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ECM4
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Naxos4
Le compositeur ukrainien de premier plan, exilé en Allemagne depuis 2022, défie toute catégorisation. Sous le régime soviétique, Valentin Silvestrov a toujours gardé ses distances avec les styles imposés, ignorant les pressions politiques et nationales. Il a été expulsé à deux reprises de l’Union des compositeurs et a continué à composer à sa manière, puisant dans le passé pour établir un lien avec le présent malheureux. Après l’indépendance de l’Ukraine, il n’a vu aucune raison de changer.
Les morceaux pour piano interprétés par Alexei Lyubimov sur ECM datent des premières années du 21e siècle. Certains sont dédiés à des compositeurs apparentés tels qu’Arvo Pärt, Alexander Knaifel ou Leonid Hrabovsky, d’autres font référence à Glinka, Schubert et, de manière inattendue, Henry Purcell. Chacun est une méditation sur les musiciens et les époques qui ont influencé la vision de Silvestrov. Même si certains peuvent être confondus à première écoute avec des œuvres de Schumann ou d’Einaudi, la personnalité de Silvestrov est indéniable et unique, douce au point d’être soporifique, mais toujours avec une pertinence qui vous incite à écouter jusqu’à la fin.
Le Concerto pour violon, interprété par Janusz Wawrowski avec l’Orchestre national de Lituanie, date de 2016, année où le compositeur fêtait ses 80 ans. Si Alfred Schnittke n’avait jamais existé, Silvestrov l’aurait inventé dans cette œuvre intense, une partition qui passe sans avertissement ni explication de la grandiloquence orchestrale à la contemplation solo, et vice versa. Il s’agit d’une conversation inégale, suffisamment riche en contenu pour mériter d’être écoutée à plusieurs reprises. La huitième symphonie de 2012 qui l’accompagne est assombrie par le soulèvement russe en Crimée et les terribles tragédies qui ont suivi. La symphonie appartient au canon établi par Chostakovitch et Vaughan Williams en 1943; elle ne nous quittera jamais. Le chef d’orchestre est Christopher Lyndon-Gee.
Traduction : A. Venne
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