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Le metteur en scène canadien François Racine a bâti sa carrière avec l’opéra, un créneau qu’il aime pour le défi bien particulier que ce type d’art représente. « Je fais de l’opéra parce que je peux composer avec ses restrictions et ses rituels. Je trouve une sorte de liberté dans ces rituels et dans les directives de la partition », explique-t-il. Le caractère prescriptif de l’opéra est encore plus évident chez des compositeurs comme Giacomo Puccini, reconnu pour ses didascalies et dont la musique fait souvent référence à des actions ou à des objets bien précis. Racine relèvera de nouveau ces défis lorsqu’il dirigera la production de La bohème de l’Opéra de Montréal ce printemps.
« On ne peut éviter le passage où un manuscrit est jeté dans le four; on entend cela dans la musique, avec la porte », dit Racine, qui ajoute : « J’aime toujours mettre en scène Puccini parce que les chanteurs sont occupés. Cela fait partie de l’œuvre : ils doivent se retourner… ouvrir la porte, déposer le manteau… Les actes 1 et 4 sont très chargés pour les rôles principaux… Ils font des choses bien concrètes. Ainsi, le jeu d’acteur devient très naturel. »
En revanche, Racine considère l’acte 3 comme un lieu où « les corps flottent dans l’espace; tout tourne autour de ce moment d’émotion », avec les voix au premier plan. « Cet opéra offre le meilleur de deux mondes. Ni trop de l’un ni trop de l’autre. »
« Il y a quelque chose dans le jeu des chanteurs qui est très proche de ce que les athlètes doivent accomplir. Pour moi, un athlète olympique passe par le même processus mental qu’un chanteur. » Pour Racine, il s’agit du potentiel expressif du chanteur et de la manière de le transmettre avec « la voix; comment amener le corps à être fluide, expressif, naturel et simple, sans entrer dans le jeu d’acteur, mais en trouvant différentes voies, car c’est différent pour chaque personne ».
Nombreux sont les metteurs en scène d’opéra qui œuvrent dans le contexte de productions plus anciennes et actuelles. Racine a longtemps travaillé sur le Château de Barbe-Bleue/Erwartung de la Canadian Opera Company, mis en scène pour la première fois par Robert Lepage en 1993. Racine était alors un assistant, mais au cours des décennies suivantes, il a mis en scène ce spectacle emblématique dans le monde entier. Il le fera de nouveau en avril 2026, lorsque la Canadian Opera Company propose sa dernière reprise de cette production. « Pour moi, c’est l’un des meilleurs spectacles que j’ai vus de ma vie, » déclare Racine. « Je ne m’en lasse pas, parce que la mise en scène est faite. Mais ensuite, le plus important, c’est de jouer. C’est là que j’ai toute liberté. Une fois que j’ai convaincu (les chanteurs) de rouler sur le sol, d’aller dans l’eau… alors on peut commencer à travailler sur le jeu d’acteur. C’est très intense ! »
La production de La bohème de François Racine aura lieu à l’Opéra de Montréal du 10 au 20 mai. www.operademontreal.com
Traduction : Nathalie Généreux
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