Erica Lee Martin « Dreams »

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Belle façon de terminer une semaine de début d’automne qu’est un lancement d’album. Est-ce que le 16 octobre à 16 h (HAE) est un moment qui importe à l’auteure-compositrice-interprète Erica Lee Martin ? L’année 2020 l’est sans aucun doute. Pandémie ou non, une fois le travail achevé, il ne reste plus qu’à choisir le moment et le lieu pour le présenter. Dreams – « cet album traite du passé. L’écrire m’a aidée à m’en extirper ». Les titres sont : Sense Memories, Dreams, The Patio, Jove, Who you are, The Party, Take my picture, Man of my dreams, That Night, Opaque et Everything’s fine.

Le lancement virtuel sous forme d’enchainement de vidéoclips, qu’on pourrait aussi qualifier de court métrage, se résume à trente-six minutes de paroles soigneusement pesées et caractérisées. Et du caractère, Erica Lee Martin en a à revendre, faisant honneur aux influences évidentes d’Alanis Morissette, influences qu’on retrouve aussi dans le vidéoclip Time to Spare − Erica Lee Martin (lockdown music video).

Une voix teintée de surprenantes nuances avec des passages inattendus, imprévisibles. Elle glisse dans l’oreille, tantôt en douceur, tantôt avec chocs, arrogance et agressivité sournoise, avec acidité même, toutes les saveurs demeurant bizarrement agréables. Les collisions sonores aériennes, les mouvements, les rythmes… tout est soigneusement lié aux textes, peaufiné avec un raffinement particulier. Erica peut compter sur la collaboration de Björn Wennerborg à la coproduction. Il y va aussi de lignes de contrebasse elles aussi imprévues et surprenantes. Dans Take my picture, la participation du père d’Erica, le jazzman accompli David Russel Martin, ainsi que sa mère Vivian Lee, tous les deux au trombone, apportent un petit moment de déconfinement sous forme de thérapie intensive. Comme si Erica s’était rappelé les passages intenses de sa vie où la famille joue un rôle essentiel dans la dédramatisation.

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Cette artiste, qui détient une maitrise en théâtre classique de la London Academy of Music and Dramatic Art, règle des comptes qui appartiennent définitivement au passé. Elle le fait avec fougue, élégance, usant de plusieurs influences musicales. Tantôt sur un air asiatique, tantôt sur un air de bleues imbriquant des mesures à caractères perses. Son parcours musical et sa formation en art dramatique lui permettent d’expérimenter des rôles et personnalités différentes, éclectiques et syncrétiques, tout en demeurant fidèle à un style qui la démarque. J’ai eu l’impression d’être témoin d’une démarche qu’entreprend l’artiste avec ses propres outils, une jeune femme qui se prépare pour de grands rêves à venir en mettant littéralement le feu à ses rêves et cauchemars du passé.

Sans compter le poème d’introduction avec musique ambiante d’accompagnement, ce sont au total dix pièces qui valent toutes qu’on s’arrête pour les écouter et un album qui s’écoute et se réécoute en boucle. C’est une proposition d’une diversité imaginative rare à entendre et une belle suite de vidéoclips à regarder. Ma pièce préférée, quoiqu’un peu courte à mon goût, Opaque, présente des variations vocales maitrisées à merveille et des notes féminines basses qui me font penser à Annie Lennox, d’une pureté fort agréable à écouter. That Night laisse aussi son empreinte.

Ce fut un évènement YouTube très bien ficelé que le lancement de cet album. Il ne reste qu’à souhaiter beaucoup de vécu à Erica Lee Martin. La vie peut bien être une thérapie sans fin… sans dramatisation ou nécessité de se confiner.

 

 

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A propos de l'auteur

Musicien-Gestionnaire, Gestionnaire-Musicien, selon les besoins.

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