This page is also available in / Cette page est également disponible en:
English (Anglais)
À l’aube de sa deuxième année comme directeur du Conservatoire de musique de Montréal, Luc Chaput revient sur un parcours marqué par la passion et une familiarité profonde avec l’institution. « Je suis entré au Conservatoire de Montréal en hautbois lorsque j’étais en secondaire 4. J’ai voyagé deux fois par semaine depuis Joliette pendant quatre ans et j’étudiais en même temps en sciences pures et appliquées à Joliette. Puis j’ai fait le choix de la musique à temps plein. » De cette expérience d’étudiant passionné, il a gardé une connaissance intime des forces de l’école, mais aussi des défis qui se présentent à elle.
Son retour à la direction confirme ce sentiment. « L’institution excelle encore autant que lorsque j’y étudiais et je reconnais l’école à dimension humaine qu’il y avait dans les années 1980-1990. » L’établissement jouit d’une « bonne santé », selon lui, mais des défis subsistent, comme la rétention des élèves entre les cycles secondaire, collégial et universitaire. Il souhaite accroître la représentation dans les écoles et miser sur les journées portes ouvertes pour maintenir les standards élevés qui fondent la réputation du Conservatoire.
Un des éléments qu’il considère comme unique au Conservatoire est le temps passé par chaque élève en présence de son professeur et de son accompagnateur. « C’est unique en Amérique du Nord et l’incidence sur la réussite des études est énorme. » Il met aussi en lumière le Bureau de la santé et du mieux-être des artistes, un service anonyme et complet, pour le soutien physique et psychologique des étudiants et du personnel. La proximité entre personnel et étudiants est une grande force du Conservatoire : « On travaille sur place. Mon bureau est toujours ouvert et je me promène dans les couloirs pour rencontrer les étudiants. L’équipe est présente avec eux et les accompagne tout au long de leur cursus. De manière fonctionnelle et chaleureuse, nous les aidons à forger une stratégie et les encadrons dans leur cheminement. On veut tout faire pour qu’ils réussissent et notre rôle est de les délester au maximum des considérations administratives pour qu’ils puissent se concentrer sur leurs apprentissages. »
La saison artistique 2025-2026 du Conservatoire traduit bien cette philosophie. Riche et diversifiée, elle témoigne de la vitalité d’une maison qui met ses étudiants au cœur de son projet. L’Orchestre symphonique du Conservatoire se produira à quatre reprises, sous la direction de chefs invités formés à Montréal : Jean-Michel Malouf ouvrira la saison le 4 octobre avec la Symphonie n° 6 de Dvořák, tandis que Jean-Marie Zeitouni dirigera en novembre le Gloria de Poulenc aux côtés des chœurs. En février, Andrei Feher prendra la baguette pour Brahms et Schumann, puis Simon Rivard conclura en mars avec un programme autour de Roméo et Juliette, concert-bénéfice réunissant musique et théâtre. En plus de ces événements majeurs, il y a un concert particulièrement attendu à la fin de la saison, lorsque Rafael Payare dirigeant l’Orchestre symphonique des conservatoires du Québec à la Maison symphonique. Ce concert est « une chance unique pour les jeunes du réseau des conservatoires de se rencontrer et de travailler aux côtés d’un des plus grands chefs de notre temps, une personnalité dynamique et engagée auprès des jeunes ».
Les ensembles étudiants tiennent une place centrale : orchestre à cordes, ensembles de cuivres, de percussions, ensembles baroques, chœurs, combos de jazz, musique de chambre, récitals de mélodies. La création contemporaine n’est pas en reste : des séries comme Électrochoc ou Multiphoniques donnent un espace aux compositions étudiantes. Les ensembles en résidence viennent compléter ce tableau avec éclat : le Trio Hochelaga, le Quatuor Molinari et l’ensemble Paramirabo offriront chacun plusieurs concerts, permettant aux étudiants d’être en contact direct avec des musiciens professionnels de haut niveau. L’Atelier d’opéra présentera quant à lui Le jardin secret de Mozart, quatre représentations qui mettront en lumière les jeunes chanteurs du Conservatoire. Les cours de maître, les répétitions publiques et les journées portes ouvertes offrent au public une fenêtre sur le travail de formation.
Au-delà de l’organisation et de la gestion, la vision de Luc Chaput reste marquée par une conviction profonde : « Il ne faut pas se mettre de limites. Il faut d’abord rêver, c’est avec des rêves qu’on avance et qu’on chemine. Je veux qu’on garde la passion, il ne faut pas avoir peur d’essayer, de sortir des cadres. C’est grisant quand ça fonctionne. » Cette pensée guide son action et inspire les jeunes musiciens qu’il côtoie chaque jour, tout au long de leur formation. « Je leur dis qu’ils ne décrocheront peut-être pas le poste de rêve au sortir de leurs études, mais ce qui est certain c’est qu’ils vont se faire remarquer. Les nouvelles de nos anciens nous le démontrent chaque année. »
En somme, après sa première année à la tête du Conservatoire, Luc Chaput s’appuie sur un héritage fort, des structures de soutien solides et une programmation riche qui favorise autant la formation que l’audace. Le Conservatoire de musique de Montréal, sous sa direction, continue d’incarner un espace où s’articulent tradition et innovation, rigueur et ouverture, rêves et réalisations concrètes.
www.conservatoire.gouv.qc.ca/fr/conservatoires/musiquemontreal
This page is also available in / Cette page est également disponible en:
English (Anglais)