre d’Edward Gardner et des troupes de Bergen, mais faites honneur à l’excellent travail de l’ingénieur du son et écoutez-le dans la plus haute résolution possible.
Traduction: Andréanne Venne
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