Toronto Mendelssohn Choir : La Passion selon saint Matthieu

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Il est difficile d’imaginer qu’un compositeur aussi génial que J. S. Bach ait connu des décennies d’oubli après sa mort en 1750. C’est nul autre que Felix Mendelssohn qui a redonné vie à son héritage. En 1829, il dirigea la première représentation publique de la Passion selon saint Matthieu, près d’un siècle après sa création, le Vendredi saint de 1727, à l’église Saint-Thomas de Leipzig. Bach et son œuvre devinrent alors des « sensations du jour au lendemain » et le reste, comme on dit, appartient à l’histoire.

Jean-Sebastien Vallée
Photo : Tam Photography

Le Toronto Mendelssohn Choir entretient un lien singulier avec cette redécouverte tardive, non seulement grâce à son compositeur homonyme, mais aussi parce qu’il fut, en 1951, le premier ensemble canadien à enregistrer la Passion selon saint Matthieu. Plus de dix ans se sont écoulés depuis sa dernière interprétation par le chœur, mais aujourd’hui, son directeur musical JeanSébastien Vallée lui redonne vie, juste à temps pour la période de Pâques.

La Passion selon saint Matthieu est considérée comme l’un des plus grands chefsd’œuvre sacrés jamais composés. Elle conjugue le récit biblique, des arias méditatives et des chorals pour créer une expérience sonore dramatique et profondément spirituelle, qui mène de la douleur intime à une grandeur bouleversante.

« Le mot passion lui-même signifie souffrance, ce qui nous invite inévitablement à la compassion – souffrir avec. Ce chef d’œuvre constitue donc à la fois un appel à la communauté et à l’empathie, explique M. Vallée. Au‑delà de ses origines religieuses, le récit de la Passion incarne un drame humain d’une profondeur et d’une souffrance qui continuent de résonner dans notre monde contemporain. »

Isaiah Bell

Le ténor soliste Isaiah Bell partage ce sentiment. « Cette œuvre spirituelle parle à travers les frontières religieuses d’une manière que peu de musiques chrétiennes parviennent à égaler. Parce qu’elle est inscrite dans le corps – dans les passions –, elle possède le pouvoir de transcender les systèmes de croyances et de s’adresser à l’essence éternelle de l’humain. »

Bell est particulièrement enthousiaste à l’idée de revenir au Koerner Hall de Toronto, une salle à l’acoustique exceptionnelle, après une absence de 12 ans. « J’ai toujours vécu des expériences musicales d’une grande richesse aux côtés du TMC, confie-t-il. Cette œuvre exige du chœur une sonorité ample et vigoureuse, et j’ai hâte de les entendre l’interpréter. » Bach a composé cette œuvre célèbre pour double chœur, dont le TMC peut rendre toute la complexité grâce à ses plus de 160 voix.

Allyson McHardy

Pour la mezzo-soprano Allyson McHardy, la Passion selon saint Matthieu demeure son œuvre préférée de Bach. « Principalement parce que la mezzo y chante beaucoup, et que chaque pièce est un joyau, en particulier l’aria Erbarme dich. On ne peut rêver mieux.Je trouve l’œuvre particulièrement dramatique. Elle semble imprévisible, voire surprenante par moments. »

Cette interprétation aura pour McHardy une résonance particulière : ce sera sa première collaboration avec son collègue de McGill, JeanSébastien Vallée, depuis qu’elle a rejoint l’automne dernier la Schulich School of Music de l’université en tant que professeure de chant.

Le TMC présentera la Passion selon saint Matthieu de Bach les 24 et 25 mars. Retrouvez le Toronto Mendelssohn Choir sur www.tmchoir.org.

Traduction : Mick Guttman

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A propos de l'auteur

Denise Lai is a Physiotherapist and College Professor. She is an alumnus of the McGill Choral Society and the Toronto Mendelssohn Choir, and a rusty piano player.

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